Sacrement des malades

1. Sacrement des malades et Extrême onction

Le sacrement de l'onction des malades n'est pas un sacrement réservé aux derniers moments comme le laissait entendre les expressions "extrême onction" et "derniers sacrements". La pratique ancienne réservait en effet ce sacrement aux grands malades à l’article de la mort.  


Il s'adresse aux fidèles dont la santé commence à être dangereusement atteinte par la maladie ou la vieillesse, aux malades moment où la maladie devient une épreuve difficile à supporter, à ceux qui vont subir une opération sérieuse et aux personnes âgées dont les forces déclinent beaucoup. L'onction des malades ne remplace en aucun cas les soins médicaux.


2. Le but et les effets du sacrement des malades

Le sacrement de l'Onction des malades a pour but de conférer une grâce spéciale au chrétien qui éprouve les difficultés inhérentes à l'état  de maladie grave ou à la vieillesse. Il est signe de la tendresse de Dieu pour la personne qui souffre.


Le sacrement de l'Onction des malades a comme effets  :

  • le réconfort, la paix et le courage pour supporter chrétiennement les souffrances de la maladie ou de la vieillesse,
  • le pardon des péchés si le malade n'a pas pu l'obtenir par le sacrement de la Pénitence,
  • le rétablissement de la santé, si cela convient au salut spirituel,
  • la préparation au passage à la vie éternelle.

 

Pour plus de renseignements, prenez contact à l'accueil de la paroisse.

Au Centre Chirurgical Marie Lannelongue...

Feuille paroissiale n° 22 du 12 février 2012

 

Au Centre Chirurgical Marie Lannelongue, au Plessis Robinson, à seulement quelques encablures de nos paroisses, l’équipe d’aumônerie accompagne les malades tout au long de l’année, elle propose et célèbre régulièrement le sacrement des malades. Mais nous sommes régulièrement interpellés par le fait que nombre de chrétiens, même pratiquants réguliers, méconnaissent ce sacrement, dans la forme qui est proposée depuis Vatican II. Nous avons donc choisi de vous faire partager notre réflexion et notre témoignage.


Fondements scripturaires et histoire du sacrement des malades : Au long de son ministère, Jésus a manifesté une grande attention aux malades : « Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. » Mt 4, 23. Lorsqu'il retourne près du Père, il n’abandonne pas ceux qui souffrent. Il les confie à la communauté des croyants, pour qu'elle en prenne soin et, par elle, il vient à eux dans les sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation. Á ceux qui sont atteints d'une maladie grave, il offre le sacrement du réconfort, celui de l'onction des malades »


Le sacrement des malades a beaucoup évolué au cours des siècles. Dès le début de l'Église, les chrétiens mettent en application les recommandations de l’apôtre Jacques : "Si l'un de vous est malade, qu'il appelle ceux qui exercent dans l'Église la fonction d'anciens ; ils prieront pour lui, après lui avoir fart une onction d'huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et, s'il a commis des péchés, il recevra le pardon." » Jc 5, 14-15.
 Á partir du 7ème siècle, le sacrement est reporté le plus proche possible de la mort et devient l'extrême onction que seuls les prêtres peuvent donner. La réforme de Vatican II rétablira le sens et les pratiques de l'Église ancienne, et l'imposition des mains est réintroduite : c'est ce que nous vivons aujourd'hui, dans l'Église : une onction des malades destinée à tous ceux qui sont atteints de maladie grave, à ceux qui vont subir une opération importante, aux personnes âgées dont les forces déclinent.


Le sacrement des malades n’est pas l’extrême onction ni le dernier sacrement ! Il peut être donné à tous les âges de la vie, même à un tout petit enfant, il peut être reçu par le malade plusieurs fois au cours de sa vie, soit parce qu’il souffre d’une autre maladie, soit parce qu’il souffre d’une maladie longue ou chronique. Il est célébré à la demande du malade (et pas de celle de la famille) car c’est un acte de foi. Il peut être célébré dans l’intimité de la chambre d’hôpital, à domicile ou en maison de retraite, en présence de membres de la communauté chrétienne locale (équipe d’aumônerie ou paroissiens) quand cela est possible, parfois des soignants viennent se joindre à la famille quand celle-ci souhaite être présente. Il est alors proposé au malade de recevoir aussi sacrement de la réconciliation et eucharistie. Il ne peut être donné que par un prêtre. La célébration en paroisse est recommandée, lors d’une messe dominicale, ou dans le cadre de grands rassemblements (comme à Lourdes). On propose alors aux malades de communier sous les deux espèces.
L’onction des malades ne remplace en aucun cas les soins médicaux!
Le sacrement des malades est le sacrement « de la vie pour les vivants »:C’est le sacrement du réconfort dans la souffrance, du soutien dans l’épreuve, de la paix retrouvée avec soi même et avec les autres. Il donne force au malade pour traverser la maladie, il relève ceux qui n’ont plus la force d’espérer. Il permet aussi de demander la guérison que Dieu seul peut donner (qui sera peut être autre que celle qui est attendue !). C’est le sacrement de la confiance absolue, confiance en ce Dieu d’amour qui est au cœur de nos vies, et qui est venu habiter nos souffrances de sa fidèle présence.

Nous en sommes témoins :
 La veille de son opération, Madame A. rencontre un membre de l’équipe d’aumônerie de l’hôpital. Elle lui confie ses craintes face à cette épreuve, et aussi sa foi. Elle n’a jamais douté de la présence de Jésus à ses côtés, tout au long de sa vie. Et ce soir là aussi, elle dit que « Jésus va la protéger ». Quelques jours après son intervention, l’état de santé de Madame A. est très préoccupant, les médecins sont inquiets. Sa famille fait appeler l’aumônerie, je rencontre ses enfants. « - Le prêtre ou vous-même pourrait il venir voir notre mère ? - Oui, bien sûr, mais qu’attendez-vous de nous ? - Du réconfort, et nous voudrions qu’elle soit rassurée ». Les enfants témoignent alors de la grande foi de leur mère. Tout comme elle l’avait fait elle même avant d’être opérée. «Elle a choisi de se faire opérer malgré les risques car elle veut vivre ». Nous proposons alors à Madame A. de recevoir le sacrement des malades. C’est d’accord. Le lendemain, le prêtre célèbre l’onction des malades dans sa chambre, en présence de deux membres de l’équipe d’aumônerie et de sa famille. Les jours suivants, je continue à la visiter et à venir prier avec elle. Elle va mieux, elle respire sans machine, elle suit à la lettre toutes les consignes des médecins, et fait tous les efforts qui lui sont demandés pour améliorer son état. La veille de sa sortie, même si son parcours de soins n’est pas terminé, nous nous émerveillons toutes deux de la grâce reçue dans la foi et l’espérance. Sa foi l’a sauvée. Nous rendons grâce à Dieu.
 Ce garçon d’une trentaine d’années que nous appellerons Philippe est atteint d’une grave maladie cardiaque depuis sa naissance. Il est régulièrement hospitalisé. « Cette fois, c’est très sérieux » me dit-il lorsque je lui rends visite pour la première fois, à la demande de l’infirmière. « Je sais que je peux mourir bientôt ». Il me confie son histoire. Il a peur cette fois. Peur de laisser les siens, peur de souffrir, peur d’être loin de chez lui, car il habite à 300 km de l’hôpital. Nous cheminons ensemble, il est très croyant, et même membre de l’EAP de sa paroisse. Au bout de quelques jours, je lui propose de recevoir le sacrement des malades. Il demande des précisions. Je lui explique et lit avec lui le livret que notre évêque a écrit pour aider les malades à se préparer à recevoir ce sacrement. Nous choisissons ensemble un passage d’Evangile, nous préparons des intentions de prière. Ses parents sont venus lui rendre visite, ils sont heureux de sa démarche. Philippe reçoit beaucoup de soins, ce n’est pas facile de concilier l’heure à laquelle peut venir le prêtre avec les horaires du service. Les infirmières sont formidables, elles s’adaptent. Philippe reçoit le sacrement de réconciliation, l’onction des malades et l’eucharistie. Juste après, il s’endort, apaisé, lui qui ne dormait presque plus. Philippe a pu être hospitalisé à domicile et a retrouvé sa famille. Sa mère me téléphone le lendemain : « Merci, Philippe est en paix, il a retrouvé l’espérance ».
Alors, avec tous les chrétiens engagés dans la pastorale de la santé, n’ayons pas peur ! Osons parler du sacrement des malades autour de nous, et proposons le à ceux que nous savons malades. Car nous sommes appelés à être un « peuple d’Evangile, baptisé pour annoncer les merveilles de Dieu, pour tous les vivants ». À propos des "sacrements de guérison", saint Augustin affirme : « Dieu guérit toutes tes maladies. N'aie donc pas peur : toutes tes maladies seront guéries... tu dois seulement Lui permettre de te soigner et tu ne dois pas repousser ses mains » (Exposé sur le Psaume 102). Et le Pape Benoît XVI précise : « Il s'agit d'instruments précieux de la grâce de Dieu qui aident le malade à se conformer toujours plus pleinement au mystère de la mort et de la résurrection du Christ».

 

Sophie CATUSSE, Responsable de la Pastorale de la santé au Centre Chirurgical Marie Lannelongue.

 

² Message du Saint Père à l’occasion de la Journée Mondiale des malades en 2012.