Notre curé nous parle...

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FP n°31 du 16 avril 2017 

Pâques

Un rendez-vous pascal pas comme les autres..... 

 Nous fêtons le grand mystère de la mort et de la résurrection du Christ. S’il y a un jour qui est fait pour se réjouir, c’est bien celui-ci: le jour de Pâques. S’il y a un événement à ne pas rater, c’est celui du tombeau vide du Christ découvert au petit matin de Pâques par Marie Madeleine, Pierre et Jean. 

 L'autre rendez-vous à ne pas manquer, c'est celui de l'Esplanade de la Défense remplie de chrétiens de toutes confessions confondues, le matin de Pâques. Deux mille ans séparent ces deux événements et pourtant c'est le même Ressuscité qui les provoque. C'est d'autant plus particulier et fort pour le diocèse de Nanterre de fêter Pâques au cœur des 50 ans d'existence de notre diocèse. 

 Cinquante Pâques célébrées et fêtées par les quatre évêques successifs sous les auspices de sainte Geneviève, la très courageuse patronne du diocèse. La providence a voulu que sa statue visite notre paroisse précisément avant, pendant et après les festivités pascales. Une grâce supplémentaire qui invite, avec la visite de deux évêques, Mgr Favreau et Mgr Aupetit, notre communauté à redynamiser ses troupes.

  Ce jour saint, où le Seigneur passa de la mort à la vie, marque le sommet le plus haut de l’histoire religieuse de l’humanité entière

 Dès les premiers siècles, les chrétiens l’ont célébré avec la plus grande solennité. Au nom de notre monde blessé et déchiré par les conflits, au nom de notre pays écartelé entre les sensibilités politiques électorales, au nom de notre ville de Fontenay-aux-Roses et de ses habitants, de ceux qui n’ont pas pu venir dans notre église, nous nous réunissons pour revivre le miracle des miracles.  

 C’est à partir de ce matin de Pâques que la création proclame cette vérité - La vie est plus forte que la mort, la mort n’est qu’un passage vers une toute autre réalité.  L’amour est plus fort que la haine, un jour viendra où nous retrouverons tous ceux que nous avons aimés et connus, ressuscités dans un corps semblable à celui du Ressuscité.

 Ainsi, tout change avec la découverte qu’a faite Marie Madeleine : le tombeau est ouvert, le tombeau est vide. La pierre a été enlevée, car nulle pierre ne peut enfermer le Maître de la vie. A partir du tombeau du Christ, ouvert et vide, nul tombeau ne pourra plus enfermer l’homme pour toujours. Certes, la résurrection fait appel à la foi, elle ne fournit pas de preuves scientifiques. Pourtant elle laisse des traces concrètes : tombeau vide, apparitions du Ressuscité, proclamations de la foi des apôtres au mépris de la mort, naissance de l’Église des martyrs, notre communauté paroissiale forte de sa foi et soudée dans sa solidarité. L’important n’est pas de savoir comment le Christ est ressuscité, mais quelles sont les conséquences et les fruits de sa résurrection. N’est-ce pas le changement d’attitude des disciples, hier remplis de peur et aujourd’hui vivants comme Jésus, lui rendant témoignage ?

 Quels seront les fruits de sa résurrection dans notre vie? Quels seront les signes concrets qui diront au monde, à nos familles, à nos proches et à notre pays que notre vie n’est plus la même, qu’elle a reçu un élan vital, une espérance qui ne trompe pas? Que l'Esprit du Ressuscité nous insuffle mille et une façons de témoigner de la joie pascale qui nous comble dès ce dimanche des dimanches ! 

 Alléluia !

Pascalement votre, le père Robert Lorenc, curé

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FP n°30 du 9 avril 2017 

Comment est-ce possible ?

 La Passion de Jésus Christ : tous les évangélistes la racontent. La première réflexion qui vient à l’esprit de ceux qui la méditent est la suivante : « Comment cela est-il possible ? », « Comment est-il possible que des hommes se traitent ainsi ? » Cette question se pose au présent. Certes, il n’y a plus de croix dressées dans le monde, au moins dans le monde occidental, mais il y a des croix modernes beaucoup plus sophistiquées, dont on ne voit ni la forme ni la matière.    Toutes ces croix sont synonymes d’une atroce violence que les hommes s’infligent mutuellement, indépendamment du milieu, de la religion et de la culture.  Il ne s’agit pas uniquement de la violence la plus primitive, la plus brute, - violence gratuite qui explose un peu partout. Celle-ci est toujours stupide, atroce en conséquences, mais non calculée. Il y a encore une autre violence qui agit dans notre monde et qu’on pourrait appeler : violence masquée, préméditée, calculée, déguisée. Celle-ci est l’instrument de Satan par excellence. Elle est son bouclier, son arme la plus redoutable. Personne n’est à l’abri car tout le monde peut succomber un jour ou l’autre à son charme, même les plus honorables des hommes. Jalousies, intrigues, soif de pouvoir et de richesse, désir de rendre l’autre dépendant de ses propres caprices, désir de l’instrumentaliser, de l’exploiter. Une telle violence continue à crucifier les hommes, à les clouer, à les asphyxier, à les livrer à la dérision publique. 

 Comment cela est-il possible ? Souvent, c’est une suite de complicités, de lâchetés, de compromissions, de désintérêts ou une suite d’intérêts. La violence est aussi mystérieusement liée à la nature de l’homme. En chacun de nous, il y a comme un lion somnolant, une dose de violence destructrice, prête à se libérer dans les conditions propices, si elle n’est pas maîtrisée à temps par l’éducation exemplaire, par l’entourage familial constructif ou par les préceptes d’une religion.

 Depuis vingt siècles les hommes ont sûrement fait quelques progrès dans la maîtrise de la violence primitive, mais ils n’en sont pas encore au terme. Or le vrai scandale, c’est qu’il est toujours possible de mettre des hommes en croix, que ce soit réellement ou au sens figuratif. Quelles sont les raisons d’une telle situation ?  Il est possible que nous ne croyions pas assez que chacun de nous est aussi responsable de ce que disent les autres et de ce qu’ils font, par exemple en les laissant faire. Le Christ n’a pas été crucifié seulement parce qu’il y eut un groupe de personnes achetées qui criaient trop fort « crucifie-le ! ». Il a été condamné à mort aussi car l’autre groupe n’a pas su crier assez fort qu’il était innocent. Ne pas vouloir défendre une personne ou ses propres valeurs, de peur de ne pas plaire à tout le monde, ou de peur de défier certains courants de pensée qui sont en vogue, augmente incontestablement la violence dans le monde.

 La non-violence chez le Christ n’a jamais été confondue avec un compromis ou avec une résignation. Elle est comme dit le pape François : une non-violence active. Être non violent à la manière chrétienne, c’est savoir démasquer la violence et savoir la faire reculer en éliminant ses raisons d’être et de s’accroître.  Or, une des raisons des actions violentes des hommes est leurs angoisses et leurs peurs. Le Dimanche des Rameaux, laissons nous inviter à méditer sur la confiance extraordinaire que Jésus a eu  inconditionnellement en son Père, cette confiance qu’il a aussi en l’homme. Rien n’est jamais perdu, le dernier mot n’est jamais dit, un premier dessin est toujours possible à peindre par ceux qui savent rester dans la confiance. Car  seule la confiance libère et désamorce le cœur des hommes.

Pacifiquement votre père Robert Lorenc

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FP n°29 du 2 avril 2017 

Mot d'accueil du Père Lorenc

pour le concert du Chœur Diocésain de Nanterre

Mesdames, Messieurs, chers frères et sœurs, chers amis, bonsoir,

  Nous avons la joie immense d'accueillir aujourd'hui intra muros, en notre église paroissiale St-Pierre – St-Paul, le Chœur Diocésain de Nanterre. En tant que curé de cette paroisse, je tiens d'ores et déjà à remercier les organisateurs de cet événement exceptionnel et les féliciter pour leur bon goût d'avoir choisi Fontenay-aux-Roses pour leur méditation artistique sur les Béatitudes - thème autant universel qu'éternel. Ainsi, grâce à vous, chers artistes, notre modeste église devient-elle, ce soir, un haut lieu d'évangélisation et de communion avec le Beau. 

  Cela est d'autant plus vrai que le cœur diocésain de Nanterre est formé de choristes de qualité, issus des différentes paroisses du diocèse. Ces choristes interviennent pour les événements diocésains comme la messe chrismale, les ordinations et autres moments forts de la liturgie épiscopale. Mais aujourd'hui votre prestation s'inscrit dans le cadre d'un événement sans précédent : les 50 ans de l’existence du diocèse, que tout le diocèse de Nanterre célèbre déjà depuis plusieurs mois. Ainsi, le concert de ce soir se présente-t-il comme une grande veillée spirituelle, précédant l'arrivée de la statue de sainte Geneviève dans notre paroisse demain, précédant aussi la visite de deux évêques de notre diocèse, celle de Mgr Favreau, évêque émérite, qui viendra donner une conférence, à partir de son expérience, à l’Espace paroissial le 7 avril à 20h30 et celle de l'évêque actuel Mgr Aupetit, qui a exprimé le souhait de célébrer le Vendredi Saint dans notre église. Autant de joie que d'honneur!  Nous pouvons dire en effet sans prétention aucune que le cœur de notre diocèse battra bel et bien en cette période de carême 2017 à Fontenay-aux-Roses.

  En plaçant cette soirée sous les auspices de sainte Geneviève, je vous confie aussi chers choristes à l'excellente direction d’Olivier Bardot ainsi qu'à l'ingénieux accompagnement à l’orgue assuré par Baptiste-Florian Marle-Ouvrard, titulaire des orgues de St-Vincent-de-Paul à Clichy-la-Garenne et de St-Eustache à Paris.

  Je vous souhaite enfin à tous, chers amis, d'étancher ce soir votre soif de beau et d'harmonie auprès de cette magnifique "fontaine chantante" que voici. Dans quelques instants elle fera couler à flot au "Pays-des-Roses" un subtil nectar, un miraculeux mélange de voix humaines et de musique divine. Que cette méditation « Heureux, bienheureux ! » des Béatitudes en musique vous apporte un bonheur sans fin et nous amène tous à voter sans hésitation, en cette période électorale, pour son Auteur - un certain candidat aux présidentielles… dénommé.....Jésus. Oui, votons tous pour Jésus : nous ne serons pas déçus. C'est ainsi qu'un jour nous pourrons être comptés  parmi ses élus du ciel !   Excellente soirée à tous ! 

Merci.

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(FP N° 27 du dimanche  19 mars 2017)

Le pays de tous les saints

  S'il y a un pays au monde qu'on pourrait, sans prétention aucune, honorer par ce nom, c'est bien le nôtre - la fille aînée de l'Église. Et s'il est vrai aussi que nos rois ont fait la France, combien plus cela vaut pour tous les saints de cette Terre de prédilection divine. Envoyés par milliers, tel un fleuve à mille bras traversant la longue histoire de nos ancêtres, ils vivifiaient leur soif de Dieu, élevaient leur esprit, fortifiaient leur cœur, sublimaient leur raison, adoucissaient leurs mœurs, stimulaient leur pas sur les chemins du Royaume des Cieux. Ainsi ont-ils fini par prêter leurs noms à une innombrable multitude de villes, villages, campagnes, routes, sentiers, squares, places, églises, écoles, hôpitaux ou même casernes. Et si leurs patronymes raisonnent encore dans nos oreilles chaque jour, c'est parce que beaucoup parmi les héritiers de la "laïcité absolue" ont la chance de s'appeler, aujourd’hui, comme eux jadis. Leurs exploits sociaux étaient si évidents et leurs marques imprégnées si profondément dans la chair du peuple que même la révolution française n'a pas réussi, dans sa haine meurtrière du Sacré, à les éliminer du paysage de notre pays. Qu'ils soient prêtres, religieux ou laïcs, leurs hauts faits ont toujours témoigné de l'amour inconditionnel de Dieu comme de celui de la patrie qui les a fait naître, grandir et élever à la gloire des autels.

  Avec saint Denis, sainte Clotilde, saint Rémy, saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, sainte Jeanne d'Arc, saint Vincent de Paul, sainte Louise de Marillac mais aussi avec Pascal, Chateaubriand, Bernanos et Péguy, et tant d'autres couronnés d'auréole, ou pas, sainte Geneviève représente une catégorie de saints bien originale. Ceux-ci se distinguent du "Panthéon des Élus du Ciel" par un trait spécifique de leur caractère qui réside dans ce qu'on pourrait appeler la pratique de l'actio mystica (mystique active). Ces "activistes" de Dieu ne pouvant pas rester cloîtrés chez eux uniquement les mains jointes  en prière, les ouvraient généreusement sur les affaires de la plus haute importance de leur temps. Aussi ont-ils sanctifié, par la part active qu’ils prenaient dans la vie du pays, ce qui paraissait incompatible avec la vision de la sainteté figée dans la cire des bougies des sacristies. Il s'agit bel et bien de politique, finance, sciences et même guerre défensive. Chacun selon son charisme et état témoignait d'un amour héroïque pour Dieu, la patrie et le prochain. Et même si ces héros de la "sainteté active" émergent souvent du fond des âges, ils ne sont pas pour autant moins actuels maintenant. Leur message perdure. Tous représentent et incarnent les valeurs universelles pour lesquelles les chrétiens se battent aujourd'hui et desquelles dépend l'avenir de la France et de la chrétienté. Tel fut notamment le cas de sainte Geneviève née en 421 à Nanterre. Depuis sa douce enfance se développaient déjà en elle les qualités d’un vrai leadership femme dont rêvent tous les chefs modernes mis à la tête des entreprises ou des mouvements sociaux. Docile à la Grâce de Dieu, et en fin stratège, elle a su maintes fois remplacer le courage des hommes lorsque ceux-ci désertaient leurs postes ou échouaient dans leurs manèges.

  Voilà pourquoi, à l'exemple des grandes pérégrinations des statues mariales, qui ont traversées les pays de l'Est menacés dans leur foi par l'idéologie communiste, sainte Geneviève a quitté, elle aussi, les alcôves de la cathédrale et s'est mise en route à la rencontre des franciliens dont elle est ambassadrice auprès de l'Eternel. Tous les gendarmes qui l'ont pour sainte Patronne tiennent une place particulière dans sa mission protectrice. Elle sait mieux que quiconque combien la France est à nouveau menacée et cela - dans sa propre moelle épinière. Ce danger, elle l'affrontera avec nous comme elle le fit victorieusement à l'époque de ses interventions ingénieuses contre Attila, il y a presque seize siècles. La neuvaine à sainte Geneviève qui nous sera proposée à partir du 12 avril pour la France sera un bouclier redoutable contre les assauts du mal qui ronge ses racines et coupe ses ailes.

  Que sainte Geneviève, dont nous accueillons la statue solennellement à la messe de 11h le 26 mars prochain, aide chaque paroissien à manifester avec courage son attachement à Dieu, à l'Église et à la Patrie. Accueillons-la donc non seulement dans les murs de nos églises et des établissements scolaires catholiques mais surtout dans nos cœurs et dans nos foyers. Laissons-nous émerveiller par sa sainteté active et valeureuse. Lisons en familles à nos enfants  les plus belles pages de sa vie avant de les revivre dans nos rêves les plus audacieux. Ensuite laissons la agir. Les fruits de sa visite ne se laisseront pas attendre longtemps. Comme de son vivant, cette Vierge fidèle consacrée au Seigneur libèrera son peuple de la famine spirituelle et avec sa grande cape de baptême couvrira tous nos territoires en y faisant dominer la paix et la justice de Dieu. Faisons-lui confiance ! 

Père Robert Lorenc, curé

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(FP N° 24 du dimanche  26 février 2017)

En Dieu seul le repos de notre âme.  Psaume 61

Un prophète ne meurt jamais ...

« Il y a longtemps qu’on ne vous a plus lu dans la feuille paroissiale, Monsieur le Curé. Et pourtant, votre plume nous fait du bien ! », m’ont chuchoté, une fois ou l’autre, quelques paroissiens bien intentionnés à la sortie de la messe. Touché par ce témoignage d'affection, mais aussi pincé par un petit remord jaillissant en ma conscience "professionnelle", j'ai ainsi répondu : « Certes, cependant, il est bon de la partager avec d'autres protagonistes de la paroisse pour un bon équilibre du "management" pastoral ». Cet exercice s'avère tout de même aussi délicat que complexe. En effet, la « tribune éditorialiste » constitue, pour les pasteurs de la communauté, avec la chaire de prédication, les deux principaux moyens pour accomplir leur mission de "doctores". La feuille paroissiale, à travers son édito, ses messages et annonces, et contrairement à la chaire, est accessible aux autres baptisés, afin de mettre en acte leur vocation de prophètes. Il y a aussi les moments où le curé se sent abandonné par la muse Calliope ou bien encore se voit rattraper par l'impitoyable Chronos. Il choisit alors, pour boucler sa feuille paroissiale, de puiser dans les textes de la sagesse de l'Église, en fonction du thème biblique dominical, ou encore d’enrichir cette feuille paroissiale de commentaires écrits par d’autres prêtres. Ainsi, cette intelligente complémentarité des différentes sources permet-elle au pasteur de la communauté de ponctuer l’année liturgique d’éditoriaux appropriés, pertinents et attendus.

La psychologie de la parole, dite ou écrite, veut que celle-ci soit bien dosée, en fonction de l’événement. C'est ce qui lui octroie de l'attractivité en toute circonstance, et aussi de l'efficacité. Aujourd’hui, c'est, en général, tout le contraire qui se produit, en ces temps où le "bavardage" des hommes semble avoir pris le pouvoir. Nous vivons dans un monde où la prolifération vertigineuse de la parole, à l'usage purement opportuniste, engendre la toxicité de celle-ci. Des paroles, dans notre vie, il y en a partout, de tout genre. On s'y noie, en en perd la vue, on en devient sourd ! Entre les sacro-saintes paroles "attachées très haut au ciel" par tous les serviteurs de Dieu, qui parfois paraissent trop lointaines, et les paroles des « peuples suprêmes » se fracassant aux éclats des vitrines et des slogans d'enfer, il y en a tant d'autres qui nous feraient désirer nous emmurer dans un mutisme libérateur.... Je ne les nommerai pas ici par prudence, car leur litanie serait trop longue, et je risquerais par la présente de justifier ce que je dénonce. 

Comment donc entendre, dans ce vacarme verbal, la Voix du Logos, la Parole par excellence? Comment l'accueillir au plus profond de son cœur, la rendre tel le délice de son palais, lui faire confiance et en vivre au quotidien? Rassurons-nous, même celle-là n'échappe pas aux assauts de la maladie du siècle. Les derniers "aménagements" de nos textes bibliques, dans leur nouvelle traduction liturgique, en sont une illustration. Une sérieuse cure de silence s'impose. Le temps de carême offre au monde une merveilleuse occasion à ne pas rater - celle de se taire et de faire taire dans notre vie les ragots, les calomnies, les insultes, les moqueries, les médisances, les scoops publicitaires et les myriades de tweets qui font le buzz. Et alors ? De la sobriété dans nos propos, par pitié ! Du « blanc » sur nos feuilles hebdomadaires, pour l'amour de Dieu ! Laissons-nous réconcilier avec le silence.

Ainsi donc, si vous pensez que la parole de votre curé se laisse trop désirer dans nos 2 ou 4 pages hebdomadaires, pas de panique ! Votre curé est bel et bien vivant. Car un prophète ne meurt jamais. Sa parole demeure. 

Et si c’était une petite thérapie de silence qu’il s’imposait ? Donnez-lui seulement du temps et faites-lui savoir au passage que le lire de nouveau vous ferait un grand plaisir ! 

Silencieusement votre,

 

Père Robert Lorenc, curé 

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(FP N° 16 du dimanche  25 décembre 2016)

Noël

Une crèche biblique

Depuis des siècles, l'ineffable mystère de l'Incarnation trouve sa matérialisation artistique dans des myriades de crèches réalisées par les soins de fidèles des quatre coins du globe. Par leur caractère sentimental et familial, mais aussi profondément théologique, elles sont devenues des éléments incontournables du paysage religieux de Noël. 

Peut-on en effet imaginer un Noël sans crèche? Qu'elles fassent partie de l'espace liturgique de nos églises ou de nos maisons, ou même des lieux publics, elles attendrissent toujours le cœur des hommes, venant chercher auprès d'elles un peu de l'innocence du monde perdu de leur enfance. Qu'elles soient baroques ou folkloriques, carnavalesques ou ascétiques, minuscules ou gigantesques,  toutes expriment le même mystère - celui de la Rencontre prodigieuse entre le ciel et la terre. Le moment de la remise de l'Enfant-Dieu dans le berceau - élément central de la scène perpétuée de Bethléem - constitue toujours l'action paraliturgique la plus touchante dans la célébration de Noël, et plus particulièrement encore pour des familles ayant reçu récemment le cadeau d'une nouvelle naissance.

Bien qu'au premier regard la crèche de notre église ressemble à toutes les autres, trois éléments spécifiques lui donnent la particularité d'une crèche dite "biblique".

Le premier élément, qui chatouille notre regard, c'est la flamme de Bethléem, vacillante, dans une lanterne, apportée par les scouts de France à l'exemple de la flamme olympique. Elle nous plonge dans l'intimité et la confiance exemplaire en la volonté de Dieu, qui régna au sein du foyer de la Sainte Famille. 

Le deuxième élément qui attire notre attention est la grande Bible ouverte, accueillant à bras ouverts l'Enfant Jésus, tel le berceau le plus ancien de la terre. En effet, toutes ses pages l'avaient chanté et prédisaient sa venue. N'est-ce donc pas le lit le plus adapté pour Celui qui est venu, qui vient et qui reviendra ? 

Le troisième et dernier élément singulier, c'est bien l'autel, cadre rassembleur pour tous les éléments de la scène évangélique de la Nativité. N'est-ce pas l’endroit par excellence où le Christ se rend présent pendant toutes nos Eucharisties - lieu des "éternelles naissances" du Corps du Christ ? 

A l'ensemble des éléments de notre crèche, crèche agencée ingénieusement par les "petites mains artistiques" de notre paroisse, il manquera peut-être le dernier et l'essentiel - notre cœur. Mais notre cœur, nous l'apporterons spontanément la nuit de Noël pour le déposer aux pieds du Prince de la paix...

Malgré toutes les récupérations idéologiques, sociales ou culturelles de Noël, cette fête dérangera toujours. Hélas ! Car la fête de Noël, avec sa crèche inséparable, témoignera pour toujours de l'entrée de Dieu dans le cours de l'histoire des hommes. 

Cette entrée s'est faite grâce à une femme, une Vierge, une humble fille - la nouvelle Eve. Ainsi, ceux qui prônent le monde sans Dieu ne peuvent être que les adversaires de Noël. Ceux qui voient dans une naissance davantage de danger que de chance pour l'humanité ne peuvent être que ses adversaires. Ceux pour qui le modèle traditionnel d'une famille humaine n'est qu'une relique du passé ne comprendront pas la crèche. Ceux qui voient en femme un sujet de soumission et d'exploitation esclavagiste se détourneront de la crèche. Ceux qui n'arrivent pas à quitter les "manteaux ensanglantés des guerriers" ne viendront pas vers la crèche... Toutes les tentatives de l'abolissement de Noël, entreprises régulièrement par ses adversaires, à travers l'histoire, n'ont qu'un seul but - l'éradication du temps chrétien. Cette adversité ne date pas d'aujourd'hui et ne peut en aucun cas ternir la joie et l'enthousiasme que procure cette fête unique à tous les hommes de bonne volonté. Il nous suffit de glisser notre "oui" dans le "Oui" de Marie pour pouvoir s'en émerveiller sans cesse et recouvrer l'esprit de la divine Enfance. Un très paisible Noël à tous.

Père Robert Lorenc, curé

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(FP N° 6 du dimanche  9 octobre 2016)

50 ans du diocèse !

50 ans ! Déjà ? Ou seulement....

  Les deux réactions semblent justifiées devant un chiffre si symbolique, surtout s’agissant de l'anniversaire d'un diocèse et, qui plus est, le nôtre. Tous ceux qui l'on vu naitre, évoluer et s'affermir peuvent à juste titre s'écrier : "Déjà? Comme le temps passe !" D'autre part, qu'est-ce que cinquante ans pour la vie d'une réalité ecclésiale à l'échelle de 1 500 ans d’histoire de l'Eglise de France? Celle-ci, avec ses différents diocèses, fondés au Moyen-Age, voir sur les ruines mêmes de l'Empire romain, accompagne la vie du peuple de France au cours de l'histoire, tout en faisant son histoire.

  Mais la vie d'un diocèse est comparable à celle d'un arbre, ancré par ses racines dans le sol forestier, à la recherche d'eau et d’éléments minéraux. Autant sa couronne, composée de branches verdoyantes, peut être encore relativement petite et jeune, autant de nombreuses ramifications au niveau de ses racines la concurrencent vite sous le sol. La ramure souterraine peut facilement s'étendre bien au de-là de la projection au sol de la ramure aérienne. De plus, une fois planté, l'arbre, quel que soit son âge, rejoint par ses racines le dense réseau racinaire de tous les arbres avoisinants. Ses racines s'entremêlent et fusionnent entre celles de même espèce mais aussi avec celles d'autres arbres. Ainsi, quoiqu’indépendant, l'arbre fait corps tout entier avec tous les autres arbres, par cet immense tapis constitué de racines. Celles-ci relient et protègent les arbres. 

  Il en est exactement de même avec le vaste réseau des diocèses érigés dans un pays, et donc aussi du diocèse de Nanterre. Bien que sa naissance officielle n'ait eu lieu que le 9 octobre 1966, ses racines, spirituelles, sociales et culturelles sont restées, pour une grande partie, celles de la Province ecclésiastique de la Grande Couronne parisienne. 

  Par-là, elles rejoignent le système des vases communicants qu'est l'immense réseau de tous les diocèses de France, d'Europe et même du monde entier. Le précieux contenu qui les remplit tous, en les unissant les uns aux autres, n'est rien moins que le peuple de Dieu. De même que les arbres, qui, dans le ciel, entrent en compétition pour la lumière, semblent développer davantage de liens sous la terre, de même les diocèses, tous différents par leur conditionnement historique, cherchent à s'entraider par un vaste système de solidarité, enracinés dans la nature même de leur mission évangélisatrice du monde.

  Voilà pourquoi on a du mal à imaginer un diocèse en dehors de sa territorialité. Bien que, selon certaines définitions pastorales, le diocèse soit compris comme une portion du peuple de Dieu confiée à l'évêque, il ne peut-être dépourvu de son contexte administratif, culturel, social, donc historique. Le peuple de Dieu, aussi fragmentaire qu'il soit, n'est jamais un simple regroupement de personnes sans racines, sans habitations, sans attaches familiales. Certes, le peuple de Dieu s'avère être une matière pastorale très mobile, extrêmement différenciée et en permanente ébullition culturelle et sociale. Mais ce qui peut lui donner un visage et une forme bien concrets, c'est justement sa territorialité au sens large du terme. D'où l'importance de la cathédrale d'un évêque, comme lieu de gravitation pour toutes les églises locales et les communautés du même diocèse. Un document officiel qui définit bien l'articulation entre tous les aspects de la vie d'une Eglise particulière diocésaine est l'acte fondateur même d’un diocèse daté et signé par le pape.

  Alors, qu'allons-nous fêter précisément au cours de cette nouvelle Année Jubilaire locale solennellement ouverte ce dimanche dans toutes les paroisses du diocèse de Nanterre ? Nous célébrerons joyeusement l'anniversaire d'une magnifique aventure de la foi chrétienne, déposée depuis un demi-siècle par Dieu dans les cœurs des fidèles des Hauts-de-Seine, aventure confiée à la protection de sainte Geneviève, guidée et surveillée par les quatre  évêques successifs, soignée par d’innombrables pasteurs, prêtres, diacres et religieux, embellie par la mission des laïcs et la vie consacrée des femmes, constamment remuée et galvanisée par les bouleversements de notre époque. Devant nous, toute une année de méditation pour faire mémoire des merveilles du passé de notre diocèse, affirmer solidement son présent et préparer dynamiquement le futur, un futur à la hauteur des défis du monde d'aujourd'hui. 

Nous le ferons en grande action de grâce, tout en nous laissant stimuler par le très littéraire leitmotiv de ce Jubilé :"Il était une Foi... demain !"

Que Dieu bénisse le diocèse de Nanterre et son évêque Michel !

Bon et lumineux anniversaire à nous tous! 

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale N° ' du dimanche 25 septembre 2016)

        La parabole du riche et du pauvre Lazare  Lc 16, 19-31

 Avoir ou ne pas avoir? .....

  Faisant écho à la fameuse interrogation Shakespearienne "to be or not to be", le titre de notre éditorial saisit le cœur du message biblique de ce dimanche. Celui-ci renvoie les hommes vers leurs responsabilités. Ils sont sensés les assumer en fonction de ce qu'ils sont et de ce qu'ils possèdent

  Selon saint Paul, ce devoir s'avère d'autant plus pertinent lorsqu’il s’agit de chrétiens investis d'une responsabilité spécifique depuis le jour de leur baptême. Cette responsabilité varie selon bien des critères mais elle se résume à un seul impératif : témoigner de la foi en Jésus Christ Ressuscité comme l'unique Sauveur du monde, Maître de la Vie éternelle. Bien que l'exclusivité d’une telle dignité, revendiquée par Jésus lui-même, ne soit pas conforme à la "bien-pensance" actuelle, c'est bien par rapport à cette exigence du Christ que doivent se situer les disciples du Fils du Dieu Vivant. Ainsi, à l'exemple d'Amos et de saint Paul, les envoyés du Seigneur doivent remuer les nantis et motiver les indigents. Dans tout ce qu'ils entreprennent, ils doivent rechercher la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Rien d'étonnant qu'une telle mission relève d'un combat. 

  Peut-on avoir un enseignement plus adapté pour notre dimanche d'envoi en mission des membres de la nouvelle EAP et des responsables des mouvements pastoraux de notre communauté ? Faut-il encore adapter ce message et le libérer de tout le poids idéologique accumulé à travers les siècles.

  Contrairement aux acquis reçus relatifs à l'antagonisme apparent entre "être et avoir" ou entre la "méchanceté" incessante du riche et "l'innocence" automatique du pauvre, cette distinction ne tient plus debout. Le Christ lui-même ne fait aucun jugement moral sur le riche ni sur le pauvre, contrairement à certains sociologues de religion qui voient le mal là où il n'est pas. Par chance, que nous possédions ou que nous ne possédions pas ne décide pas de façon arbitraire de ce que nous sommes. Ce n'est donc pas la richesse ni la pauvreté qui rendrait l'homme bon ou mauvais, car, selon l'Évangile, l'une comme l'autre sont reçues d'en-haut comme un défi. Le seul critère de jugement moral que nous pouvons avoir à l'égard de l'homme, en fonction de ce genre d’impositions, c'est la manière dont il les gère. Les deux situations ne peuvent être déconnectées de la perspective de l'Éternité. Et dans les deux cas, il y a autant d'occasions de faire le bien que le mal. Malgré un mépris suspect que certains croyants témoignent envers les riches, Dieu ne veut juger personne en fonction de ce qu'il possède car son regard va infiniment plus loin que les vues humaines, souvent mesquines, jalouses et utilitaires. En revanche, ce qui creuse les abîmes infranchissables entres les hommes et les pays, c'est, d’une part, une aveuglante insouciance relative à l'opulence, et, d’autre part, une stagnante amertume relative à la misère. Les deux peuvent éloigner l’homme de Dieu, le rendre méchant et devenir cause de désastres. Certes, Dieu sera toujours plus proche d'un pauvre au cœur sincère car, à l'instar d'un riche, sa protection sera toujours la seule richesse d'un démuni mettant sa confiance en Lui. Et quelle richesse au monde peut se comparer à la bienfaisance de Dieu ? Cependant, Il ne méprisera pas non plus le cœur généreux d'un riche, car Dieu est juste. 

  Alors "avoir ou ne pas avoir", dans la dynamique religieuse, est un faux débat. Ce qui est important, c'est de garder les commandements de Dieu, nous tenir sans tâches et irréprochables ; qui que nous soyons et quoi que nous possédions. Ce sont les principaux « avoirs » nécessaires pour accéder à l’Éternité

Bonne et enthousiasmante reprise à tous,

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N° 3 du dimanche 18 septembre 2016)

Un choix radical : Dieu ou l’argent

Le monde est un vaste chantier ....

  A mener avec sagesse et précaution bien sûr... Peut-être, toutes proportions  gardées, à l'exemple des travaux que mène la Mairie depuis plusieurs mois au cœur de notre quartier, tout près de l'église, des écoles, des commerces avoisinants et des habitants de ce quartier, en vue de la transformation et de l’embellissement de la place.

  On la souhaite « moderne, fonctionnelle, esthétique et sécurisée aussi ».  Au fil des jours nous pouvons admirer la compétence et la persévérance exemplaires des ouvriers et de leur chef, engagés au service de cette entreprise. Nous pouvons également nourrir notre curiosité au fur et à mesure que le projet prend forme et couleurs. Les petits sacrifices que nous sommes ainsi amenés à faire en prenant un peu sur nous, à cause des nuisances passagères, nous paraissent finalement acceptables. La fin proche des travaux et la vision globale qui s'en dégage ne peut que renforcer notre émerveillement.

  Il en est ainsi avec la construction de toutes sortes d'ouvrages, qui dépassent nos propres intérêts personnels et dont l'ampleur sert le bien commun. Il en est ainsi avec la construction d'un monde meilleur qui exige de nous de l'abnégation et de la solidarité. Bien qu'au centre de notre civilisation humaniste se trouva l'homme et son confort, l'homme ne peut en aucun cas être en soi le but ultime et source unique de tous nos enchantements. Car la seule condition du véritable bonheur de l'homme et de sa liberté, c'est la Transcendance divine. Elle veille sur le bon équilibre entre ce qui est de l'ordre divin et ce qui est humain. Elle stimule le progrès technologique et se porte garante du respect des lois de la nature. La réalité humaine dépourvue de Transcendance divine devient rapidement un vivier de tous les excès tels despotisme, fanatisme, esclavagisme etc. C'est bien cette Transcendance qui permet au prophète Amos de fustiger l'injustice sociale de son temps sans devenir pour autant un révolutionnaire sanguinaire. C'est cette Transcendance qui autorise saint Paul à imposer aux chrétiens de prier pour les chefs d'Etat et pour les responsables de la vie publique sans s'identifier pour autant à leurs couleurs politiques et manœuvres idéologiques. C'est la Transcendance divine qui donne le recul nécessaire pour voir même dans l'argent trompeur un moyen de servir les causes justes, sans devenir pour autant complice d'une fraude ou d'une malversation.

  Nous devons construire ce monde avec amour et justice certes, mais avec un amour avisé et une justice inventive. Nous devons nous y mettre avec les moyens que ce monde nous donne : argent, relations, vision de l'avenir, autorités mises en place, connaissance de l'histoire et des lois de la nature, temps et personnes. Ce sont les composantes classiques de la réalité quotidienne que nous devons gérer en tant que chrétiens et en chrétiens.

  Ainsi avons-nous le monde à bâtir, un monde meilleur ! Mais où trouverons nous les énergies nécessaires pour tenir bon, pour ne pas douter de l'homme ni de Dieu? Peut-être dans l’honnêteté de nos prières comme nous le suggère saint Paul. Rien que ça ! Alors levons les mains vers le ciel et d'une voix unanime chantons: "Louez le nom du Seigneur, béni soit son nom: de la poussière il relève le faible."

Fraternellement in Christo,

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale N° 1 du dimanche 4 septembre 2016)

Renoncer à tout pour suivre le Christ 

Il est encore temps....

   "Nous avons tenu bon !", vous ai-je écrit juste avant les vacances. Comment pouvais-je alors savoir ce qui allait bientôt arriver ? Et pourtant, nous pouvions nous y attendre. Le carnage commis par "le camion fou", comme le définissaient certains "esthètes" linguistiques sur la promenade des Anglais à Nice, a atrocement complété le scénario d'horreurs commises par les djihadistes au cours de l'année. Ce fut une attaque visant le cœur de la République car perpétrée avec préméditation le jour de sa fête nationale le 14 juillet. Une autre attaque, plus symbolique encore, devait survenir. Elle n'a pas tardé à s'abattre sur le pays. Celle-ci, en revanche, a touché l'âme même de la France. Horreur des horreurs, sacrilège par excellence que cet assassinat barbare d'un prêtre célébrant l'Eucharistie dans son église. C'en était trop. Les vacances et le relâchement estival n'ont pas réussi à atténuer l'impact médiatique d’un tel crime, et cela dans le monde entier. Et que dire de toutes les autres atrocités attribuées par la pensée "positive" aux soit disant "mentalement dérangés", aux "loups solitaires", aux "jeunes sans repères" ou aux "visiteurs choqués par les mœurs" du pays?... Si, depuis longtemps, l'opinion publique de tous bords consacrait plus d'énergie à la dénonciation persuasive de ces crimes odieux au lieu de chercher à "comprendre" leurs auteurs infâmes, nous ne serions peut-être pas arrivés jusqu'à un tel paroxysme de violence. Cependant, l'histoire de l'humanité nous apprend que toutes les civilisations marchant vers leur déclin se caractérisaient par un laxisme autodestructeur semblable.

   C'est face à ces signes révélateurs qu'est revenu à mon esprit un avertissement sévère qui m'avait été confié il y a quelques années par un évêque oriental à l'allure d'un prophète : "Ce que nous, les chrétiens d'Orient vivons aujourd'hui, vous, les chrétiens d'Europe, le vivrez demain, si vous ne vous réveillez pas..." Si ce jour pointe à l'horizon, c'est que nous somnolons encore quoique la récente libération de la parole témoigne d'un certain réveil de la conscience du peuple de France. Fallait-il être vraiment un prophète pour prédire un tel avenir? Une analyse lucide des faits et des mécanismes les produisant suffisait largement pour arriver aux mêmes conclusions. Comment donc faire taire les sons mielleux de toutes sortes de berceuses médiatiques nous assoupissant dans cette course à la vérité? Comment se dispenser des slogans-somnifères servis régulièrement à tous les repas afin de troubler notre vision?

   L'évangile de ce dimanche nous le dit en des termes aussi catégoriques que l'avertissement de l'évêque oriental. Tout quitter, tout rejeter pour être disciple de Jésus, porter sa croix derrière lui... Tout ? Ou juste l'essentiel, ce qui nous empêche de le suivre vraiment? Cela suffirait largement. Préférer le Christ et le suivre, c'est se situer autrement dans les relations au monde et aux hommes. Pour le faire, commençons peut-être par quitter une certaine vision de ce monde angélique dans lequel les grands ténors du conformisme spirituel et social nous ont installés durant des décennies, en nous privant du sens de la réalité. Rejetons le syncrétisme religieux qu'on nous impose et qui relativise la mission du Christ dans le monde. Refusons le mal qui s'invite dans les rangs des baptisés par une ouverture insouciante et irréfléchie sur tous ceux qui "piétinent nos perles"! Le travail des "petits pas", à l'exemple de saint Paul qui baptise un païen, esclave, en défiant ainsi le système barbare de jadis, peut nous servir d'exemple dans la restauration de notre identité chrétienne et culturelle. Certes, pour beaucoup de choses il est déjà trop tard. Mais pour faire ces petits pas, il est encore temps. Faisons les donc ensemble, solidaires et fiers de nos traditions, non pas dans une nouvelle "marche blanche" stérile et impuissante mais dans une marche de tous les jours, une marche de Lumière des héritiers de Dieu et de cette Terre fertilisée par la prière des saints et par le sang des martyrs. Il est encore temps... mais est-ce pour longtemps?...

Bonne et courageuse reprise à tous!

Solidairement votre, père Robert Lorenc, curé

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La vie de l’Eglise

Mot d’introduction prononcé pendant la messe célébrée le 31 juillet 2016 à St-Pierre – St-Paul de Fontenay-aux-Roses en l’honneur du prêtre martyr Jacques Hamel

   Nous savons tous ce que signifie pour les catholiques la couleur rouge des ornements liturgiques que je porte exceptionnellement aux messes de ce dimanche. Elle évoque pour nous dans un premier temps le martyre du père Jacques Hamel, sauvagement égorgé pendant la célébration de l'Eucharistie par les ennemis de Dieu et de l'humanité il y a quelques jours à peine. Mais cette couleur nous rappelle également le martyre permanent que subissent les chrétiens dans les pays d'Orient et d’ailleurs. Peut-on les oublier aujourd'hui? Sûrement pas. Que cette couleur évoque donc le martyre des moines de Tibhirine assassinés de la même manière que le père Jacques, le martyre de l'archevêque d'Alger, le martyre insupportable de 11 chrétiens brulés vifs, dont deux enfants en 2009 au Pakistan et j'en passe... Tout cela, il n’y a pas si longtemps. Ne nous les avons pas trop vite oubliés ? Peut-être, car cela s’est passé hors de nos frontières. Mais aujourd'hui la même horreur recommence dans notre patrie. Aveuglés par notre idéalisme et le conformisme social, nous ne l'avons pas vu s'installer intra muros dans "Notre Maison commune" qu'est la France et qu’est l'Europe.

   Voilà pourquoi aujourd'hui, pendant cette messe dominicale, première après le meurtre infâme du père Jacques fièrement revendiqué par Daesch, nous voulons, avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur croyance ou leur non-croyance, crier haut et fort : Stop! Plus jamais cela! Plus jamais cela sur cette terre de France mais aussi plus jamais cela sur aucune autre terre sous le ciel du Créateur !

   Nous prierons ensemble pour que le sang innocent versé par ce prêtre martyr purifie d'abord la conscience malade de tous ceux qui, au nom d'un Dieu, exercent leur folie meurtrière en insultant ainsi le Nom divin et le genre humain.  

   Nous prierons ensemble pour que l'Eglise se libère de toutes ses peurs et surmonte sa juste colère.

   Nous prierons enfin pour que le martyre de ce vieux prêtre redonne toute sa jeunesse à l'Eglise de France et la guérisse de son angélisme exaspérant. Honorés par la présence des hôtes occasionnels qui se sont rendus présents aujourd'hui dans notre église et dans toutes les églises de France, et surtout par la présence de Monsieur le Maire de Fontenay-aux-Roses qui manifeste ainsi sa solidarité avec les catholiques de sa commune, nous nous tournons vers Dieu en espérant que le sang du père Jacques fertilisera la terre de notre pays comme ce fut le cas au temps de Tertulien.

   Enfin, pour que nous soyons dignes de célébrer cette Eucharistie exceptionnelle, purifions nous d'abord de toutes les émotions nocives qui pourraient surgir dans notre cœur suite à ces récents événements

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°40 du dimanche 26 juin 2016)

Jésus, Parole de liberté Lc 9, 51-62

Tenez bon !

Ainsi Saint Paul exhortait-il ses contemporains en ce qui concernait le cadeau fabuleux mais non sans risque offert par Dieu aux hommes : la liberté. Ce présent s’avère aussi fragile entre les mains des croyants qu’entre les mains de ceux qui n’ont pas de références religieuses. En fait, notre liberté est une arme redoutable, à double tranchant. Pour ne pas en périr, ou en faire périr les autres, il nous faut la manier avec précaution et cela dès le plus jeune âge.

La notion de liberté est instinctivement liée au phénomène de notre violence, cette énergie désordonnée que nous avons du mal à contenir en fonction des circonstances, et par laquelle les plus grands pacifiste du monde peuvent se «laisser prendre»...

Personne n’est à l’abri. Pas même les apôtres de l’évangile de ce dimanche … Son intensité et sa forme se forgent au niveau de l’articulation permanente à trouver entre les intérêts de l’individu et ceux du groupe, auquel la personne appartient ou non. La moindre insouciance dans la gestion de ce délicat équilibre ne pardonne pas. Elle provoque des catastrophes humanitaires dont nous avons eu, hélas, trop d’aperçus en cette année néfaste.

Ainsi, nous avons tenu bon !

Cette période, lourde d’événements perturbateurs, se présente comme baromètre de notre maturité chrétienne, comme test de notre fidélité aux idéaux évangéliques et comme stimulateur de notre résistance au mal. Face à ce déchainement de violence, que ce soit perpétré par des individus en «solo» ou en «meute», nous devons «revoir notre copie» quant à la magnificence de l’être humain couronnant l’œuvre de la création… Nous pouvons, à juste titre, nous interroger sur les êtres imprévisibles que nous sommes. N’avons-nous pas trop idéalisé l’homme ? Ne l’avons-nous pas trop divinisé, jusqu’à être scandalisé quant à ses manifestations bestiales ?

Heureusement, il y a des périodes d’accalmie et de détente, et ces moments ont pour but de désamorcer toutes sortes de «bombes à retardement», dormant quelque part au plus profond de nous. Oui, je pense plus particulièrement à la période des vacances, les vacances chéries !  Elles ne nous dispensent pas, bien sûr, d’un certain travail intellectuel, accompagnant notre temps de repos, et nous aidant à la rencontre, au cours de nos destinations estivales. Le message biblique, réservé à notre communauté le jour de sa fête, fournit quelques idées de sujets pertinents à traiter avec audace où que nous nous trouvions.

Comment manifester le courage civique et la force de ses convictions religieuses devant la violence du monde, tout en imitant la docilité et l’humilité du Christ ?

Comment assumer l’esprit d’ouverture chrétien, sans se pervertir, avec la tolérance très en vogue selon laquelle il n’y a plus ni bien, ni mal ?

Comment défendre la différence de l’autre sans compromettre pour autant sa propre indépendance, sociale, culturelle et spirituelle ?

Voici quelques questions essentielles pour la pérennité de notre identité chrétienne mise à l’épreuve en ces temps-ci.

En attendant des jours meilleurs, laissons-nous aider par saint Paul dans l’assimilation de notre liberté. Son intuition est si percutante qu’elle devrait constamment occuper une place primordiale dans notre esprit et dans nos bagages aussi, lors de tous nos déplacements. «Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres».

Bonnes et dé stressantes vacances à tous !

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°34 du dimanche 15 mai 2016)

Pentecôte

 L'Esprit Saint et nous.... Du déjà vu ?

Oui, et pourtant....

  Le titre pourrait prêter à confusion. En effet, pourquoi demander quelque chose qui existe déjà ? Pourquoi commémorer un événement, fut-il le plus marquant de l'histoire de notre foi, s'il se déroule de façon permanente sous nos yeux et dans nos cœurs? Pourquoi s'attacher symboliquement à une date précise de l'année liturgique pour célébrer telle ou telle fête si, en fait, elle se célèbre tous les jours sans interruption? Tout simplement parce que nous sommes des hommes qui, de par leur conditionnement intellectuel, affectif et physique, ont constamment besoin d'une sorte de «dialectique existentielle». Celle-ci doit les assurer tout simplement qu'ils sont bien vivants.

  En effet, la Pentecôte nécessite bien l’intervention de l’esprit et de l’intelligence.

  Une fois la profusion de l'Esprit de Dieu répandue sur toutes les nations, races et cultures, il y a 2000 ans le jour de la Pentecôte, l’Esprit de Dieu n'a jamais cessé de descendre sur notre planète, telle une pluie incessante de pétales de cerisiers aux nombreuses couleurs. Il nous suffit juste de ranger nos parapluies «de scepticisme et d'orgueil» pour recevoir encore, là où nous sommes et autant que nous voulons, l’Esprit de Dieu. 

  Cependant, nous l'invoquons à chaque Pentecôte comme si rien ne s'était passé. D'une part, s’il est entendu que chacun des baptisés, devenu hôte du «noble volatile» dans le sacrement de baptême, ne s'en sépare jamais, il semble, d’autre part, que nous nous comportions comme si le Consolateur partait en vacances tous les matins et avait besoin d'une nouvelle installation via nos chants et veillées, réclamant son retour immédiat. Une fois nos fronts touchés par le «sacro-saint» baiser de la troisième personne de la Sainte Trinité, nous restons à jamais propriété de sa divine puissance. A quoi bon s'alourdir de toutes sortes d'amulettes dans le but «d’attraper» la céleste colombe par les ailes pour la garder prisonnière de nos cages dorées aux innombrables pierres précieuses. Une fois notre oui exprimé, elle s'en souvient pour l'éternité et reste fidèle, reposant au creux de nos âmes. Inutile de la secouer par des cérémonies somptueuses, il suffit juste de lui chuchoter à l'oreille toute notre tendresse et notre amour.  Il est vrai cependant que nous éprouvons le besoin d'en faire du bruit ! Les lois de la gravitation terrestres nous rappellent à chaque moment que nous sommes indéniablement tributaires de la matière. Ainsi nous imposent-elles les moyens les plus ingénieux pour retenir la divine Énergie dans nos réceptacles charnels. 

  D'où cet éternel jeu de «cache-cache» dans lequel l'homme s'égare afin qu'il soit trouvé à nouveau par son Dieu : Soit il traverse la maladie pour goûter à la joie de la guérison, soit il se vend pour apprécier le prix de son rachat, soit il s'enferme dans toutes sortes de servitudes pour être libéré, soit il se meurt pour se dresser debout et comprendre combien il est aimé de son Créateur. 

  Pour cela, nous devons nous souvenir encore et encore.... car la mémoire des hommes s'estompe, l'intensité de leurs sentiments baisse, l'enthousiasme de leur engagement s'affaiblit et le goût de Dieu s’affadit, hélas. 

  Alors, une fois encore, chantons et prions le jour de Pentecôte où tout s'est déjà accompli ce jour-là : envois ton Esprit, Seigneur, qu'Il renouvelle la face de la terre, notre maison commune.

Ardemment votre, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°29 du dimanche 3 avril 2016)

Le sourire du Ressuscité

  Le Christ a-t-il ri dans sa vie terrestre ? Possible... 

  Ce qui est sûr, c’est qu'il devait sourire au moins de temps à autre. C'est d'autant plus vrai qu’on sait qu'il se désolidarisait officiellement de ceux qui, de par leur sérieux inhumain ressemblaient plutôt à des "tombeaux vivants". Alors, puisqu’il était pleinement homme, le sourire - cette faculté bienfaisante de l'organisme humain - ne pouvait nullement lui faire défaut. Certes, on constate que le rire n'était pas bienvenu dans les documents antiques officiels de l’époque, qu'ils soient écrits ou peints. C'est encore le cas aujourd'hui. On comprend aussi pourquoi. Un certain rire peut facilement tourner au sarcasme, au cynisme ou à la dérision. Le rire peut être manipulé et manipulateur, il peut même devenir une arme, un moyen de pression ou de violence. Un certain rire peut être aussi l'expression de sentiments plus suspects en l'homme, tels la vengeance ou la satisfaction malsaine.

  Ainsi, rien d'étonnant à ce que les quatre évangiles officiels, retenus par l'Eglise comme étant les plus véridiques et les plus "sérieux", n'en fassent aucunement mention. Cependant, le rire n'est pas la même chose qu'un simple sourire. Le sourire sincère est la plus délicate, la plus noble et la plus innocente des formes du rire de l'homme. Elle est aussi la plus bienfaisante, celle qui ne met personne mal à l'aise. Un tel sourire est une manifestation bienheureuse du bonheur de l'homme libre. L'homme emprisonné dans la peur est incapable de sourire. Il peut tout au plus laisser paraître une grimace ou être en proie à un rire maladif.

 Des situations de sérénité, de convivialité et même de joie indicible ne manquaient certainement pas dans les relations entre les douze et le Christ et cela permettait surement qu'un sourire intense et bienfaisant apparaisse sur leurs visages, en de maintes occasions, et cela malgré le poids de la souffrance, leur lot commun. La présence d'un être aimant, rassurant et vrai éveille toujours sur les lèvres de l'autre un vrai sourire libérateur. 

  Tel devait être le cas de tous les récits des apparitions de Jésus, venant après sa résurrection à la rencontre des disciples, apeurés encore et réduits au silence.     Pour détendre l'atmosphère, ces derniers ne pouvaient alors qu’être accueillis par un immense sourire du Ressuscité. Il leur apportait l'assurance, la paix et la joie. Il les mettait dans la  confiance. Il chassait de leur cœur l'angoisse et le doute. Au contact de leur Bien-aimé, crucifié, mort et revenu à la vie, leurs visages devenaient spontanément rayonnants de la gloire divine.

  En effet, s'il y a bien un moment dans la vie du Christ où l'on devine sur son visage, de façon  palpable, le sourire triomphant de la mort, c'est bien le temps pascal, temps  qui suit la Résurrection. Étonnement, surprise, ou encore suspicion accompagnant les disciples face au Ressuscité, cèdent vite la place à un émerveillement, un enthousiasme et un courage chassant le moindre doute de leur cœur.

  Même si les signes majeurs, permettant aux apôtres de reconnaître dans le Visiteur le Christ vivant, restent toujours le pain rompu, les plaies, les Ecritures expliquées, le sourire de la résurrection y trouve aussi sa place. Il se peut même que le sourire de Jésus  soit le premier facteur du contact établi. On a du mal à imaginer un fantôme gratifier ses hôtes d'un sourire humain ! Voilà pourquoi, lorsque celui-ci est sur le visage du Ressuscité, il devient la preuve tangible de sa résurrection réelle selon la chair. Un tel sourire ne serait-il pas aussi le cadeau le plus précieux émanant du Visage du Christ miséricordieux? Seuls les cœurs brûlants d'amour véritable sont capables de le détecter. Puisse chacun d'entre nous apprendre à refléter le puissant sourire du Ressuscité dans un monde de tristesses et de larmes. Que ce sourire, tels les rayons du Soleil, lève les ténèbres de la haine et de la mort qui envahissent encore et encore nos frères les hommes.

  Bon dimanche de la Miséricorde en l'Année de la Miséricorde !

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°28 du dimanche 27 mars 2016)

Pâques -  Le Christ est ressuscité !

 Le Christ est vivant ! Vraiment ! 

Je l'ai croisé dans... le parc de Sceaux…        

  …Comme tous ceux qui, liés par une divine quête du beau, décomptent impatiemment les saisons et les jours avant de se retrouver à nouveau sous les accueillantes branches des cerisiers du Japon. Car voici venir les jours où la nature elle-même présentera un spectacle d'une résurrection fulgurante face auquel personne ne pourra rester indifférent. Tous nous pourrons nous rendre librement vers ce havre de paix - l'emblème d'un pays lointain qu'on nomme depuis des siècles - Empire du soleil levant. 

  La-bas, à l'ombre des silhouettes familières s'opère chaque année une fine alchimie entre la restauration du corps de l'homme, terni par les aléas de l'existence, et la libération de son esprit, abasourdi de mensonges. Nous aussi, nous pouvons y prendre notre place et gouter aux délices d'un tel bain de jouvence. Une cure gratuite de l'éternelle jeunesse est à notre portée. Cette expérience est d'autant plus intense qu'elle ne dure qu'une dizaine de jours, comme toutes les choses dont la beauté est, hélas, trop éblouissante pour qu'elle s'éternise dans ce monde. Et lorsque prend fin le temps de ce divin émerveillement, c'est l'apothéose. Le paysage vibrant, dans un premier temps, telle la toile d’un maître impressionniste, se transforme soudainement en avalanche de flocons roses, flocons de neige tombant au moindre souffle du vent ou aidé par une main impatiente. Ne soyons donc pas en retard. Scrutons attentivement, telles des sentinelles, la floraison de ces arbres célestes. Pour les chrétiens elle coïncide, à une semaine près, avec la célébration de Pâques - la fête par excellence de la victoire de la Vie sur la mort.

  Et puisque saint Paul nous exhorte en ce temps à chercher les réalités d'en haut, pourquoi ne pas commencer déjà par en savourer un avant-goût, en nous rendant dans ce paradis des mille et un enchantements. Il suffit juste de faire un petit détour et de pénétrer solennellement dans l'un des plus beaux espaces verts d’île de France, le parc de Sceaux. Ensuite, laissez-vous guider spontanément. Vous serez aidés par la marche religieuse des japonais rencontrés sur votre chemin. Il ne tarderont pas à se manifester. Ils convergent tous, comme hypnotisés, vers le même endroit... le sanctuaire rose grand ouvert sur le ciel. Leurs pas vous mèneront à la rencontre de ce lieu privilégié de pèlerinage. En effet, c'est ainsi que je l'ai découvert à mon tour, un jour, dans la douce brume d'un après-midi printanier. Je ne fus nullement déçu par cette rencontre inoubliable. Depuis, ce lieu n'a jamais cessé de m'habiter. Faites de même. Rejoignez les rangs de la communauté des amis des cerisiers du Japon. Ne donnez pas raison aux instincts sinistres de la haine, de la destruction et de la laideur qui semblent gagner les esprits de certains en ces temps de trouble. 

  Offrez-vous un antidote puissant - la dégustation du beau éternel. 

  Allez parler aux arbres. Adoptez-en un ! Ils vous communiqueront leur force. S'ils sont si stables, c'est qu'ils ont des racines profondes et les revendiquent. S'ils sont si superbes, c'est qu'ils se tiennent fièrement debout et préservent leur charme propre, ce qui les rend uniques au monde. 

  En cette saison de renaissance, où tous les éléments du monde s'ouvrent à la vie, croyez-moi, ils sauront vous murmurer, à travers des myriades de fleurs enchanteresses, ce que vous savez déjà au plus profond de vos cœurs : "le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Nous en sommes la preuve." 

Resplendissante résurrection à tous! 

Pascalement votre, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°23 du 14 février 2016)

Comme des phénix des temps nouveaux…

Mercredi dernier, nous sommes entrés dans un nouveau temps de grâce que le carême réserve aux enfants de lumière

Pour certains d'entre nous, cette date coïncidait avec l'anniversaire de leur naissance. "Pas de chance !" compatissaient leurs amis. Au contraire! Quelle chance! Car celui qui dit naissance, pense renaissance. Et peut-on trouver mieux comme occasion pour entamer une nouvelle vie qu'un mercredi des cendres ? Tous les éléments symboliques rassemblés en ce jour particulier contribuent à la «mort » de notre ancienne vie et à la naissance d'une vie nouvelle. Les cendres, le jeûne, la prière, le partage ne sont que quelques pistes pour élever notre existence à un niveau supérieur et lui donner ainsi le goût de l'Éternité. A chacun d'entre nous de trouver, selon sa propre sensibilité, d'autres moyens efficaces pour anoblir son âme et purifier son corps. Nous avons pour cela quarante journées et nuits bénies. Chaque carême est, en fait, un rappel salutaire de nos trois dignités baptismales souvent empoussiérées par les aléas de la vie : je veux parler des dimensions sacerdotale, prophétique et royale données par notre baptême. Finalement, ce temps de défis nous donne les moyens de les vivre pleinement. Chaque carême devient aussi un nouveau départ, faisant mourir en nous ce qui défigure notre ressemblance à Dieu et laissant renaître notre filiation divine. Combien de ces chances avons-nous déjà eu dans notre vie? Combien en aurons-nous encore? Peu importe. Ne calculons pas. C'est aujourd'hui le moment favorable. C'est aujourd'hui le temps du salut !

Comme le dit si bien Grégoire de Nysse, notre vie sur terre " ne s'arrête jamais, allant de commencement en commencement, par des commencements qui n'auront jamais de fin". Notre vie ne ressemblerait-elle donc pas plutôt à celle d'un célèbre oiseau mythique, le phénix, s'exposant le moment venu au soir de sa vie au soleil, le transformant en cendres, pour s'en relever en un nouveau corps trois jours plus tard ? La timide intuition d'une lointaine résurrection, que l'espoir collectif des humains a fait entendre dans cet ancien mythe égyptien, était si claire que celui-ci a été repris par différentes philosophies, religions et arts. L'accomplissement parfait de tous les désirs de ne jamais mourir s'est réalisé définitivement pour l'homme dans le mystère chrétien de la mort et de la résurrection du Christ. Mis à part qu'autant que le Christ, une fois mort et ressuscité, ne meurt plus, nous, les pèlerins des temps incertains, continuons toujours notre évolution spirituelle, défiant les lois de la force d'attraction du limon de la terre. Car même si une des deux formules accompagnant le rite de l'imposition des cendres, « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » nous rappelle notre inéluctable enterrement, l'autre formule: « Convertis-toi et crois à la Bonne Nouvelle », évoque notre futur et indélébile "enciellement". Toute la dynamique du carême, comme celle de notre vie entière, est finalement bipolarisée par ces deux perspectives existentielles de l'homme. Pour que nos choix relatifs à la terre ne nous détournent pas de notre glorieuse destinée céleste, prenons à notre compte, en tant que chrétiens, toujours à propos du phénix, la fameuse pensée attribuée par Cocteau à la vocation de tous les poètes :

« Sur nous autres le temps n'a pas de prise

Qui ne soignons que l'invisible beauté de l'âme

Car cette braise entretient le feu de l'oiseau Phénix ».

Bon et brûlant temps de carême à nous tous !

Ardemment votre père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°20 du 24 janvier 2016)

«Car ils pleuraient tous en entendant  les paroles...»

  Quelles sont ces valeurs vitales qui permettent aux peuples ou aux groupes ethniques de sauvegarder leur identité et leur âme menacés dans des persécutions, invasions, déportations ou oppressions idéologiques internes subies au fil des temps? Il y en a deux : la parole de l'homme et la Parole de Dieu. 

La première renvoie l'homme vers la terre, vers son terroir, vers la terre des ancêtres, son milieu familial, son héritage culturel, son histoire. C'est la patrie. Qui dit alors parole d'homme pense langue, langage, dialecte. Qui d'entre nous aurait pu oublier les berceuses mélodieuses chuchotées par nos mères, grands-mères, « nounous », dont les paroles se posaient délicatement sur nos oreillers, telles des plumes très légères ? Les berceuses cédaient vite la place aux vers de la jeunesse, vers pleins de fougue et ceux-ci étaient souvent accompagnés de chants patriotiques exaltant la beauté de nos maisons... Quel que soit le nombre de langues étrangères que l'homme apprend au cours de sa vie, celle dans laquelle il rêvera la nuit sera toujours la langue qu'il a assimilée au sein de sa mère.

  La seconde Parole nous relie à la réalité du ciel, à la volonté de Dieu et ses commandements, à notre vie religieuse. On la porte sur notre front, sur nos lèvres, sur notre poitrine. C'est la foi. Ce sont toutes ces églises dont les clochers, telles des flèches de cristal, chatouillent malicieusement les pieds des anges se promenant au firmament du ciel. Ce sont les couleurs chatoyantes des autels polychromes du baroque savoyard, corse, basque ou normand, ou des pierres majestueuses de nos cathédrales et abbayes veillant, telles des citadelles célestes, sur le destin de leurs fidèles. Ce sont nos chants de Noël dont on se souvient toujours, même quand on a oublié le chemin de l'église.... Enfin, ce sont nos traditions chrétiennes les plus spectaculaires qui, tel un voile blanc, couvrent et protègent le Corps Mystique du Christ de nos pays.

  Ces deux sortes de paroles sont organiquement et inexorablement liées l'une à l'autre. La parole de Dieu ne s'exprime d'ailleurs qu'à travers la parole humaine. De même que le Logos, la Parole éternelle du Père prend chair de la Vierge Marie, de même la Parole divine s'incruste dans la parole humaine, fait corps avec elle. Aussi imparfaite et fragile qu'elle puisse être, la parole humaine devient un réceptacle inévitable pour la Parole divine. Elle l'accueille, la vêtit, la porte et la transmet. C'est d'autant plus vrai pour les langues liturgiques ou le sacré qui s'emparent du profane, le transcende, le sanctifie et le divinise. Ainsi la parole n'est point un simple moyen de communication entre les hommes, mais elle est en même temps l'essence même de leur être, un agent majeur de leur cohésion sociale, culturelle et religieuse, le ciment de la communion spirituelle entre les croyants, signe de reconnaissance mutuelle entre les membres de la même maisonnée. Ce qu'est le sang pour l'organisme biologique de l'homme, la parole l’est pleinement pour son organisme social et spirituel. 

  Ce qui tient l'homme debout face aux ennemis de ses racines, c'est la parole accueillie dans ses deux dimensions. Lorsque les deux se rencontrent dans son cœur, l'émotion est si grande que l’homme ne peut que pleurer. C'est l'histoire même du peuple d'Israël, décrite de façon si touchante dans le livre de Néhémie. Ses larmes étaient d'autant plus abondantes et sincères qu’Israël a bien compris, à la résonance de la lecture de la parole de Dieu exprimée dans la langue de ses pères, ce qu'il a bien failli perdre pour toujours, une fois emporté sur les rivages lointains de son esclavage. La mémoire des erreurs passées et l'amour de son Dieu lui ont permis de survivre à travers les pires acharnements du destin. Ainsi, à travers les siècles et les millénaires, donne-t-il l'exemple du respect suprême de la Parole et de sa Puissance régénératrice. Puissent les mêmes sensibilités et lucidités protéger encore aujourd'hui la parole de tous les hommes libres, fiers de leurs racines, culture et  religion.

Chrétiennement votre père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°19 du 17 janvier 2016)

Où vont donc mourir nos sapins de Noël ?....

  Noël à peine fini, nous assistons à une opération de grande envergure : «la mise en bière» de nos pauvres sapins de Noël ! Pour s'en apercevoir, il suffît de se promener au long des rues et ruelles, qu’elles soient parisiennes, en banlieue ou en province. Parfois, il nous faut même changer de trottoir pour les éviter ! Dans les quartiers plus «organisés», on les entrepose dans des «cimetières communaux à sapins» - réservoirs faits de grilles, d'où ils nous jettent des regards culpabilisants... Parmi tous ces végétaux moribonds, nombreux sont ceux qui se sont flétris avant même de servir, voire même, pour certains, n’ont pas été mis à l’honneur... Que s'est-il donc passé chez leurs hôtes ? Une dispute familiale? Une punition cruellement infligée à la progéniture, au détriment de l'ambiance de fête ? J’ai découvert un des plus beaux de ces spécimens abandonnés avant l'heure parmi des poubelles, le 24 décembre à midi…J’ai hésité à l’emporter, n’ayant pas fait cette année, Mea culpa, de décoration au presbytère… 

  Quoi qu'il en soit, retenons qu’il est étonnant de voir la vitesse avec laquelle le monde se débarrasse de cet arbre hautement symbolique, si convoité peu de temps avant. Le comble de ce désintérêt est de voir ces sapins jetés dans les rues, encore chargés des décorations scintillantes de boules, guirlandes de couleur ou autres lampions électriques… Quelle en est la cause ? Une peur de se faire piquer les doigts en retirant leurs atours ?... Une réelle impatience à les voir disparaître, la fête finie, telle une corvée obligée ?... Ou simplement une approche pratique pour empêcher la «vague verte»  d'épines d’envahir les interstices de nos parquets lustrés ?... Peut- être un peu de tout cela en même temps ?

  Bien que le sapin ne soit pas un élément essentiel de la fête de Noël, ni religieux d'ailleurs comme la crèche, la façon dont on le traite invite à réfléchir sur les temps qui courent et sur la psychologie de l'être humain en général. Il faut admettre  que nos sapins, avant qu'ils ne rejoignent les broyeurs, meurent d'abord trop vite dans nos cœurs. On solde rapidement la réflexion sur le «to be or not to be» de ces arbres significatifs par la question qui tue : «A quoi bon?» En fait, c'est ainsi que commence la douce agonie de nos traditions, euthanasiées par les gants blancs de la paresse.  

  Et pourtant, à l’exemple de la crèche, réservée plutôt aux croyants, le sapin reste, avec le gros bonhomme joufflu et barbu habillé en rouge, le seul signe non religieux universel qui permette aux hommes de faire le lien avec Noël. Le faire disparaître de notre vie ou le remplacer par d'autres éléments, étrangers à l'esprit de cette fête chrétienne, ce serait enlever une grande partie de l’aura publicitaire semblant triompher dans le  monde entier. Cela trahit un autre phénomène sociétal inquiétant  - une course fiévreuse après des choses de courte durée, non accomplies. Hélas, la hantise maladive de connaître des expériences toujours nouvelles ne nous permet plus d'aller jusqu'au bout des tâches  en cours, d'accomplir les rites sereinement pendant le temps nécessaire, de respecter les étapes et les échéances que la nature même, ou les traditions, nous suggèrent. En commençant Noël avant Noël, à l'exemple de nos vitrines commerciales, rien d'étonnant  à ce que nous le finissions bien avant sa fin. Il en est ainsi, hélas, dans d'autres domaines de notre vie. Le monde dans lequel nous vivons est devenu un espace-temps des choses désespérément inachevées. D'où la frustration, l’immaturité, l’incompétence. La tendance en vogue de nous imposer le «tout, tout de suite, à tout prix» et bien avant le moment, nous rend finalement fragiles, capricieux, impatients et surtout incapables d'apprécier la vraie valeur des choses, de les savourer avec élégance, de s'en réjouir et de transmettre cette joie paisible à notre descendance.

  Alors, par pitié, témoignons de plus de charité pour nos sapins de Noël l’an prochain ! Laissons vieillir ces nobles invités au sein de nos foyers et sur les places publiques de nos communes le temps voulu, et permettons leur de mourir en toute dignité, ayant accompli leur tâche joliment. 

En cette année de la Miséricorde, je souhaite à chacun de nous,  «zappeurs» des moments inaccomplis, d'être d'abord miséricordieux avec nous-mêmes. Soyons «détendus» avec notre vie mortellement stressée par le rythme impitoyable imposé par les médias, où tout se dévalue à la vitesse de la lumière. Une information par jour suffit et surtout gardons la bonne mesure des choses ! Laissons le temps venir vers nous à son temps. Ce rendez-vous ne sera pas manqué, soyons en certains ! 

Tranquillement votre père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale N°17 du 24 décembre 2015)

Nativité

La crèche, un lieu de Miséricorde

  A l'instar des phénomènes spectaculaires régissant quotidiennement notre  monde, l'événement le plus important de l'histoire de l'univers - l'entrée de Dieu dans le cours du temps se fait tout discret, tout petit, tout silencieux. Il y a comme une nécessité pédagogique de la plus haute importance à braver la fausse grandeur et la superbe du monde des affaires des hommes par la vraie Puissance céleste qui se veut pauvre et modeste, exactement comme la crèche de Bethleem. Abasourdis par le bruit des informations médiatiques, de plus en plus pesantes et asservissantes, nos cœurs accueillent avec un réel confort de l'esprit l'ambiance de Noël. Elle purifie et allège l'air du temps et contribue à la "désintoxication" de notre vie. Une telle atmosphère se vit et rayonne au cœur de notre communauté paroissiale grâce à une crèche un peu différente, pas comme les autres. Elle se situe, non sans raison cette année, dans la proximité immédiate de la porte jubilaire. La crèche est un lieu de Miséricorde divine par excellence. Elle témoigne de la simplicité de Dieu qui nous invite à notre tour à simplifier nos relations et à désencombrer notre espace vital. Ainsi ; la crèche devient elle-même la porte de la Miséricorde, par laquelle communiquent deux réalités : le Ciel descend sur la terre et la terre s'ouvre sur le Ciel. C'est bien cette crèche qui nous introduira dans la nouvelle année de grâces 2016.

  Selon le témoignage de nos catéchistes à ce sujet : " La crèche trouve son originalité en Italie près d'Assise ; saint François eu l'idée de célébrer Noël avec un tableau vivant de personnages et d'animaux. Vivante ou non, les crèches se sont répandues à travers le monde entier. La crèche est là pour nous aider à vivre le sens de Noël. Cette année, dans notre paroisse, notre crèche s'embellit encore. Le projet d'une crèche participative, écologique et collective s'est concrétisé et permet ainsi à chacun d'entre nous de se préparer à la venue du Fils de l'homme. Ce fut une occasion donnée de vivre ce temps de l'Avent différemment, une manière personnelle, mais très concrète, de se préparer à la naissance du Christ. Quoi de plus beau pour nous chrétiens que de participer à cette naissance. Ce santon que nous avons confectionné, c'est un peu notre cadeau pour remercier le Père de nous envoyer son Fils. Belle démarche pour accueillir Jésus dans notre cœur ! Les enfants du catéchisme ont déposé leur santons samedi 12 décembre dernier, plusieurs équipes se sont retrouvées ensemble lors d'une séance : elles ont chanté, prié, puis ont fabriqué leurs santons. Que de beaux sourires et de regards pétillants a-t-on pu voir samedi soir lorsque les enfants ont offert leurs santons devant l'autel. Les paroissiens assis ont participé à cette démarche : ils y ont mis tout leur cœur en utilisant des matériaux humbles (bouteilles, papiers, tissus, têtes rondes). Chacun de ces santons pourra nous représenter, un peu, et nous rapprocher de l'Enfant Jésus. Un grand merci aux bonnes volontés qui ont donné du temps et du talent pour réaliser ce projet ». 

Bonne fêtes de Noël et du nouvel An à tous.

Père Robert et l'équipe de la crèche.

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(Feuille paroissiale N°16 du 20 décembre 2015)

4e dimanche de l’Avent 

Le réveil de la force

 

  Et oui! Il s'agit bel et bien du titre du nouvel épisode, le 7ème, de la fameuse saga de Star Wars ! Portées depuis des mois par les médias, les nouvelles aventures de la guerre des étoiles se réinstallent dans le paysage de notre vie. Vous ne manquerez pas de voir à cette occasion des centaines de milliers d’effigies des principaux héros du film, avec tous les attributs de leurs rôles, proposées un peu partout comme cadeaux, à déposer sous le sapin, voire dans les crèches, comme de nouveaux santons "extraterrestres". A la limite pourquoi pas ?, pourrait-on dire, à condition d’expliquer intelligemment qu'en présence de La Force Suprême de l'univers, incarnée en Jésus, toutes les autres forces, quelle que soit leur provenance, ne peuvent que se convertir en Amour et Vérité. Ainsi, qu'ils reflètent le côté lumineux ou obscur du monde, tous ces jouets s'apprêtent à envahir l'espace habituel de nos enfants, et aussi ce qui reste encore de l'esprit d’enfance chez les adultes. Le danger peut devenir réel quand ces objets changeront de statut, passant de simples jouets au stade d'impitoyables joueurs.

  Et pourtant, le titre du film est significatif de quelque chose de beaucoup plus grave qu'un amusement ludique, aussi génial soit-il, avec les idées de bien et de mal, s’affrontant sur les écrans de cinéma, devant nos yeux protégés de lunettes en 3D. Il s'agit de notre quotidien, qui, évidemment, de façon moins spectaculaire que le film ne le présente, subit un scénario semblable et suffoque devant toutes sortes de forces obscures abondant de tous côtés en ces derniers temps. Là, il ne s’agit plus de jouer mais c’est bien réel. Les événements tragiques de l'année 2015 l'ont assez démontré. Cette réalité doit tenir tous nos sens en extrême éveil. Quel que soit donc notre attachement sentimental à ce phénomène cinématographique, qui a bercé notre enfance ou notre jeunesse, sachons que, sans un effort spirituel de notre part, le film risquerait de nous renvoyer à un monde virtuel, détournant notre attention du lieu du véritable combat. Ne permettons pas cela alors que nous sommes constamment témoins de luttes réelles se jouant dans nos rues. Chaque fois que nous nous aliénons, en nous projetant dans un monde fictif, nous désertons la vraie vie et cédons la place à ceux qui n'attendent que de la prendre. C'est ici et aujourd'hui que ces forces se rendent présentes lorsqu'on les évoque et agissent selon leur nature propre. Il suffit de les appeler.

  Depuis trois semaines, période de l'Avent, les chrétiens supplient Dieu de déchirer les cieux et d'envoyer Celui qui devait venir, faisant écho aux gémissements de l'humanité exprimés avec tant d'espérance par tous les prophètes bibliques. Quelques jours à peine nous séparent de l'accomplissement de la Promesse. La crèche de Bethleem sera ce lieu où nous célébrerons l'anniversaire de la Naissance de la vraie Force du Bien, le Fils de Dieu Vivant qui a pris chair de la Vierge Marie, Jésus, le Sauveur du monde. De plus, la fête de Noël s'inscrit cette année au sein de l'Année de la Miséricorde divine, présentée par le Pape comme une réelle force céleste capable d'anéantir la puissance de la haine. Ainsi, pour ce temps qui nous reste, redonnons-nous du courage en reprenant les versets du psaume de ce dimanche qui raisonnent étonnamment avec le titre de l'éditorial : 

"Berger d'Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! 

Réveille ta vaillance et viens nous sauver."

Impatiemment votre, père Robert Lorenc, curé.

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(Feuille paroissiale N°15 du 13 décembre 2015)

3e dimanche de l'Avent

 

Le divin antidote

 

"Il te renouvellera par son amour..." Ainsi nous rassure le prophète Sophonie dans son témoignage sur l'affection infaillible de Dieu envers son peuple. Cette affirmation en rejoint une autre, celle du prophète Baruc qui proclamait dimanche dernier que la Miséricorde de Dieu serait une escorte pour tous ceux qui voudraient revenir vers Lui. Les deux prophéties révèlent l'urgence que Dieu ressent de guérir le cœur malade de l'homme. Nous avons tous besoin, plus que jamais, de l'escorte de sa Miséricorde. Même si l'Année jubilaire, lancée par le Pape mardi dernier, s'applique au monde entier, les chrétiens de France, et pourquoi pas la France entière, l'accueilleront dans un contexte bien propice. De nombreuses escortes sillonnent notre pays aujourd'hui. De façon ostentatoire, elles essaient de nous défendre contre le mal agissant, lequel mal a des visages multiples et de plus en plus complexes. Leur présence devrait rassurer la population. Mais à partir du 8 décembre, une force invisible s'ajoute à la protection de tous les hommes de bonne volonté : La Miséricorde divine -  Dives in Miséricordia. Son but est d'agir sur le cœur malade des hommes, en leur faisant découvrir la puissance de l'Amour et de l'affection céleste. La Miséricorde divine se présente au monde d'aujourd'hui comme le plus efficace de tous les pansements destinés à soigner les blessures d'un homme, d'un peuple, de l'humanité. C'est le seul antidote possible pour neutraliser le venin de la haine, introduit dans l'organisme de nos sociétés modernes par la morsure du serpent. Les fruits de cet affrontement seront incommensurables. Et même si la guérison s'inscrit dans le temps, parfois bien long, cette Année de grâce se manifestera comme période d'application d'un tel remède. 

Autant la Miséricorde divine agit sans cesse dans le monde, autant la conscience humaine de ce don permanent est bien fragmentaire et toujours insuffisante. D'où l'appel fervent du Pape François : « Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde » (bulle d’indiction n°5). Il y a dans son souhait comme une urgence à présenter, contre les forces du mal et du pêché, l'inépuisable océan de la tendresse de Dieu. Quelles que soient les portes matérielles que nous franchirons durant cette Année jubilaire, pour manifester symboliquement notre volonté de nous faire oindre par la Miséricorde de Dieu, n'oublions pas que la seule porte réelle pour accéder à la Puissance de l'amour de Dieu, c'est le Christ. C'est sur son visage que la plénitude de la Miséricorde  divine nous est parvenue.

Aucune porte ne peut rester constamment ouverte, ni fermée d'ailleurs. Dans les deux cas, elle perdrait ses qualités protectrices. Et même si la miséricorde de Dieu dure à jamais, elle est accessible par moment de façon encore plus généreuse. C'est aujourd'hui l'année sainte, année de grâce et de pardon. Là où la haine et la violence abondent, là la Miséricorde de Dieu surabondera. Non pas pour donner un libre arbitre et un sentiment d'impunité au mal agissant et à ceux qui l'incarnent, mais pour désintégrer le mal de l'intérieur. Donnons-nous une chance à tous. Quelle que soit notre indignité, elle ne saura pas éteindre l'amour de Dieu. Quelle que soit l'injustice du monde, elle ne pourra pas non plus ébranler notre confiance en Dieu de Miséricorde. En franchissant aujourd'hui la porte nous introduisant dans l'Année de grâces et de bienfaits de Dieu, mettons déjà le cap sur l'ultime porte qu'il nous faudra franchir un jour - celle de l'Éternité. Bonne et fructueuse Année Sainte de la Miséricorde à tous ! 

Affectueusement votre, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°14 du 6 décembre 2015)

2e dimanche de l’Avent

La force du cœur humain

À l'ombre des attentats abominables de Paris, se déroule depuis sept jours, dans la capitale française, la Conférence climatique de la Cop 21. Elle doit logiquement aboutir aux accords, ô combien admirables, dits de Paris. A l'évidence, Paris est devenue le centre du monde, la scène d’enjeux multiples, scène sur laquelle les humains démontrent ce dont ils sont capables, tantôt le pire, tantôt le meilleur. Un drôle de tour que nous fait l’histoire que de voir ces deux événements séparés de deux semaines à peine. Comme si la Providence voulait nous faire comprendre que tout est lié dans la vie, que les hommes et la nature ne font qu'un, que le mal qui ronge leurs cœurs a des répercussions destructrices sur le monde sur lequel ils croient régner en maîtres. La terre est en danger ! "Nihil novi sub sole"* diront certains et pourtant la prise de conscience collective de la menace n'a jamais été aussi forte auparavant. Et le sentiment d'en être responsables n'a jamais été aussi aigu chez les hommes. Un heureux hasard ? Un spectaculaire  remord ou encore un manège habile des politiciens ? Les avis sont partagés. En revanche, personne ne peut nier l'importance de l'encyclique du Pape François "Laudato si", dans la sensibilisation des êtres humains, face à leur héritage commun qu'on appelle la création. Dommage seulement que ce document si providentiel ne soit pas exploité dans les coulisses de la Cop 21 à hauteur de sa juste valeur, ce qui aurait sûrement permis à l'humanité d'économiser au bas mot une centaine d'années dans la lutte pour sauver le monde.

Malgré tout, le message papal fait son chemin. Des étincelles de sa vérité arrivent à éclairer les discours fondateurs du meeting historique des "pollueurs". Elles arrivent à percer les parois de leur conscience. Ainsi, certains dénoncent clairement le mur de l’égoïsme, bâti par les intérêts économiques aveugles des états-membres, d'autres se reconnaissent ouvertement comme une des sources principales du mal. Les pays « fautifs » arrivent à parler aux pays « victimes », au moins à se croiser et à échanger un sourire. Et, même si personne ne mentionne officiellement Dieu dans cette histoire, tout le monde sait pour autant qu’il s’agit bien de son œuvre dont on discute là et que plus ou moins tard on devra lui rendre des comptes.

En effet, le progrès indéniable dans la démarche de la Cop 21 tient au fait qu'on arrive enfin à ramener la configuration purement matérialiste de la problématique en question à sa dimension spirituelle. Ce grand "Mea culpa", cet "acte de contrition" des plus puissants de la planète sur nos écrans de télévision sera-t-il entendu par le Créateur ? Tout dépendra de la suite, qu'on pourrait appeler dans la logique de la réconciliation chrétienne, le "temps de la réparation du pénitent".

Que restera-t-il en fait de la grande conférence sur le climat ? Une nouvelle photo de famille plus volumineuse que d'habitude? Des poignées de mains notables et inattendues? Tout cela sera-t-il suivi de gestes concrets, accomplis par ces mêmes mains et visages? Les riches continueront-ils à contourner, autant que faire se peut, les obligations communément prises, car ils sont riches, et les pauvres de les réfuter en bloc, car ils sont pauvres? N'y aurait-il donc rien de plus précieux pour unir les hommes que l'argent? Leurs enfants ne valent-t-ils donc pas bien plus que quelques gouttes de pétrole ?

Malgré tout ne doutons pas de l'humanité. Donnons une chance aux nobles sursauts d'esprit des grands de ce monde. N'est-il pas dit dans l'évangile de ce dimanche que « tout être vivant verra le salut de Dieu »? Mais le voir ne suffit pas. Faut-il encore en devenir des bénéficiaires. Il en était de même à l’époque de Pilate, Hérode, Philippe et Lysanias, d’Anne et Caïphe. Ils ont tous vu le Verbe Incarné de leurs propres yeux et pourtant… Espérons que parmi les milliers de souliers laissés par les français sur la « Place de la grande blessure », les dirigeants actuels de l'humanité y trouveront au moins quelques paires à leur pointure, capables de leur faire faire un véritable bond en avant, en les rapprochant les uns des autres. C'est ce que tous leur souhaitent vivement, car il n'y a plus de secret aujourd'hui pour personne : Pour arriver au refroidissement du climat de notre planète, il faudra paradoxalement passer par le réchauffement d'un autre univers, celui du cœur des hommes.

Chaleureusement votre, père Robert Lorenc

Rien de nouveau sous le soleil

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(Feuille paroissiale N°12 du 22 novembre 2015)

Le Christ, roi de l’Univers

La sainte colère !

 

  Une étrange sensation m'envahissait lorsque j'ai posé le pied sur le sol de ma jolie France, à Roissy, mardi dernier. La pluie et les nuages gris, porteurs d’un sentiment inconnu, poussés par un vent impatient, trahissaient un lourd grognement ... Comme s’ils voulaient cacher quelque chose de grave, faisant semblant que tout soit comme avant, et pourtant...  non ! La France était si différente de celle que j'avais quittée la semaine précédente… En l’espace de quelques jours à peine, que dis-je, d'une soirée, tout a soudainement basculé. Je croyais à un cauchemar. Brusquement, je me suis réveillé dans un autre monde. Malgré le kaléidoscope d’images insupportables et compatissantes, transmises « en boucle » par la télévision étrangère, la réalité s'est montrée étonnante. La France... Je la vois maintenant. Point diminuée, mais anoblie par la souffrance; endolorie dans ses entrailles, certes, mais plus fière que jamais, au point d’en être presque « souriante »… Prudente comme une mère blessée, protégeant ses enfants, mais en même temps tellement digne et vaillante. Oui, Elle est grande, ma jolie France. Elle est si tragiquement belle aujourd'hui en ce deuil sans précédent.

  Alors, que doit-il y avoir maintenant dans son cœur ?

 Surement pas de la haine mais une sainte colère, qui doit tenir ses sens en extrême éveil. Surement pas de l'aveuglement mais une intelligente vigilance, avec les yeux grands ouverts sur la nature de certains « êtres humains », tels qu'ils sont, et non pas tels que l'utopie idéologique voudrait qu'ils deviennent. Surement pas de l'enfermement, mais la libération de la parole et de l'opinion. Surement pas, non plus, d’impuissants symboles, mais des lois adaptées en fonction des buts des adversaires, et efficaces dans leur application. Avec cela, une prière, capable, telle une flèche, d’ébranler les cieux restant trop souvent muets... Enfin, non pas de la panique, ou du désespoir, mais un sentiment réel de menace, qui doit engendrer la vaillance et de vraies retrouvailles entre les générations séparées, celle de nos jeunes, fragiles et inexpérimentés en de telles situations, et celle des anciens qui ont su faire face à la bestialité de la dernière guerre mondiale.

  "Rien ne sera comme avant ! " Cette phrase retentit telle une étude dramatique de Chopin, un regret commun prenant l'étoffe d'un slogan. Mais celui-ci, ne nous l’a-t-on pas déjà joué il y a à peine quelques mois? Et pourtant, ce refrain se répète dangereusement. Que s'est-il donc passé entre temps? Quelle en est la cause? Une des raisons en est le simple fait qu’une fois la société blessée dans sa chair, oublie trop vite les méfaits précédents. Les crimes deviennent alors des chiffres et des souvenirs lointains, souvent déformés par la suite, ou même bafoués. Le non-maintien de la mémoire historique relative aux événements du passé, même les plus proches, rend la société, dans sa vie quotidienne, mortellement vulnérable.

  Espérons que la solidarité nouvelle et le réveil de la lucidité, qui doivent naître librement au sein du peuple français, suite à ces nouveaux attentats, ne seront pas sans lendemain. Car, à l’évidence, ces vertus sociales n'étaient pas suffisantes. Nous sommes en guerre, disent certains. C'en est une. C’est un fait. Elle ne date pas d'hier. Que faire? Que tous les hommes religieux fassent monter dans leurs lieux de culte la même supplication adressée sincèrement à leur Dieu, quel que soit son nom: " De la peste, de la famine et de la guerre, de grâce, délivrez-nous Seigneur! "

Père Robert Lorenc, curé de Fontenay-aux-Roses

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(Feuille paroissiale N°10 du 8 novembre 2015)

Ne méprisons pas l'automne !

   Cest une période de l'année où la nature même prend soin de façon maternelle de notre corps et de nos défenses immunitaires. Il en est de même pour notre esprit, abusé parfois par les extras de l’été.

  L'automne est cet espace-temps béni oùil est bon de flâner au long des jours dans les parcs silencieux et les jardins aux visages métamorphosés. 

  Pendant ces ballades, à vertus thérapeutiques, tout se remet en place dans nos têtes et se reconstruit en nous l'équilibre bio-spirituel si nécessaire pour affronter les frimas de l'hiver. C'est alors que se cicatrisent toutes les blessures et les déchirements intérieurs comme sous un tendre pansement confectionné de milliards de feuilles tombant silencieusement sur notre terre brûlée en raison du stress ou de l'agressivité.

   Pour les poètes, c'est d'ailleurs la plus romantique des périodes ; elle les remplit de la belle nostalgie de l'Eternité et les prépare à l'accomplissement de leur destinée de phénix.

  Enfin, l'automne est un vivier fécond de nombreuses bonnes résolutions où, sur les braises des souvenirs de vacances, se fait sentir le bouillonnement des idées et des projets ingénieux que nous allons réaliser en hiver. En effet, avec la fête de la Toussaint, l'automne s'est installé pour de bon dans le paysage de notre vie, tel un tapis scintillant des mille et une couleurs de l'été indien.

  En parallèle, les vitrines de nombreux magasins, ainsi que certaines rues et places de nos villes, se sont parées soudainement de décorations familières, nous préparant déjà à l'ambiance de Noël. Comme d'habitude, leurs auteurs, dans la fièvre commerciale, brûlent quelques étapes, mais ne nous en plaignons pas trop, tant que nous pouvons encore nous réjouir de profiter de décors de Noël installés dans les espaces publics. Qui sait si, dans peu de temps, nous pourrons encore admirer les moindres signes de cette fête, fussent-t-ils purement culturels. Pour l'instant nous nen sommes pas encore là.

   Pour nous, les croyants, deux étapes importantes nous séparent encore de cette principale fête de l'hiver, à savoir: la fin de l'ancienne année liturgique, qui se célébrera avec la solennité du Christ-Roi de l'univers, et bien sur le début de la nouvelle année qui commencera avec le temps de l'attente joyeuse de la Naissance du Sauveur qu'on appelle l'Avent.

   Nous avons cette année la chance de rendre la fête de Noël et la période qui nous y guide, l'Avent, tout à fait exceptionnelles. Il s'agit bien sûr de l'Année Sainte de la Miséricorde ; annoncée déjà par le Pape François. Elle s'ouvrira le 8 décembre, à Rome. Le thème de la miséricorde va ainsi rythmer la nouvelle Année liturgique, donc toutes ses fêtes et toutes ses périodes, mais aussi notre vie quotidienne et c'est le but principal de cette initiative.

   Quelle fête, en effet, pourrait mieux parler  de la miséricorde divine sinon celle de Noël où Dieu se fait homme pour que l'homme retrouve en soi la dignité de l'enfant de Dieu? Cet acte de la Miséricorde de Dieu par excellence, manifestée le jour de Noël à l'égard de l'humanité, nous invitera à notre tour à vivre notre miséricorde face au monde, à l'exemple de Dieu lui-même.

   Faudrait-il encore déchiffrer le mot même de "miséricorde", comprendre en quoi consiste aujourd'hui l'acte d'être miséricordieux, apprendre sa dynamique et sa pédagogie ainsi que toutes ses perspectives pratiques.   Les quatre dimanches étalés sur l'espace Avent-Carême nous donneront l'occasion originale dapprofondir ce thème autant sur le plan spirituel qu'intellectuel au sein de différents groupes de partage que notre paroisse mettra en place.

   Pour l'instant, c'est la dernière ligne droite dans la course vers l'Année Sainte. Entraînons-nous déjà à l'exemple de grands sportifs en réchauffant nos cœurs, en conditionnant nos facultés intellectuelles et en maintenant en forme nos articulations.

  Préparons bien l'automne catholique pour que chacun d'entre nous puisse franchir le seuil de la Porte Sainte de bon pied ; avec le Christ miséricordieux pour toujours.

  Beau et fructueux automne à tous!

 Père Robert Lorenc, curé.

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(Feuille paroissiale N°8 du 18 octobre 2015)

3 jours à Wiesloch !

Une amitié plus que quarantenaire !

Cher Père Alexandrer, chère équipe pastorale et amis de Wiesloch,
Depuis votre dernière visite sur la terre de Fontenay-aux-Roses en juin dernier, nous n'avons pas vu le temps passer. Le souvenir chaleureux de la magnifique soirée passée ensemble dans notre salle paroissiale, celui de la messe solennelle célébrée dans notre église, les liens d'amitiés qui se sont noués entre les familles de notre paroisse et vous, tout cela ne faisait qu'accroitre notre désir de vous retrouver là où bat votre coeur pastoral, social et culturel, donc chez vous, dans votre paroisse. Nous voici donc parmi vous, heureux et reconnaissants pour le splendide accueil que vous nous avez préparé. Notre émotion est d'autant plus grande que, grâce à cette visite, nous prenons conscience du dynamisme grandissant de notre jumelage. Les liens de la paroisse Saint Augustin avec celle de Saint-Pierre – Saint-Paul sont plus que quarantenaires.
Aujourd'hui, nous mettons nos pas dans les pas de ceux qui nous ont précédés pendant leur première visite à Wiesloch. Nous saluons tous les artisans de notre amitié, le travail des responsables laïcs de notre jumelage opérant des deux cotés et nous remercions particulièrement le Père Berthold Enz, qui a accompagné notre jumelage sur la durée. Tous se rappellent avec émotion vos deux dernières visites à Fontenay-aux-Roses, celle d’il y a cinq ans, en juin 2010 et celle de l'année dernière, également en juin.
Eh bien, en réponse à votre présence inoubliable parmi nous, je vous amène aujourd'hui, chers amis de Wiesloch, la partie la plus chantante de notre communauté - la chorale, prête à relever ce soir le défi artistique et convivial.
Cher Père Alexander,
Nous voici, tous les deux, devenus, suite aux successions de curés dans les paroisses, pasteurs et serviteurs de nos deux communautés.
Nous avons, vous et moi, cette chance inouïe de voir nos deux Communautés s'épanouir et vouloir vivre ces moments intenses de rapprochement et de resserrement de liens entre les chrétiens de différentes Eglises de la même Europe. Ce désir spontané de marcher ensemble, qui habite les coeurs de nos paroissiens, répond en fait à l'appel significatif et à la réflexion pastorale prophétique de notre bien-aimé pape émérite Benoit XVI qui disait à Prague :" Quand l’Europe écoute l’histoire du Christianisme, elle entend sa propre histoire. Sa notion de justice, de liberté et de responsabilité sociale, en même temps que les institutions culturelles et juridiques établies pour préserver ces idées et les transmettre aux générations futures, sont modelées par l’héritage chrétien » [16]. Fin de citation.
Ainsi, l'avenir de l'Europe chrétienne, ou l'avenir du Christianisme en Europe, passe d'abord par le témoignage vivant de la foi de nos paroisses et de leurs familles. Notre visite se déroule chez vous, chers amis, précisément au moment où, à Rome, se tient le synode historique sur la famille. Pour que les générations futures des chrétiens, dont parlait Benoit XVI, se manifestent et préservent l'héritage chrétien de notre civilisation, nous avons besoin de familles chrétiennes solides, aimantes et fières de leurs racines chrétiennes. Or, la solidité de leur foi et de leurs valeurs ne peut se soigner que dans leurs milieux paroissiaux et communautaires. Voilà pourquoi un des vecteurs d'avenir pour l'Europe chrétienne d'aujourd'hui est justement la collaboration intense et l'entretien fraternel de ces relations entre les paroisses, ces « grandes familles » des familles des différents pays du même continent.
L'idée de jumelage spirituel, mais aussi culturel, social et matériel, entre les communautés de la même Eglise de Dieu, qu'elle soit en Allemagne, en France ou en d'autres pays européens, se veut de toute urgence. La réalisation concrète de cette idée est un signe visible de la présence de l'Eglise, lucide et éveillée, qui reprend d’augustes traditions chrétiennes deux fois millénaires, unissant nos deux peuples à travers les siècles et à travers toutes les oeuvres de
la miséricorde et de la charité chrétienne, accomplies par les générations précédentes et actuelles de chrétiens.
Il y a donc urgence à connaître et à préserver nos traditions mutuelles chrétiennes, leurs coutumes et leurs rites. Ceci est le chemin le plus sûr d'une amitié vraie entre les différents peuples de notre contient.
Alors, quel que soit notre âge, nous pouvons et nous devons être assez forts, spirituellement et culturellement, pour défier certaines tendances et courants de pensée de notre temps, qui essaient de déstabiliser nos familles et gommer les traces de l'Evangile dans la vie de nos sociétés occidentales.
Puissent des nouvelles générations de chrétiens, de nouvelles familles fortes des valeurs évangéliques, se lever aussi bien à Wiesloch qu'à Fontenay.
Puissent-elles au seuil de l'Année sainte de la Miséricorde, se montrer miséricordieuses, d'abord à l'égard de leur propre héritage chrétien menacé de disparition par de nombreux phénomènes de notre époque.
Puissent-elles donner l'envie profonde à nos enfants et aux enfants de nos enfants de poursuivre les chemins de la Sagesse de Dieu, qui s'incarne dans de nombreuses initiatives de notre jumelage.
Vivons déjà ce soir, de façon conviviale et festive, ce que nous célébrerons demain pendant la messe.
Ainsi, ce week-end sera-t-il une preuve convaincante que la Sagesse de Dieu a vraiment dressé sa tente parmi son peuple.
Vive l'amitié franco-allemande, vive la solidarité chrétienne entre nos deux peuples et nos deux paroisses.
Que le très cosmique et très vaillant archange, situé sur la place de votre église paroissiale, chers amis de Wiesloch, protège notre jumelage et lui donne des ailes de plus en plus grandes. Merci.

Père Robert Lorenc,
Curé de la paroisse Saint-Pierre – Saint-Paul de Fontenay-aux- Roses

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(Feuille paroissiale N°5 du 27 au 4 octobre 2015)

"Ah! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple,

un peuple de prophètes!", rêvait le vieux Moise...

Eh bien, cela aurait causé sûrement un beau désordre ! Imaginons, ne serait-ce que pendant un instant, toute notre assemblée de 11 heures, et pas uniquement le groupe liturgique le plus restreint, se mettant ensemble à crier à haute voix des choses mystérieuses sur Dieu, chacun dans sa langue natale, avec l’enthousiasme relatif à son caractère propre, et selon l'expression due à l'originalité de sa culture.

C'est ce qui s'est d'ailleurs produit le jour de la Pentecôte ! Quelle fut la réaction spontanée des témoins de cet événement ? Nous la connaissons : "Ils ont du s'enivrer de bonne heure ...."

Mais cela était peut-être mieux que d’entendre des réactions telles : "Mon père, pourriez-vous me trouvez une paroisse qui correspondrait à notre goût, genre charismatique ou monastique? Je ne trouve rien de tel chez vous..." ou "Il n'y a rien chez vous qui aurait pu nous enchanter, nous allons voir ailleurs ", ou bien encore "Nous sommes du rite saint Pie X...., nous ne nous retrouvons pas dans votre liturgie..." Combien de curés ont déjà entendu ce genre de remarques et ont dû affronter un tel désaveu de la part de certains chrétiens ? A les entendre, on se croirait au supermarché, dans lequel des clients, de plus en plus capricieux et exigeants, passent leur temps à chercher des produits "en vogue" et, mécontents faute de leur disponibilité en rayon, changent de magasins. Cette approche un peu "touristique" de la vie religieuse de certains de nos fidèles, toujours pressés de combler leurs désirs spirituels au moyen de produits pastoraux version all inclusive, est un des signes des temps qui trouve son explication dans la logique moderne de la recherche du confort immédiat.

On ne peut pas nier que le zapping religieux ponctuel du style : "Oui, je reste, mais à condition que votre pastorale me fasse du bien et que cela me procure du plaisir tout de suite" relève d'un certain chantage. Si le curé est diplomate, il saura trouver une réponse qui ne froissera pas les nobles désirs de nos consommateurs spirituels. S'il ne l'est pas, il risque de les perdre et de finir par douter de sa mission.

Il faut tout de même admettre que de telles attitudes, trahissant un certain hédonisme spirituel et une approche consommatrice de la foi, ont toujours existé dans l'histoire de l'Eglise, surtout à l'époque de la surabondance des prêtres qui faisaient tout et où les laïcs se contentaient alors de ce que faisait le clergé. Mais les temps ont bien changé. Les prêtres ne veulent plus faire sans les laïcs et, souvent, c'est de l'ingéniosité et de l'engagement de ces derniers que dépendent la richesse et le caractère polyvalent de la pastorale. Ainsi, tous les nouveaux arrivants sur la paroisse s'inscrivent-ils immédiatement dans les rangs du Peuple de Dieu, qui a pour responsabilité de prendre soin de la santé spirituelle de sa communauté.

Et si, pour une fois, les personnes étant à la recherche de leur bonheur spirituel, posaient à leur curé la question un peu différemment ? Par exemple : "Père pourriez-vous me dire ce que je peux faire dans votre paroisse pour lancer un tel ou un tel mouvement, indiquez-moi l'endroit où vous auriez le plus besoin de moi..." Une question tournée ainsi, posée par un nouvel arrivant ou par un ancien paroissien bien ancré dans la vie pastorale classique, ne peut que plaire, et à Dieu, et au curé. Certes, lorsqu'on déménage, le plus souvent pour des raisons professionnelles, on vit un vrai tremblement de terre. Il n'est pas facile alors de changer d’habitudes, de lieu, de commencer tout à nouveau sans retrouver ses « marques ». Instinctivement, on cherche alors un ancien monde, qui nous rappelait un ancien confort. Un des viviers essentiels des repères dans la vie est justement le milieu d'Eglise. On voudrait tellement retrouver dans la nouvelle communauté l'autre lieu, l'autre ambiance, où l'on se sentait si bien encore peu de temps avant, ailleurs... C'est si naturel, mais souvent ce n'est pas ce qui se passe. Souvent les paroisses dans lesquelles nous arrivons ne ressemblent en rien à notre ancien monde, au contraire, parfois, c'est tout le contraire. Ce n'est pas pour autant qu'on devrait arrêter notre pratique religieuse, ou la réduire ou encore la subir. Pour certains, dont la foi est basée sur l'affectif, ce sont de parfaites occasions pour « décrocher ». De fausses excuses viennent alors renforcer leurs plaidoiries : "Ah ces chrétiens, les vieux « bourg’ »..., c'est du passé, ils ne me laissent pas vivre ma foi en pleine liberté, ou, à l’inverse : "Ah, ces vieux « soixante-huitards », ils rendent l'ambiance invivable. Leur prières politisées et culpabilisantes m'étouffent..." Les deux réactions à l'égard de nos assemblées doivent mettre en évidence que nous sommes tous différents et tous liés en même temps. Et Dieu merci.

S’il existe un lieu qui peut garantir notre véritable liberté, l'égalité de nos dignités devant Dieu, et notre fraternité, c'est bien l'Eglise, donc nos paroisses, si imparfaites parfois. Alors aujourd'hui, comme Moïse, chaque curé aurait sûrement envie de s'écrier : "Ah, si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux... " Mais en fait, il ne le fait pas, car il sait que c'est déjà fait. Ne sommes-nous pas tous devenus le jour de notre baptême prêtres, prophètes et rois, que nous soyons riches ou pauvres ? Alors, même si des croyants ont des sensibilités spirituelles, culturelles ou sociales différentes des nôtres, ne les envoyons pas tout de suite devant le tribunal céleste. Prenons plutôt à notre compte la remarque que le Christ lui-même a faite à ses disciples : "Ne les empêchez pas, celui qui n'est pas contre nous est pour nous.... "

Passionnément votre, père Robert Lorenc, curé.

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(Feuille paroissiale N°4 du 20 au 27 septembre 2015)

Eloge post-funèbre de Monsieur Christian Poireaux

Nous, sa paroisse, nous, sa communauté, nous, les groupes et mouvements caritatifs et sociaux au sein desquels Monsieur Christian Poireaux réalisait sa vocation d'homme et de chrétien, nous étions sa famille, non seulement au sens figuré du terme, mais réellement telle sa maisonnée la plus proche, n’ayant plus de famille. Il nous le répéta souvent, en soulignant sa joie de se mettre au service de cette famille si particulière, envers laquelle il éprouvait constamment de l'amour et de la reconnaissance. Certes, il est parti vite, trop vite, sous nos yeux étonnés, compatissants et impuissants. Discret, silencieux et humble, il l’était. Il nous a quittés sans faire de bruit, sans déranger personne. Nous avons pu, chacun à sa manière, l'accompagner en ce passage majeur vers l'autre rive, je pense surtout à celles et ceux qui étaient présents cet été à la paroisse. Pour certains en lui portant régulièrement la communion, pour d'autres en communiant à ses souffrances par la prière et la pensée, pour d'autres encore en s'occupant des aspects pratiques et matériels de son hospitalisation, ou bien encore en faisant partie de cette foule immense célébrant ses obsèques.

Qu'ils en soient tous remerciés. Aux yeux du monde, notre communauté a su passer « l'examen » de la solidarité chrétienne. Il est difficile de dresser un portrait exhaustif de notre cher frère défunt, sans omettre tel ou tel aspect de sa personnalité. Sa personnalité gardera toujours dans nos coeurs relief et nuances, grâce aux témoignages nombreux et aux anecdotes si diverses, relatant les expériences personnelles vécues avec lui. Les teintes de son portait prendront de la profondeur et sa densité définitive se verra seulement avec le temps. C'est d'autant plus vrai qu'en fait, il faut le dire, nous ne l'avons jamais véritablement connu.

En tant que curé, et pour compléter l’esquisse de son portrait, précisé déjà dans le faire-part de décès, ainsi que dans les nombreux témoignages évoqués plus haut, j'ajouterai ceci : Christian était un chrétien comblé et heureux de l'être. Il était un homme d'Eglise soucieux de son bien et dévoilant sa maturité dans la responsabilité que je lui ai conféré au sein de l'EAP. Ce fut pour lui une vraie fierté et un noble défi que d’assumer une telle mission.

Un des traits particuliers que je retiens ici fut sa maturité ecclésiale, manifestée à travers un respect fraternel et une confiance exemplaire pour son curé. Sans jamais être tombé dans un triomphalisme de la bienfaisance, à l'exemple des grands spéculateurs humanistes de notre temps, sans grands discours moralisateurs, très à la mode en cette période, il a toujours su réaliser la vraie charité chrétienne en la dispensant silencieusement à pleines mains sans que la main gauche sache ce que faisait de bien la main droite. Selon une confidence qu'il fit un jour avant une messe dominicale, son vrai bonheur résidait dans le service de la liturgie« Grâce à toi, Père Robert, j'ai pu connaître enfin le plus grand bonheur de ma vie, être si près de l'autel... ». A ce moment, ses paroles cédèrent place aux larmes.... J'ai compris alors d'où il puisait la force nécessaire pour avancer. Nous retiendrons aussi de lui le rayonnement pascal inoubliable qui se dégageait de son visage, en tant que parrain d'un nouveau baptisé pendant la dernière nuit de Pâques. Comme saint Paul, il pouvait se réjouir avant sa mort d'avoir donné la vie à son fils spirituel.

Aujourd'hui, nous demandons à Dieu de l'accueillir parmi ses élus, il a retrouvé une autre famille, celle vers laquelle il cheminait tout au long de sa courte vie terrestre.

Chacun d'entre nous l'y rejoindra un jour. Christian saura nous tendre alors la main pour nous y accueillir. Et même si sa place restera inoccupée dans nos assemblées, nous espérons vivement que de nouveaux bénévoles reprendront bientôt son flambeau, en témoignant ainsi de ses nombreuses qualités. Aujourd'hui, nous rendons grâce à Dieu pour tout le bien que Christian avait accompli sur cette terre.

Comme la vie, sa mission, elle non plus, ne se termine pas. Elle change seulement. Nous avons perdu un compagnon sur terre, nous avons gagné un délégué au ciel. Nous prions Dieu, au seuil de la nouvelle année pastorale, de nous donner, à l'exemple de Christian, un amour semblable pour l'Eglise et pour le prochain, amour qui animait ses actes et ses dires. Il est certain que les paroissiens de Fontenay-aux-Roses et les habitants de cette ville, au service desquels Monsieur Poireaux se consumait, au point d'oublier sa santé, se souviendront toujours du passage parmi eux de ce gentilhomme qui, malgré sa petite taille, a su porter en lui un coeur de géant de Dieu.

Cher Christian, ami et frère bien-aimé en Jésus, Joie à ton âme! Nous te souhaitons beaucoup d'activités célestes auprès du Père.

Ton curé reconnaissant, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°3 du 13 au 20 septembre 2015)

Petit traité existentiel de la porte

Qui dit rentrée dit retour, et qui pense retour se résout inévitablement à revoir une vieille connaissance - la porte - qui le conduit de nouveau dans l'espace connu de son bureau, de son école, de son église, etc. Qu'elle soit en bois massif, baie vitrée ou en fer forgé, s'ouvrant automatiquement ou à l'aide d'une poignée plus ou moins sophistiquée, la porte nous interpelle et rappelle nos devoirs.

Combien y en a-t-il dans notre vie? Impossible de le dire. Nous avons peut-être l'impression que, plus nous avançons en âge, plus il y a de portes à franchir. Mais le contraire est aussi vrai. Au fil des années, elles s'estompent étrangement et convergent toutes vers une seule - la Porte. Et même si à notre époque les portes deviennent de plus en plus transparentes, elles sont cependant là pour nous remettre à notre place.

A chaque étape - sa porte. D'abord, il y a les nôtres, et celles des autres. Les deux sont nécessaires et vulnérables ; les nôtres pour nous rappeler notre fâcheuse tendance à oublier souvent nos clés. Certes, on a plaisir à savoir les ouvrir, capables de franchir le seuil, et, en même temps, il nous faut apprendre à accepter leur rôle et à le respecter. Ce processus est indissociable de notre évolution humaine, psychologique et spirituelle. Que serait la vie sans portes? Sans tous ces mystères qu'elles protègent et invitent à explorer? Sans portes, il n'y a plus d'attente effervescente de l'arrivée de nos invités ; sans elles plus d'ouverture, plus de rencontre, plus d'intimité, plus de sourire d'accueil, plus de vertu de patience. Méfions-nous de ceux qui voudraient les supprimer. Y parvenir, c'est obtenir, non seulement gouvernance absolue de nos corps mais aussi de nos esprits. Le Christ lui-même confirme leur utilité et notre liberté d'en disposer en nous demandant de les fermer chaque fois que nous voulons nous retrouver seul à seul avec Dieu dans la prière.

Pour certains, au retour des vacances, avec les échéances scolaires ou professionnelles, ce sont de nouvelles portes qui se dressent devant leurs yeux, souvent étonnés et angoissés face à l'inconnu, ou qui se cachent à eux. En effet, c'est de la réalité qui se trouve derrière nos portes que dépend le fait de s’en rapprocher si elles ont pour nous le visage d'un ami ou au contraire de s’en éloigner s’il s’agit du visage d'un geôlier surveillant la corvée que nous devons accomplir une fois ces portes refermées derrière nous. Quelqu'un n'a-t-il pas dit : « Du moment où j'aime ce que je fais, ceci n'est plus un travail, c'est un loisir ? »....

Pour d'autres encore, la rentrée de cette année est devenue capitale, car elle les a placés devant la porte unique, la dernière porte de leur vie à franchir, celle de l'Eternité.

La réalité de la porte nous accompagne donc tout au long de notre vie ; elle en fait partie mais elle est ressentie spécialement avec une fraîcheur nouvelle à chaque reprise. Ainsi la porte d'un bureau n'est pas celle d'une école ni celle d'un lieu de culte, encore moins celle d'une boîte de nuit ou d'un hôpital. Aucune d'elles n'est non plus la porte d'une maison familiale qui donne la sécurité, l'intimité et le monde des valeurs qui soudent les membres de la même famille en constituant son foyer, inviolable.

Reste encore la plus difficile à gérer - la porte d'un pays....Toutes ces portes n'ont ni la même vocation ni la même destinée. En revanche, toutes incarnent la logique d'un certain paradoxe qui justifie d'ailleurs leur existence. D'un côté, la porte nous enferme, d’un autre côté, elle est pour nous le garant de notre liberté, dans la mesure où nous pouvons l'ouvrir ou la fermer à notre guise ; d'une part, elle nous protège contre l'agressivité du monde, d'autre part, elle nous y expose en trahissant notre emplacement; en un sens, elle nous sépare des autres, mais en même temps, elle nous rapproche les uns des autres en créant l'espace nécessaire de communion entre les habitants. Ainsi, notre vie s'écoule tel un fleuve dans la diversité de son lit à travers toutes ces portes ouvertes, entrouvertes, closes, blindées, forcées, surveillées par une alarme, négligées et même dévastés.

Comment faire pour ne pas attraper une sorte de rhume spirituel, dans le courant d'air incessant qui s'opère dans ce système de portes communicantes? La porte, comme le coeur, appartient à l'homme. C'est à lui seul de décider quand il veut l'ouvrir, à qui et au nom de quoi. C'est le principe même de l'autonomie de l'homme, de son indépendance et de sa dignité. Cependant, tenter de s'emparer par la force de la porte de l'autre, ou de son coeur, ne serait plus la manifestation d'un droit quelconque de la sacrosainte liberté mais l'expression féroce d’un despotisme du moment ou d'une dictature des idées en cours. Dans ce cas, l'homme a le droit élémentaire d'être vigilant et de défendre sa porte. Car toutes les portes ne sont pas à franchir, de même que toutes les portes ne sont pas à ouvrir, même si l'on a les clés ou les passes pour le faire. Ce qui peut aider les chrétiens que nous sommes dans la gestion sage et raisonnable de toutes les portes de notre vie, se dressant au seuil de la nouvelle année, c'est le rappel hiératique du Messie qui résonne à travers les siècles et les millénaires, et qui nous dit clairement et de façon intransigeante que la seule et unique porte pour les croyants c'est bien Lui-même, selon sa divine proclamation "Je suis la porte, la vraie porte". Toutes les portes dans la vie d'un chrétien doivent avoir ainsi la dimension christique. Toutes devraient symboliquement épouser la forme de la croix. Ainsi, tout homme qui désire les franchir devrait arriver en ami de la Paix du Christ, ayant les bras grands ouverts, à l'exemple de la croix, pour rejoindre les bras de ceux qui les accueillent en pleine confiance. Respectons nos portes et sachons les faire respecter par les autres. Sans cela notre maison sera vite vouée à la ruine.

Respectueusement votre, père Robert , curé

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(Feuille paroissiale du N° 2 du 6 au 13 septembre 2015)

Une petite apologie de la carte postale

« Clin d'oeil du bonheur »...

C'est ainsi qu'on pourrait surnommer notre bonne vieille carte postale.

J'espère cependant que, parmi les nombreux courriers arrivés dans vos boîtes à lettres pendant ces vacances, comme surement l'avis d'imposition.., vous avez trouvé au moins une de ces cartes postales « messagères de bonheur ». Rien, même le plus performant des moyens de communication moderne, ne remplacera ce noble bout de carton personnalisé et confié aux bons soins des agents de la poste afin d’être expédié aux confins de la terre.

Le propre de la mission de la carte postale est d'envoyer à la personne qu'on aime un peu de soi, le meilleur de soi, se révélant habituellement au cours d'une rencontre fulgurante avec le Beau. Que ce soit un paysage insolite, une situation émotionnelle intense, un temps de repos et de relaxation unique, une personne hors pair, nous ne pouvons pas rester indifférents. Ce genre d'expérience libère inconditionnellement en nous une énergie positive et provoque un sursaut de bonté, dont on ne soupçonnerait parfois pas l'existence en nous.

Dans cet élan de bien-être, on voudrait tellement rendre en même temps le monde meilleur, au moins notre entourage proche. Quelqu'un n'a-t-il pas dit : le Beau sauvera le monde? Ce qui est certain, c'est que le Beau est extrêmement communicatif. Il est ce clin d'oeil, ce reflet, ce bref signal que nous sommes capables de nous envoyer les uns aux autres et qui disent tout simplement qu'on ne s'oublie pas. D'où le choix réfléchi et significatif du thème de notre carte postale, évoquant les instantanés du bonheur qu'on voudrait tellement éterniser. Pour les plus attentionnés, s'y ajoute le choix d'un timbre, parfois de l'enveloppe, et surtout du lieu de l'envoi. Une dimension quasiment cosmique qui rend ce moyen de communication irrésistible : Le nombre de kilomètres que doit parcourir la carte postale avant d'atteindre son destinataire !

Nous découvrons avec plaisir tout ce mélange de sensations exotiques une fois la carte postale arrivée à notre domicile. Nous la lisons et relisons attentivement en visualisant la personne qui a pris le temps de l'écrire. Elle nous permet aussi de voyager, de rêver... Nous la mettons ensuite pieusement en relief, dans le « fouillis » de nos papiers et autres objets, au moins pour un moment.

Quelle que soit la longueur du message écrit à l’arrière de nos cartes, son but est toujours le même : assurer les personnes de la fidélité de nos pensées, de nos engagements envers elle, de notre désir de les revoir au plus vite.

Du point de vue spirituel, ces cartes peuvent revêtir une forme particulière, prenant corps surtout au sein de la communauté des croyants, dont les membres restent toujours liés les uns aux autres par la foi, malgré l'éloignement estival. Cela peut être une prière intense, à l'intention d'une personne, ou encore une visite à un malade, la communion apportée, un service rendu, un temps consacré, un bouquet de fleurs envoyé, un coup de fil inattendu passé.

Reste encore la dernière variante de nos cartes postales, celles qui n'ont jamais été ni écrites ni envoyées et lesquelles ont été tout de même pensées. Nous les rapportons de nos voyages dans nos coeurs ou dans nos bagages et par la suite, un peu gênés tout de même, nous essayons de les transmettre à nos proches. Elles véhiculent souvent toutes les charges émotionnelles positives acquises à nos moments de détente, et que nous voudrions partager avec nos proches. Ce sont également nos meilleures intentions, projets et résolutions pour la nouvelle année professionnelle, pastorale, familiale, amicale. Cela aussi a l'allure de cartes postales, dont le message doit se vivre et se prolonger. Certes, il est plus facile de manifester notre générosité et nos nobles sentiments à distance, via nos cartes postales, qu’en faire preuve à notre retour parfois, pris dans le tourment des mille et une choses quotidiennes, galvanisés par le stress de la rentrée.

C’est justement la cohérence entre les beaux messages transmis et nos attitudes quotidiennes qui témoignera de la vraie beauté de nos cartes postales, écrites ou non, envoyées ou rapportées dans nos valises. Ce qui compte, c'est cet essentiel de nous, c'est ce meilleur de nous qui a su émerger ailleurs, en situation propice, et qui nous pousse à faire évoluer, fructifier et aussi partager avec notre entourage. Et cela est la nature du bien.

Nous vous remerciions chers paroissiens de tous vos signes d'amitié, parvenus d’un peu partout dans le monde, adressés au Père Jean-Pierre ou à moi-même, sous forme de cartes postales ou autres témoignages

Je vous encourage vivement à mettre au service de votre Communauté paroissiale ce que Dieu a pu vous faire découvrir de précieux sur vous lors de ce temps de repos estival. N'oublions pas que le plus beau reste toujours à écrire.

A vous donc les plumes, les tablettes, les smartphones ou le clavier des ordinateurs. Quel que soit le support choisi, il faut qu'il libère la force de l'Esprit qui habite en vous depuis le jour de votre baptême.

Bonne et créative reprise à tous!

Communicativement votre, père Robert, curé.

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Inauguration de l’Espace paroissial Saint-Pierre – Saint-Paul 

Dimanche 21 juin 2015 - Mot d'accueil du Curé 

   Il était grand temps, Monseigneur, que vous veniez à Saint-Pierre –Saint-Paul de Fontenay-aux-Roses. A vrai dire, vous y étiez déjà passé, une fois ou l’autre, en visitant les confins de notre département mais vous n'avez pas encore honoré de votre présence son Vaisseau-mère qu’est cette belle église remplie de fidèles vous souhaitant de tout cœur la bienvenue. Il me semble qu'avec cette visite vous terminez aussi le tour de toutes les paroisses de votre diocèse, ce qui fait de cette visite une sorte, comment dire ?, de "cerise sur le gâteau". Votre présence parmi nous est d'autant plus précieuse qu'elle s'inscrit dans la dynamique de l'inauguration du nouvel Espace paroissial Saint-Pierre – Saint-Paul, que vous allez célébrer tout à l'heure.

   L'action d’inaugurer nous renvoie aux antiques rites grecs et romains, qui étaient de consulter les augures. Ce rite divinatoire consistait primitivement à se renseigner sur l’avenir d’une personne, d’une œuvre, d’un événement ou d’une mission en scrutant des phénomènes naturels ou célestes. A Rome, les ministres officiellement préposés à cet office portaient aussi le nom d'augures. On n'entreprenait aucune affaire importante sans les consulter. Pourquoi est-ce que je vous parle de cela ? 

   Pour nous, les chrétiens, qui confessons et adorons l’unique et le vrai Dieu, la seule source fiable et véridique de renseignements sur le monde, sur son avenir, sur la vie de l’homme, c’est la Parole de Dieu, le Logos. 

Notre Espace paroissial sera justement ce lieu privilégié, dans le diocèse et dans notre ville, où toute personne ayant soif de la vérité de Dieu pourra venir s’étancher ; elle pourra devenir ainsi un « augure » de la Parole de Dieu et la consulter avant d’entreprendre une affaire importante dans sa vie, prendre une décision, ou encore s’en nourrir quotidiennement, comme d’un bon pain savoureux.

Au nom de la paroisse Saint-Pierre – Saint-Paul de Fontenay-aux-Roses, et en tant que curé de la paroisse, j’ai donc la joie d’accueillir à cette occasion tous les amis du projet et tous les invités d’honneur, qui sont venus à notre messe afin de rendre grâce à Dieu pour la renaissance de ce lieu d'Eglise.

   Je salue d’abord cordialement la présence de nos invités anglais, de la paroisse londonienne de Borehamwood, jumelée avec notre commune et notre communauté. Avec eux et avec nos amis allemands de Wiesloch venus il y a deux semaines, nous tachons de reconstruire, à notre échelle, l'esprit de l'Europe chrétienne. Cher père Dominic, chers amis, votre présence nous honore et nous remplit d'espérance pour notre continent oubliant si facilement les racines chrétiennes de sa jeunesse.

   J'accueille avec joie à cette messe les représentants du diocèse de Nanterre et les représentants des Chantiers du cardinal, notre principal bienfaiteur.

Ma pensée particulièrement reconnaissante va à mon économe Monsieur Gilles Pradère, le pilote inébranlable de ce projet ainsi qu'à l'architecte et à toute l'équipe technique paroissiale donnant talent, forces et temps pour mettre sur pied le projet    Nous ne pouvons pas oublier, bien sûr, la présence de nos prêtres, le père François de Sainte-Rita et le père Jean-Pierre ainsi que nos vénérables Sœurs Bleus de Castres, lesquelles, avec leur fondatrice Emilie de Villeneuve, fraîchement canonisée, partagent notre joie. L’importance de cet Espace paroissial pour la ville de Fontenay-aux-Roses est telle que la Mairie est depuis le début un ami moral du projet. A ce titre, j'accueille avec joie les notables de notre ville : Monsieur le Maire, Laurent Vastel et Madame Guilleminot, son maire adjoint. Tous les deux vont assister tout à l'heure à l'inauguration, en tant que témoins privilégiés de l’événement.

Je tiens à saluer tous les fidèles rassemblés ici sans qui ce projet n'aurait pas pu naître, ni prendre son l'envol, ni aujourd’hui fonctionner.

J’accueille enfin de façon particulièrement chaleureuse tous ceux que j’ai oublié d’accueillir officiellement en citant leurs noms, leur dignité et leur fonction et qui sont présents parmi nous.

   Monseigneur, chers amis, à l'époque où certains voudraient récupérer nos églises chrétiennes parce que, d'après eux, elles sont vides et ne servent à rien, sachons prouver le contraire. Non, nos lieux d'Eglise ne sont pas des musées où notre foi serait exposée tel un monument du fond des âges; elles sont toujours les fontaines vivifiantes de nos villes, villages et compagnes. Elles sont de véritables écoles de savoir-vivre entre les hommes et les peuples du même pays. Elles sont de vrais "augures" de la miséricorde de Dieu dans ce monde. Merci.

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(Feuille paroissiale N°39 du 21 juin 2015)

L’Espace paroissial Saint-Pierre – Saint-Paul en fête !

L’inauguration du nouvel Espace paroissial Saint-Pierre – Saint-Paul le 21 juin 2015 par Monseigneur Michel Aupetit, évêque de Nanterre, est un évènement clé pour notre paroisse.

Le mot même inaugurer (en latin : inaugurare) signifie : consacrer, établir un usage, marquer le début, introduire une chose nouvelle. Toutes ces actions trouvent leur résonance spécifique au moment où l'Evêque prononce les paroles de la bénédiction sur cet Espace d'Eglise et coupe le ruban nous permettant d'y accéder et de profiter de sa beauté et de sa fonctionnalité. Comme tous les fruits du travail collectif des hommes, celui-ci a aussi son histoire. Dans la vie de l'Eglise, le passé annonce déjà l'avenir, l'avenir honore le passé et les deux se conjuguent au présent.

Une chaine de solidarité paroissiale et ecclésiale sur plus d’un siècle nous permet de bénéficier aujourd’hui d’un jardin de 1500 m² et de 500m² de bâti rénové à quelques kilomètres de Paris. Notre curé pendant 30 ans au début du 20ème siècle, l’Abbé Victor Basbois, acheta le terrain avec quelques paroissiens en 1907. En signe de reconnaissance, la Paroisse a nommé Salle Saint-Victor la nouvelle salle créée en coupant en deux l’ancienne salle Saint-Joseph. Saluons la mémoire de Jean-Pierre Schneider qui a piloté la construction des années 1960. Saluons les nombreux testateurs et donateurs, qui, par leur générosité au fil des années, ont permis de constituer la réserve de 500 000 euros, qui a financé 60 % du projet. Saluons l’aide des Chantiers du Cardinal, qui, après avoir appuyé la construction des années 1960, ont financé 15% du projet. Nous remercions le diocèse des Hauts de Seine pour le prêt couvrant 18% des coûts et son support tout au long du projet. Merci à vous, chers paroissiens, pour votre contribution en nombre à la souscription, qui témoigne de votre attachement à notre paroisse. Merci à tous les artistes et artisans, bénévoles ou professionnels engagés sous contrat dont l'ingéniosité et la ténacité ont assuré dans la durée l'émergence de ce projet, sa réalisation et son avenir. Leurs noms, connus de nous tous, resteront gravés dans l'histoire de notre communauté paroissiale, mais aussi dans l’histoire de notre quartier et de notre ville.

La rénovation de l’Espace Saint-Pierre - Saint-Paul, malgré, peut-être, de petites nuisances possibles dues à de tels travaux, a été menée de main de maître par notre architecte, Jean Lescot, et par l’entreprise générale de Sergio Peixoto. La gestion serrée du projet nous a permis d’inclure dans le projet, sans dépassements de coûts ou de délai, le magnifique escalier de la salle Saint-Michel, le ravalement du pavillon du gardien et de la salle Saint-Michel. Nous disposons maintenant de trois salles modernes de 95m² à 120 m², de locaux scouts aux normes, de sanitaires flambants neufs, d’un extérieur aménagé en un parvis, un jardin, un parking/espace de jeux et une zone d’accès paysagée.

L’équipement audiovisuel des salles Saint-Joseph et Saint-Victor, l’office attenant, vont nous permettre, par des mises à disposition sélectives, de rembourser le prêt du diocèse. Cette source de revenu viendra aussi compléter le Denier du culte et assurer la pérennité financière de la paroisse.

La troupe scoute, les activités catéchistes, le Secours Catholique, la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, la chorale, les sessions Alpha, nos cycles de conférences et les autres mouvements paroissiaux vont, dès la rentrée scolaire, animer ces lieux. Soyons créatifs, dynamiques, ambitieux, missionnaires. Le diner très chaleureux du 6 Juin avec nos amis de la paroisse Saint-Augustin de Wiesloch nous ouvre la voie.

Que cet espace vive, respire, qu’on y chante, qu’on y joue, qu’on y prie. Secouons la morosité ambiante, annonçons l’Evangile. Allons à la rencontre des fontenaisiens. Ouvrons notre espace Saint-Pierre - Saint-Paul, ouvrons nos coeurs à la Sagesse de la Parole de Dieu.

Notre parvis des gentils, c’est l’espace Saint-Pierre - Saint-Paul.

Père Robert Lorenc, curé et Monsieur Gilles Pradère , économe

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Mot d'accueil du père Robert

pour la messe franco-allemande du 7 juin 2015

   Il y a des moments dans la vie des paroisses, comme celui-ci, d'une intensité particulière où nous expérimentons encore davantage l'universalité de notre Eglise. Nous savons qu'il y a encore des murs et des cloisons dressés dans le jardin de l'humanité "au moyen de la truelle de l'histoire", qui divisent les peuples et les éloignent les uns des autres. Grâce à Dieu, il y en a d'autres, ceux qui rassemblent et rapprochent les nations et leurs cultures. Pour les chrétiens, c’est d'autant plus facile dans la mesure où ils peuvent se référer à la source commune de leur existence - le baptême. Ils sont appelés à être les garants de la paix du Christ. Les murs de nos églises sont particulièrement oints de cette noble mission de rassembler les hommes et les peuples. Ils marquent des endroits où résonnent l'Evangile du Christ dans sa dimension la plus humaniste, plateforme de toutes les valeurs véritables qui protègent l'homme et sa dignité.

   Aujourd'hui, l'espace de notre belle église paroissiale de Fontenay-aux-Roses, dont je suis le curé, a la chance de devenir une fois de plus témoin de l'amitié chrétienne et des rencontres fructueuses entre les deux peuples de la même Mère Europe : la France et l'Allemagne.

   Je tiens à accueillir pendant cette messe solennelle nos amis allemands qui arrivent de  Wiesloch et qui, depuis vendredi soir, partagent avec nous la vie sur la terre de Fontenay-aux-Roses en visitant les plus beaux monuments de notre histoire.

   Je salue de façon particulièrement cordiale tous les acteurs de notre jumelage : le père Alexander, le curé de la paroisse de saint Augustin, qui a succédé au père Berthold Enz et qui prononcera tout à l'heure une brève homélie. Cher Père, vous êtes chez vous ici. Je salue la présence des responsables des mouvements paroissiaux de Wiesloch qui entourent le père Alexander et l'aident dans sa mission de pasteur de communauté. J'évoque en ce lieu également la mémoire de tous les curés prédécesseurs qu'ils soient  allemands ou français - ardents bâtisseurs des liens entre nos deux communautés. Où qu'ils soient, sur la terre ou aux cieux ils se réjouissent de cet événement et nous accompagnent en pensée et par leur prière. Je salue enfin les représentants de notre Mairie et tous les invités officiels qui, par leur présence, confirment l'importance de notre événement paroissial et religieux, pour le bien de l'âme humaine de l’Europe. Que cette Eucharistie célébrée en l’honneur du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ soit un signe visible de notre unité et de notre solidarité chrétienne. Elle est célébrée en présence de ces deux beaux cadeaux offerts par la communauté allemande et exposés sur notre autel : image de leur église paroissiale en fête et splendide bougie à l'effigie de Saint Augustin en évêque.

   Que les principaux saints patrons de nos paroisses respectives et de nos pays : St Pierre, St Paul, St Augustin mais aussi St Boniface, St Denis et St Louis de France nous aident à faire fructifier le très noble héritage chrétien de nos ancêtres dans la foi. Amen.

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(Feuille paroissiale N°37 du 7 juin 2015)

St-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Une visite chrétiennement européenne

Un des fruits que l'Esprit de la Pentecôte donne à notre communauté en cadeau ce week end est la visite amicale des représentants de la ville allemande de Wiesloch. C’est une grande joie pour moi en tant que curé de les accueillir au nom de toute la communauté paroissiale de Saint-Pierre et Saint-Paul de Fontenay aux Roses. Les liens de notre paroisse avec la paroisse Saint Laurentius de Wiesloch sont plus que trentenaires. Nous saluons le Père Berthold Enz, qui a accompagné notre jumelage sur la durée. Tous se rappellent avec émotion sa dernière visite à Fontenay-aux-Roses il y a cinq ans, en Juin 2010.

Le Père Alexander a succédé il y a deux ans et demi au Père Berthold Enz, en tant que curé de Saint Laurentius, la nouvelle entité pastorale de Wiesloch. Il est aussi chez lui à Saint-Pierre et Saint-Paul.

Moi-même, j'ai succédé il y a trois ans à l'ancien curé de Fontenay- aux-Roses, le père Marc Piallat. Il se joint aujourd'hui à nous comme tous les autres curés prédécesseurs - ardents garants de l'amitié entre nos deux paroisses, par la pensée, la prière ou encore de l'au-delà auprès de Dieu. Les curés changent, arrivent et s'en vont en laissant leurs traces, mais nos communautés perdurent, unies et inébranlables, car elles demeurent enracinées dans l'amour du Christ - le seul et unique pasteur éternel – grâce au même événement fondateur, commun à tous les pays de notre vieux continent, le baptême. Cet événement a déclenché l'existence de l'Europe chrétienne et de ses nations. Nous ne connaîtrons jamais assez sa véritable histoire, laquelle, quels que soient ses aléas, a façonné notre identité humaine et chrétienne d'aujourd'hui.

Un des vecteurs d'avenir pour l'Europe chrétienne d'aujourd'hui est justement la collaboration intense et l'entretien fraternel entre les paroisses de différents pays du même continent. L'idée de jumelage spirituel mais aussi culturel, social et matériel entre les communautés de la même Eglise de Dieu, qu'elle soit en Allemagne, en France ou en d'autres pays européens, est à conserver de façon urgente. Elle est aussi un signe visible de la nouvelle évangélisation qui reprend les augustes traditions chrétiennes, deux fois millénaires, qui unissaient nos deux peuples à travers les siècles.

La connaissance mutuelle des traditions chrétiennes, leur coutumes et leur rites, n'est-ce pas une des meilleures conditions d'une vraie amitié entre les peuples et les nations de notre continent ? Leur indéniable héritage spirituel et culturel chrétien défie sereinement certaines initiatives programmées par des forces hostiles à l'Âme chrétienne de l'Europe pour gommer les traces de l'évangile dans la vie de nos sociétés occidentales.

Aujourd'hui, de nouvelles générations de chrétiens, de nouvelles familles, fortes des valeurs évangéliques, se lèvent aussi bien à Wiesloch qu'à Fontenay-aux-Roses et manifestent courageusement leur volonté d'avancer ensemble sur les chemins du Royaume de Dieu, pour construire un monde meilleur dans le souffle de l'Esprit de la Pentecôte.

Ce que nous vivrons ce soir et demain, ce que nous célébrerons ce week-end, en est une des preuves majeures. Vive l'amitié franco-allemande, vive la solidarité chrétienne entre nos deux peuples et nos deux communautés. Que le séjour de nos amis de Wiesloch sur la terre de France et de Fontenay-aux-Roses leur soit agréable et riche en témoignage de foi. Qu'il redore davantage l'emblème chrétien de nos deux pays, terni par le temps et par l'inertie spirituelle des hommes.

Dans la joie de cette rencontre historique,

Père Robert Lorenc

Curé de la Paroisse st Pierre st Paul de Fontenay-aux- Roses

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(Feuille paroissiale N°35 du 24 mai 2015)

 

Jésus promet l’Esprit à ses disciples

Jn 15, 26-27;16, 12-15

Les trois "C" contre les trois "P"

Bien que le monde surgisse de la glaise germant au Souffle de Dieu, son esprit ne semble pas toujours suivre la trajectoire fixée par les lois de son divin Créateur. Il y a là comme une tension permanente entre la réalité du ciel et celle de la terre. Elle est particulièrement palpable à notre époque, se caractérisant par une émancipation de plus en plus violente, telle l'oeuf à l'égard de la poule. C’est d’ailleurs le prix que tous les géniteurs payent pour la maturité de leur progéniture, au point de se demander parfois si leurs enfants sont toujours chair de leur chair et os de leurs os. La déception de Dieu par rapport à l'humanité - joyau de son labeur - a été aussi maintes fois manifestée dans la Bible par un acte, le plus désespéré qu'un "géniteur" puisse jamais avoir à l'égard de sa "descendance", la volonté de l'anéantissement de sa propre oeuvre.

Mais n'est-ce pas également le risque que tous les artistes doivent courir par rapport à leurs oeuvres, dans la mesure où celles-ci donnent l'occasion d'interpréter leur message parfois en contradiction totale avec le sens premier donné par l'artiste au "fruit de ses entrailles"?

Cette tension entre l'Esprit de Dieu qui garantit l'intégrité de l'évolution de son oeuvre et celui du monde, qui ne cherche qu'à l'amputer, ne date pas d'aujourd'hui. C'est le travail de longue haleine d'un autre esprit qui depuis l'aube des temps, lui aussi, cherche à façonner ce monde. Il porte des noms diamétralement opposés à ceux qui ont été donnés par le Christ à l'Esprit de la Pentecôte. Il est donc le désolateur, l'accusateur, le destructeur, le tentateur, le menteur, le manipulateur. Il est à l'oeuvre et souvent au service des plus grands principes humanistes. Aucun domaine de la vie privée ni publique des hommes ne lui échappe. Rien de plus facile que de tomber dans ses filets. Il suffit juste qu'il nous renvoie, par ses slogans hautement soignés, aux exigences désordonnées de notre sacrosainte liberté et nous lui donnons, souvent ou toujours, raison. Il ne s'attaquera pas à nos couronnes. Il sait bien que nous ne n'y tenons que trop. À quoi bon nous contrarier. Il préfère dévorer nos racines méthodiquement et en douceur. Il sait que l'arbre qui est coupé de ses racines reste entièrement à la merci des vents qui l'agitent et l'abattent au moment voulu.

L'éruption du Souffle de Dieu à la Pentecôte a gravement contrarié ses projets. Pourtant, après deux mille ans, il semble gagner encore des batailles, même s'il sait que sa guerre a été perdue le jour de la résurrection du Sauveur.

Son procédé suit la logique du schéma des "trois P" : paresse-passivité-peur.

La paresse dans laquelle il enferme le coeur des hommes ramollit malicieusement leurs pensées par le goût du confort, injecté dans les veines de leur organisme sentimental. Cela engendre automatiquement chez nous la passivité suave par défaut de défis et de désirs nobles, et nous tombons aux champs de bataille que sont nos canapés-fauteuils-lits. La menace qu'il laisse planer dans les airs de nous priver de si confortables situations, produit la peur qui paralyse nos dires et nos faits et qui nous tient tels le mors asservissant le cheval tout entier.

Que faire?

Lui opposer un autre schéma, celui des "trois C": critique-confiance-courage.

Car la bonne critique, l'émanation de l'intelligence seine et droite, forge des convictions nobles dans l'esprit de l'homme. Celles-ci construisent les remparts solides de notre liberté. L'avenir de ce bien précieux exige une confiance inébranlable en la transcendance de la force suprême qui nous tire vers le haut et empêche de stagner dans le conformisme. La conscience de la dignité de citoyen du ciel éveille le chevaleresque courage pour défendre nos passeports de baptisés et la royauté de Dieu dans ce monde.

Les trois "C" contre les trois "P". Faites votre choix!

Puisse l'effusion de l'Esprit Saint dont nous jouissons ce dimanche secouer violemment les cénacles de notre vie et faire sauter tous les verrous apposés systématiquement sur les portes et les fenêtres du coeur des croyants par l'esprit mondialement correct. Quelqu'un n'a-t-il pas dit que le jour de la Pentecôte tous les miracles sont possibles?...Il suffit juste de vouloir .Il suffit juste d'y croire....

Bon réveil dans l'Esprit à tous!

Père Robert, curé

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(Feuille paroissiale du 5 au 12 avril 2015 N°29)

Pâques

Il faut si peu pour ressusciter !

On nous demande souvent tant d'efforts pour devenir des croyants et pourtant il en faut parfois si peu pour trouver la foi. Peut-être suffit-il seulement d’un ultime repentir comme le bon larron attaché à l'instrument de sa torture : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ! » ou un constat poignant comme celui que le soldat païen fait après l'agonie du Juste: « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! » ou encore cet aveu émouvant de l’occupant gradé étranger qui traverse les siècles et raisonne dans toutes nos églises: « Seigneur, dis seulement une parole... »

On nous impose souvent tant de renoncements pour nous libérer de nos penchants mauvais et pourtant il suffit parfois de si peu pour acquérir  la vraie liberté des enfants de lumière... Comme cette confrontation providentielle entre la femme prise au piège et les douces paroles de la seconde chance: « Moi non plus je ne te condamne pas... va et ne pêche plus » ou cette rencontre inattendue au bord d'un puits dans le désert en plein midi qui arrache à la Samaritaine ce cri : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! » ou enfin cette invitation à devenir «plus que parfait», invitation  accompagnée d'un grand élan d'amour: « Vas, vends tout ce que tu possèdes, ensuite reviens et suis moi... »

On exige souvent de nous tant d'actions charitables pour dire que notre cœur est bien disposé pour l'amour de Dieu et du prochain, et il faut parfois si peu pour voir l'autre comme Dieu lui-même nous regarde .... Il suffit peut être juste de grimper sur le sycomore de notre existence pour voir plus haut que notre propre nez, pour ne pas rater Celui qui passe et l'inviter dans notre demeure... ou oser ce geste de courage extrême d'une femme essuyant les pieds du Christ avec ses propres cheveux… ou juste céder notre propre tombe flambant neuve à un défunt sans domicile… 

En vérité, il suffit parfois de si peu pour ébranler notre petitesse existentielle et toucher « le gros lot » de l'Éternité bienheureuse. Voici la Nuit de tous les miracles ! – le temps pour dérouler notre vie sur l’arc-en-ciel de la Nouvelle Terre et rebondir dans l’avenir en hommes libres tels des Phénix transformant les cendres de notre mort en la sève de l’homme nouveau. Mais avant - juste un étonnement amoureux de Marie Madeleine devant le tombeau vide du lendemain… juste ses larmes  en présence du Jardinier.... juste une réflexion de Pierre se souvenant de tout ce qu'a dit le Maître... juste l'enthousiasme juvénile de celui qu'on nomma le disciple bien-aimé...

Une seule chose est en fait nécessaire : se pencher au-dessus de la cuve baptismale et accueillir au plus profond de son être ces paroles qui font trembler le Diviseur: « je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». En effet, que nous soyons des ressuscités de la première heure ou ceux de la dernière, il n'est jamais trop tard pour dire : « Seigneur et mon Dieu ! Tu sais bien que je t'aime... »

Avec le Ressuscité, merveilleuse lancée à tous !

Pascalement votre, père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale - N° 20 du 25 janvier 2015) 

 Un temps de guérison

Chaque prise de position violente, qu'elle soit gestuelle, verbale ou crayonnée, peut engendrer une autre violence, le plus souvent disproportionnée voire barbare, car amplifiée par l'émotion, donc, d’emblée, incontrôlée. Les tragédies récentes qui ont secoué la France en sont malheureusement l'exemple le plus spectaculaire et reflètent également cette logique. Mais ces tragédies, y compris le terrorisme sévissant sur la terre des hommes libres, trouvent leur fondement aussi dans la façon dont notre société promulgue, encourage et diffuse en son propre sein, au nom de la liberté, la violence, par la banalisation de ses méfaits auprès des plus jeunes, par l'esprit d'impunité qui paraît régner. Tels sont hélas les paradoxes de la nature humaine, surtout lorsqu’est touchée dans sa dimension religieuse.

  Après un temps de deuil national, et la marche historique de solidarité, aux vertus thérapeutiques pour un pays blessé dans sa chair, l'heure est aux comptes. Elle fait partie de la dynamique de ce «grand sacrement des malades» que vit notre peuple en vue de sa guérison : sociale, politique, morale. Une question gordienne s’abat sur la conscience de la République : A qui la faute? Qu’est ce qui aurait dû être fait ? Ou ne pas être fait, pour éviter un tel crime? Libérés un peu de la pression médiatique, nous faisant vivre ces derniers jours des scènes dignes d’un des pires feuilletons d'horreur américain, et donnant parfois des réponses immédiates et toutes faites, il est temps de s'asseoir et de réfléchir aux causes profondes d’un tel drame, pour désinfecter les plaies et pouvoir se mettre vraiment debout en tant que peuple et nation. Ces questions concernent surtout la nature même de notre liberté, ses limites, ses horizons, son rôle et sa définition. Notre vraie liberté personnelle, telle qu’elle doit se vivre dans un monde civilisé, semble poser deux questions : Celle de la forme intelligente à donner à ses expressions, dans leur diversité, ainsi que celle du respect des valeurs fondamentales.  Ne serait-elle pas, paradoxalement, définissable justement par rapport à ses limites, dont la transgression serait une menace pour la liberté ? Pouvons-nous nous permettre d’être continuellement condamnés à être confrontés à toutes sortes de violences au nom de la liberté mal comprise? Ce beau pays, ce grand pays qu’est la France ne mériterait-il pas un effort de la part de ses dirigeants et de ses citoyens pour associer au droit fondamental de la liberté le devoir de la responsabilité ?

  Pour comprendre cela, une prise de conscience élémentaire est nécessaire: La toute liberté de notre pays est beaucoup plus qu’une simple addition de toutes nos libertés individuelles, souvent par leur nature tant individualiste que revendicatrice. Ce qui rend la toute liberté d’un peuple noble et constructive, c’est son souci constant du bonheur de l’autre, qui doit être garanti et protégé.

 Les chrétiens, de par la  nature de leur message religieux, situent leur liberté personnelle dans l’esprit du service et du respect de la personne humaine à l'exemple du Christ. Voilà pourquoi chaque chrétien, avant qu'il ne soit "qui que ce soit" prend conscience qu'il est d'abord Christ. C'est donc dans le Christ bafoué, meurtri, insulté, crucifié, mort et ressuscité, que chacun des chrétiens a pu s'identifier pleinement à toutes les victimes innocentes sans se faire pour autant récupérer par une quelconque idéologie du moment.

 En ces moments d'épreuve historique, tous nous étions les personnes assassinées, à cause de leur différence, leur statut, religion ou fonction. En ce moment, tous, nous sommes le peuple de France blessé mais se tenant fièrement debout. En revanche, tous ne sont pas obligés de se reconnaître comme «Charlie», au sens de cautionner son message habituel. Le prétendre sous le coup de l’émotion, ou se sentir obligé de le faire sous peine d’être frappé d’anathème serait aussi une atteinte manipulatrice à notre sacro-sainte liberté. En ce temps de grande guérison nationale, que vit notre société, nous devons tous faire attention à ce que ne se réalise pas par hasard ce qui a été déjà dénoncé par Bossuet en ces termes : «Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l’appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu’elle en entende seulement le nom». Il y a une multitude de personnes qui a une culture de la liberté d’expression différente, et elle en a le droit, tout en restant fervente humaniste. Reste la question : Jusqu'où peuvent alors aller nos libertés individuelles, dans ses expressions les plus diverses ? La réponse réside en notre conscience : aussi loin qu'elles ne dressent pas au passage des murs entre les uns  et les autres, en raison de leurs différences culturelles, religieuses ou ethniques. Autrement dit, la vraie liberté s'arrête là où commence la haine. Et la haine a différents visages… A nous de les démasquer et les guérir.

Fraternellement votre curé, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N° 16 du 25 décembre 2014)

Un Noël dévitalisé ?

Chaque année il le devient hélas davantage. Religieusement parlant, ce phénomène ne peut nullement nous priver de la joie indicible qui découle de la célébration de l’anniversaire de la naissance de Jésus, l'unique Sauveur du monde. Mais il n'en reste pas moins que notre cœur s’emplit d'une certaine angoisse. Voila pourquoi cela mérite toute notre attention le jour de Noël, si menacé dans sa propre essence. 

La "dévitalisation" progressive de Noël n'est pas uniquement due à la situation spirituelle de ceux qui le célèbrent. La vie familiale des fidèles reste encore le seul espace où l'esprit de Noël peut être sauvé, dignement réhabilité et chrétiennement vécu. Ma remarque concernerait plutôt l'espace public, « officiel », de la vie d'un pays de culture encore majoritairement chrétienne, tel le notre, et de sa société désorientée, qui se veut laïque.

Noël est de plus en plus mal aimé, mal mené et mal vécu comme s'il représentait symboliquement un vrai danger pour la survie d'une pensée idéologique hostile au statut doublement millénaire de cette fête.

Théologiquement moins importante que Pâques, elle représente pourtant, socialement, un enjeu plus important que la plus grande fête des chrétiens. La raison est claire. Nous devinons l'objectif principal de la neutralisation progressive de cette fête. Ce qui est visé, c'est la famille et tout ce qui concerne son milieu naturel comme le foyer, la vie intime du couple, l’autorité parentale, l’éducation des enfants, la tradition, et je pourrais même ajouter ... .le feu de cheminée…

Le désir de contrôler la moindre parcelle de l'existence de l'homme ne date pas d'aujourd'hui. Il fut le souci primordial de tous les régimes totalitaires qui voyaient dans l'indépendance de la famille, comme cellule fondamentale de la société, une vraie menace.

Aujourd'hui, bien que nous ayons la chance de vivre dans un pays de droit démocratique, la même tendance s'est mystérieusement introduite dans le tissu social du pays et se fait sentir de façon destructive. Elle opère avec puissance et une intelligence incroyable. Ainsi, au nom de l'incompressible préférence idéologique, on va imposer des sapins métalliques et on s'attaquera aux crèches et aux feux de cheminées - le centre du foyer depuis l'antiquité. Au nom de la sacrosainte déesse dénommée  "La Crise", on enlèvera la solennité et la beauté des décorations, déjà laïcisées au maximum par les grandes enseignes commerciales ou certains quartiers. Même l'Église, dans le souci du respect du sommeil de l'homme obligé de travailler peut être le dimanche, avancera la traditionnelle messe de minuit de Noël à des heures plus convenables. 

Le concept de la pensée unique peut gangrener la vitalité d'une communauté de foi de l’intérieur, à partir du moment où l’un de ses membres tente d’imposer sa vision des choses, fut elle ingénieuse, sans tenir compte de la corrélation ecclésiale de sa place parmi les autres. Dans combien de paroisses la création de la crèche ou l'organisation de la messe de Noël devient-elle objet de discorde?... Paradoxe par excellence.

Ainsi, Noël est bien menacé de se voir banalisé et évincé, voir remplacé par autre chose ou tout simplement par un jour de travail comme les autres. Question de temps. Mais peut-être, à vrai dire, nous faudra t’il en passer par là ! Peut-être faut-il que le "faux" Noël de nos rues et du commerce agonise afin que le vrai Noël d'Emmanuel ressuscite dans nos maisons et nos églises !

Pour l'instant, allons tous à la crèche pour y retrouver un peu de l'innocence de notre enfance. Aussi longtemps que l'homme d'aujourd'hui, déboussolé, trompé, fatigué et déçu, arrive à mettre le cap sur la crèche de Bethléem, aussi longtemps il y aura pour lui de l'espoir. Espoir qu'il trouvera dans la naissance de l'Enfant du Ciel, sa propre renaissance pour une vie digne d'enfant de Dieu.

Bonne et optimiste fête de Noël à tous !

Votre curé, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N° 3 du 21 septembre 2014)

«Parce que personne ne nous a embauchés !»

Telle fut la réponse des volontaires prêts à travailler dans la vigne de la scène évangélique (Mt 20, 1-16). En revanche, personne ne pourra faire un tel reproche à la vigne qu’est notre paroisse !

Ici, on engage toujours ! «Jour et nuit», on embauche, car le soleil ne se couche jamais sur les affaires du Royaume des cieux. Aujourd’hui, l’Eglise, cette « Entreprise céleste », sort dans les rues et sur les places pour offrir, au nom de Dieu, une embauche à durée d’éternité ! Nous le proposons surtout aux nouveaux, que nous accueillons de façon solennelle ce week-end. Nous leur proposons de se mettre au service de Dieu et de leurs frères en Jésus Christ.

Pas mal comme travail ! Le salaire est incommensurable : la vie de Dieu. En plus, on ne s’ennuie jamais.

Vous venez d’arriver à Fontenay-aux-Roses ? Vous y résidez déjà depuis un certain temps ? Vous avez surement pris le temps nécessaire pour vous rendre compte de la beauté des lieux.

Si vous êtes là aujourd’hui, avec nous, c’est que vous avez pris conscience que vous êtes bien paroissiens de la Communauté Catholique de Saint-Pierre et Saint-Paul, dont l’église se situe en plein cœur de la ville. Peut-être même avez-vous déjà pris contact pour la célébration religieuse d’un événement important de votre vie familiale.

Quelle que soit votre situation, sachez que nous nous réjouissons de votre présence parmi nous et nous vous invitons à nous rejoindre dans «la Vigne du village».

Nous avons la chance qu’elle soit chaleureuse et verdoyante, chacun peut y trouver sa place, et le bonheur aussi, avec Dieu et ses frères. La nouvelle année pastorale s’annonce dynamique, avec la perspective des travaux de rénovation des salles paroissiales de la rue Paoli. Nous comptons sur vous pour la rendre encore plus attrayante. Alors, si vous voulez profiter pleinement de tout ce que notre ville peut vous offrir, prenez votre place dans l’église paroissiale. Vous y trouverez, en récompense, ce qui est juste. Vous pourrez vous épanouir spirituellement, en toute liberté, et dans la confiance des «enfants de Dieu». Vous vous sentirez utiles, appréciés, aimés, et pourrez acquérir ce qui manque tellement à notre époque : la stabilité. Quant à nous, les anciens, menons une vie digne de l’Evangile du Christ pour reprendre la pensée de saint Paul. De toutes nos forces, et en donnant l’exemple authentique de la foi chrétienne à nos nouveaux frères, cherchons ensemble le Seigneur tant qu’il se laisse encore trouver. Invoquons-le tant qu’il est proche. Les temps sont si incertains…

Bonne et chrétienne nouvelle année pastorale à tous !

Père Robert Lorenc, votre curé.

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(Feuille paroissiale - N° 1 du 7 septembre 2014)

Des vacances «abimées…»

«Cela nous arrive de partout !...» me répondit une paroissienne qui, de façon synthétique, répondait à la rituelle question que je lui posai : «Alors, les vacances, cela a été?...» Ensemble, on en a conclu tout de même que l’on ne se laisserait pas aller... A l’occasion des retrouvailles de rentrée, pour nombre d’entre vous, peut-être ce genre de dialogue vous est familier. C’est tout à fait naturel. En effet, il y a de quoi être déçu des hommes en regardant de quelles atrocités ils sont capables. Hélas, ces vacances ne nous l’ont que trop démontré.

Déçus des hommes ? Oui ! Mais pas de l’Homme et encore moins de Dieu. Car de même que le mal agit dans le monde de façon si spectaculaire, Dieu est toujours à l’œuvre, plus discrètement, certes, mais à long terme, plus efficacement. Cependant, dans la durée, il a besoin de l’aide des hommes de bonne volonté. Dénoncer le mal, dire son nom, ne pas lui permettre de s’installer dans nos relations et notre vie - tel est le message commun des trois lectures de ce week-end. Chose facile à dire mais comment s’y prendre ? Faut-il encore savoir l’accomplir tout en ayant souci de l’homme envahi et asservi par ce Mal. A l’époque d’Ézéchiel, de saint Paul et du Christ, ce ne fut pas facile non plus. Mais la charité est comme un fleuve. Elle trouve toujours son chemin.

En effet, comment peut-on crier la souffrance, l’injustice et le refus de la barbarie humaine qui opère dans le monde, si l’on prive la société du vrai sens de la parole en lui imposant un langage «idéologiquement correct» qui n’a jamais voulu dire quoi que ce soit ? Un des plus grands pièges du Mal de ce siècle, dans lequel nous tombons tous, c’est de se faire priver de l’usage de la parole vraie et véridique qui aurait un nom, un sens et une saveur, et qui, par là, reflèterait la vraie réalité des choses. Aujourd’hui, par exemple, en parlant d’une personne assassinée, martyrisée ou tout simplement morte, on dira «corps retrouvé sans vie…». Exactement comme l’on dirait «corps retrouvé sans portefeuille.» Quelle banalisation de la vie et de la mort ! Que cet exemple hautement esthétique nous dévoile toute l’hypocrisie du langage qui nous lie les langues. Au moins reste-t-il encore dans le cœur des hommes leurs pensées, qu’aucune force n’a jamais pu éteindre.

Alors, avec les moyens qui nous sont encore permis, avec nos prières humbles et pauvres, d’autant plus pauvres qu’hélas, elles aussi sont devenues de plus en plus malmenées par les vents et les courants, faisons face à la dégradation de l’être humain. Puisse Dieu entendre le sens profond de nos supplications et décortiquer leurs tournures conformées.

Comment ne pas citer, pour conclure cet éditorial, un avertissent sévère de saint Jérôme :

«Chrétien ! Tu rendras compte du monde entier !» J’ajouterai seulement avec légitimité ceci : «non seulement de tout le mal que tu peux faire toi-même, mais aussi de tout le mal que tu auras laissé faire par les autres, par ton silence ou ta tiédeur».

Bonne et chrétienne rentrée à tous !

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale - N° 39 du 29 juin 2014)

«L’Ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : lève-toi vite !»

Il n’est pas donné à toutes les paroisses de finir leur année pastorale et scolaire le jour de leur fête patronale. Notre communauté a la chance de célébrer son dernier dimanche avant les grandes vacances le jour de la solennité de ses deux patrons majeurs, saint Pierre et saint Paul. Cette solennité exista déjà à Rome au temps du pape St Léon le Grand et elle est une fête commune avec les églises de rite byzantin. Naturellement donc, les deux colonnes de l’Église que nous fêtons aujourd’hui donnent, selon leurs charismes distincts, la couleur ecclésiale bien déterminée à nos actions de grâce, en nous projetant sous un angle spécifique en cette période de vacances d’été. Selon les lois de la dialectique, cette période ne peut être vraiment appréciée que si l’on a vécu préalablement une année d’intense travail et de fatigue. Je crois que ce fut légitimement notre cas. Le temps de repos bien mérité sera alors d’autant plus appréciable.

Mais le temps de vacances peut aussi devenir, gratuitement, un point de départ inattendu, un tremplin miraculeux, un réveil spectaculaire, une occasion d’entamer une nouvelle situation existentielle pour tous ceux d’entre nous qui ont eu l’impression cette année de «stagner» ou «de s’être senti à coté de la plaque», ou pire, d’être emprisonné par quelque chose. Souvent la sensation d’un échec social, professionnel ou spirituel paralyse nos mouvements et réduit notre espace vital. Rien de mieux alors que de faire une pause mais… ailleurs. Il faut tout faire pour savoir prendre le temps de partir, quitter la prison de nos routines. Une rencontre avec une personne hors du commun, une visite d’un haut site historique ou spirituel en France ou dans le monde, une expérience mystique ou apostolique, un éventement d’une joie ou d’une souffrance, ou tout simplement un changement d’entourage, tout cela peut nous arracher à une sorte de «stérilité» existentielle et nous remettre sur les rails d’une nouvelle vie. Il ne faut pas attendre une intervention céleste comme ce fut le cas de saint Pierre pour faire se briser les chaines de nos dépendances. Ceux qui ne peuvent malheureusement pas faire un tel déplacement physiquement doivent au moins effectuer leur voyage à travers les pages d’un livre ou en s’évadant avec un film, ou peut-être en entrant au pays des «mille et une prières...».

Si le pays de la prière nous était bien étranger jusqu’alors, il se peut que nous y découvrions des horizons nouveaux, capables de donner le goût du renouveau. Quoi qu’il en soit, cette expérience est souvent tellement unique et intime qu’en fin de compte elle ne peut être connue que de nous même et de Dieu. C’est alors seulement que chacun d’entre nous pourra paraphraser pour son compte la réflexion de saint Paul : «Même si tout le monde m’abandonne ; le Seigneur, lui, m’assiste.».

Puisse ce temps de ressourcement physique, psychologique et spirituel vous faire redécouvrir, chers Paroissiens, la Force libératrice de Dieu qui ne se trouve nulle part ailleurs qu’en vous-même. Quel que soit votre nom aujourd’hui, l’ange du Seigneur vous dit : «Lève toi vite, mets ta ceinture et tes sandales, mets ton manteau et suis-moi !».

Bonnes et fructueuses vacances à tous ! Rendez-vous en septembre… pour un nouveau départ !

Votre pasteur reconnaissant,

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale - N° 32 du 4 mai 2014)

Deux papes au ciel, deux papes sur la terre et saint Louis dans les airs …

Depuis dimanche dernier, le panthéon des saints de l'Eglise catholique s'est enrichi de deux nouveaux êtres de lumière et de paix que beaucoup ont vus et côtoyés encore de leur vivant. Ce sont saint Jean XXIII et saint Jean-Paul II, tous les deux papes. Nous entendons encore au creux de notre cœur la résonance de leurs voix, sur nos visages se reflètent leur sourire amical et certains d'entre nous se souviennent encore d’une poignée de main, d’une accolade chaleureuse ou encore de la force de leur bénédiction. Si leur sainteté a été dans la conscience des fidèles une chose acquise depuis longtemps, selon la célèbre expression santo subito, le fait de l'officialiser dans un acte hautement solennel et prononcé ex cathedra par l'Evêque de Rome, a donné à cet avènement une vraie dimension d'universalité ou, si l'on veut, de catholicité. Ce fait est d'autant plus rare qu'on vient d'élever au plus haut niveau de la reconnaissance humaine deux papes en présence de deux autres papes vivant encore, légitimes, qui vivent parmi nous et dont nous pouvons toucher les soutanes blanches. Certains pourraient bien dire : «trop de papes tue le pape», mais nous ne sommes pas là pour faire du mauvais esprit… En effet, cela n'arrive pas souvent dans l'histoire de l'Eglise de voir, sur la hauteur des autels, ceux que nous avons rencontrés aux croisements des chemins de notre vie.

Un exemple semblable me vient quand-même à l'esprit. Il date d'il y a 800 ans.

Il s'agit bien sur de la très célèbre et pieuse personne de saint Louis, le bon roi de France dont l'anniversaire a été célébré le 25 avril dernier. Dois-je vous rappeler que son glorieux portrait trône dans un des plus beaux vitrages de notre église, veillant sur notre foi et notre charité ?... Peut-être la préparation de la canonisation de deux derniers grands héros de la sainteté a-t-elle poussé les plus importants médias de notre pays à passer sous silence ce haut fait d'histoire. Il n'en reste pas moins qu'il y a huit siècles a vu le jour un autre géant de la sainteté, qui a vraiment changé la face spirituelle et politique, non seulement du royaume de France, mais aussi de l'Occident chrétien. Canonisé 27 ans après sa mort selon les plus strictes exigences du procès de la canonisation, il a donné, lui aussi, l'occasion à tous ceux qui vivaient dans le parfum de sa sainteté, de son vivant, de se réjouir de la reconnaissance officielle de sa sainteté mise au service des pauvres, de son peuple et de l'honneur de la chrétienté. Ainsi son plus grand ami Joinville dira qu'aucun homme n'a vécu si saintement toute sa vie comme lui, et le grand "ennemi" de l’Église, Voltaire, dira aussi dans un instant d'inspiration divine, que personne ne pourrait aller plus loin dans la pratique des vertus humaines que saint Louis.

C'est pour cela que mon petit sens ecclésial et le mystère de communio sanctorum , qui était pour Louis IX l’un des articles les plus évidents de la foi, me font dire que si nous avons aujourd'hui ces deux lumineux témoins du Christ Ressuscité, Jean XXIII et Jean-Paul II, c'est parce qu’il y en a eu un autre, il y a huit siècles - le saint monarque français dont le trône devenait déjà de son vivant - l'autel et sa couronne - l’auréole.

En effet, l'Eglise est un miraculeux système de « vases communicants » rempli d’une précieuse sève qui ne se périme jamais - la sainteté. Auriez-vous la curiosité de découvrir pourquoi votre curé mentionne toujours, dans chaque canon eucharistique de la messe, le nom de saint Louis, tout de suite après celui des apôtres ?

Vous avez pour cela cette année ludovicienne, mais aussi toute votre vie. Ne ratez pas une telle occasion !

Ludoviciennement votre, Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale - N° 16 du 22 décembre 2013)

Avec ce quatrième dimanche, le temps de l’avent 2013 touche à sa fin. Il prend fin dans trois jours devant la crèche qui resplendit dans notre église. Elle est un pâle reflet de toute la beauté de la foi et de la culture chrétienne, presque doublement millénaire, de la Terre de France.

En effet, dans peu de temps, cette crèche accueillera la Lumière du monde – source et principe de toutes les attentes des hommes. Il nous a fallu du temps pour préparer sa venue. Comme il a fallu du temps à l’humanité pour que « le Verbe se fasse chair et habite parmi nous». Et si nous sommes ici, participants à l’ambiance spirituelle de Noël, c’est parce que les tâches, de toutes sortes, des préparations matérielles n’ont pas entravé l’essentiel – la conversion du cœur. Tous les chemins de l’homme convergent vers l’événement de Noël. Pour certains, le Noël évoque le monde féérique d’enfance innocente et multicolore. Pour d’autres, Noël est tout sauf l’événement religieux. Pour d’autres encore, c’est une vraie rencontre entre le ciel et la terre. Quels que soient l’histoire et les aléas de la vie de l’homme, ses chemins peuvent devenir ceux de retour vers Dieu, si seulement il est capable de se pencher juste cette nuit sur la crèche de Jésus et de prêter l’oreille à son message. Ne serait-ce que pendant quelques instants. Tout peut basculer. Tout peut prendre alors un nouveau départ.

Comme Joseph et Marie, partons nous aussi vers Bethléem. Comme eux empruntons les chemins de la paix. Qu’ils nous guident vers la découverte de l’Enfant Dieu, Prince de la Paix, dont le sourire peut changer notre vie. Dans la pénombre de notre nuit, écoutons la voix des prophètes. Elle éclairera le pas que nous avons à faire aujourd’hui pour repartir plein d’espérance en un monde meilleur.

Avant de se mettre à la table de fête, ou au moment de l’échange des cadeaux, offrez vous, la nuit de Noel, le plus beau présent du monde – le cadeau de la paix, du pardon et de la réconciliation. Offrez vous la paix dans vos familles, dans la vie de vos couples, dans le milieu du travail. Selon les traditions populaires de certains pays, la nuit de Noël est une nuit de miracles, les plus surprenants, ou la nature même exprime son émerveillement devant le Maître des temps et de l’espace, devenu tout petit Enfant. Ainsi, les éléments s’apaisent, les animaux se parlent, le cœur de l’homme se bonifie…Ne perdons pas une telle chance, ne gâchons pas une telle occasion. Osez cette nuit être des artisans de miracles.

Cette nuit tout sera possible ! Il faut y croire seulement. A vous tous, chers paroissiens de Fontenay, et chrétiens venus d’ailleurs, je souhaite une très belle conclusion de l’Avent, une sainte fête de Noël et une paisible Nouvelle Année 2014 !

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale - N° 10 du 10 novembre 2013)

Afin que la parole de Dieu poursuivre sa course…

Pour cela, selon la lettre réaliste de saint Paul, il est d’abord nécessaire de prendre conscience de toutes les difficultés qui entravent la poursuite de sa mission.

La principale difficulté est celle qui a toujours été, étrangement, trop minimisée par les chrétiens : leur quiétisme déroutant. Saint Paul y fait clairement allusion : Tout le monde n’a pas la foi et tout le monde n’est pas gentil avec nous, même si nous souhaiterions le contraire. Nous ne pouvons pas y échapper. La logique est claire. Plus vite nous le comprendrons, mieux cela sera.

En revanche, ce que les chrétiens peuvent et doivent faire, s’ils veulent réaliser leur vocation de baptisés, c’est créer des liens de solidarité entre eux, plus forts que jamais. Autant saint Paul nous rappelle le ciment de cette solidarité - la prière ardente devant le Seigneur, le seul capable de nous affermir et de nous protéger du Mal, autant votre curé est dans l’obligation de vous rappeler un autre devoir plus « terre-à-terre » et qui exprime concrètement cette solidarité, votre contribution au denier de l’Eglise, appelé classiquement le denier du culte. Pour l’année 2013, il est encore temps d’assumer ce noble devoir !

Votre solidarité matérielle, exprimée dans ce geste, constitue la ressource essentielle de la vie de votre paroisse et permet à l’Eglise un apostolat généreux auprès de tous, jeunes et moins jeunes, et aide aussi, entre autre, à entretenir les bâtiments paroissiaux. Le Denier de l’Eglise fait vivre la paroisse, donc il assure aussi la poursuite de la course de la Parole du Seigneur. Votre denier du culte, petit ou grand, nous permet enfin de faire face au monde de compétitivité atroce tant sur le plan de la communication que de la logistique. Aidez votre paroisse à persévérer dans l’attente du Christ sans qu’elle ne perdre cœur ! Soutenez l’évangélisation de ce monde souvent hostile, par votre prière et par vos dons.

Que la Trinité Sainte affermisse votre cœur dans tout ce que vous pouvez faire et dire de bien pour nourrir et maintenir la solidarité entre les chrétiens.

Je vous remercie d’avance du bon accueil que vous ferez à ce message.

Solidairement votre, père Robert Lorenc,Curé.

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(Feuille paroissiale - N° 5 du 29 septembre 2013)

D’où vient notre cathédrale ?

A l’occasion de l’inauguration solennelle de la cathédrale de Nanterre – église mère de toutes les églises diocésaines, voici quelques mots de rappel de son historique. Le mot même de cathédrale dérive du mot latin catedra ce qui signifie « siège ». L’église où se trouve donc le siège de l’évêque du lieu est une cathédrale. Dans ce sens, même la plus modeste chapelle ou l’église paroissiale la plus petite soit-elle, peut devenir cathédrale du moment où l’évêque y installe son siège et y enseigne. Il en est un peu ainsi avec la cathédrale de notre diocèse, laquelle n’a rien à voir avec les splendides bâtisses gothiques parsemant un peu partout la terre de France. Pourtant, son histoire évoque son auguste passé, enraciné dans la grande histoire du christianisme de notre pays. Voici ce que nous en dit brièvement le site diocésain de Nanterre. « A l'origine, une chapelle avait été construite autour du puits de la maison de Sainte-Geneviève : l'eau de ce puits aurait guéri la mère de Geneviève de sa cécité. Cette chapelle a longtemps été un lieu de pèlerinage où vinrent notamment Saint-Louis et sa mère Blanche de Castille. L'église a été restaurée à plusieurs reprises : du bâtiment d'origine, il reste seulement le clocher actuel, qui date du XIVe siècle. Le puits de Sainte-Geneviève se trouve actuellement dans la cour du presbytère. En 1924, un vaste programme de reconstruction d'une basilique de style romano-byzantin est engagé. Finalement, seuls le chœur, la coupole et le transept (la nef transversale) seront construits. La façade et la nef, qui se trouvaient à l'emplacement du parvis actuel, sont finalement détruites en 1972 : la nouvelle façade en métal et verre est réalisée en 1974 avec une porte monumentale en métal et verre.

Parmi les éléments architecturaux majeurs :

• mille mètres carrés de fresques particulièrement riches et opulentes, réalisées sur les voûtes du chœur et les absides,

• une grande verrière de vitraux représentant les mystères du rosaire,

• la porte d'entrée monumentale sur le thème du buisson ardent.

Depuis septembre 2012, de nouveaux travaux d'aménagement et de rénovation ont été engagés pour restaurer les fresques, agrandir le chœur et la sacristie, augmenter d'un tiers le nombre de places assises, moderniser l'éclairage et la sonorisation et enfin réaménager un lieu de prière autour du puits de Sainte-Geneviève. Ces travaux menés sous la direction de l'architecte Jean-Marie Duthilleul sont financés à hauteur de 2 millions d'euros par la ville de Nanterre. Le reste, 3 millions d'euros, a été collecté par le diocèse auprès des fidèles. ».

Mais n’oublions pas que, de même que chaque église paroissiale est d’abord une communauté de pierres vivantes que sont ses membres, d’autant plus la cathédrale doit assumer une telle fonction. Elle doit être ce haut lieu de la foi et de l’union entre l’évêque et son peuple. Puisse la nôtre splendidement restaurée aujourd’hui, et sanctifiée dans le passé par la présence de sainte Geneviève et de saint Louis y venant en pèlerinage, remplir la fonction de la cohésion et de la solidarité au sein du peuple de Dieu de Nanterre.

Dans toutes les églises « filles », prions pour cela.

Ecclésialement vôtre, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N° 4 du 22 septembre 2013)

Voilà une prière que Dieu peut accepter

Comment, en effet, ne pas évoquer en ce dimanche la consigne de saint Paul dans la deuxième lecture ? « J’insiste avant tout pour qu’on fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui ont des responsabilités…». J’ajouterai à mon tour aujourd’hui : … et pour tous ceux qui décident de renouer avec l’Eglise, pour tous ceux qui y prennent de nouvelles responsabilités, pour tous ceux qui s’installent dans notre ville et qui s’apprêtent à embellir ses fontaines et roseraies… Cette recommandation de l’Apôtre Paul est hautement sociale et sociétale. La paroisse est pour la Grande Eglise ce que la famille est pour la société. Plus la famille est forte et sereine, plus la société est solidaire et pacifique. Si la famille se désintègre et que ses membres désertent leur foyer, la société devient la proie de tous les dangers. Ceux qui en soufrent toujours le plus, ce sont hélas les enfants.

Pour que les chrétiens, en tant qu’enfants de Dieu, ne se retrouvent pas dans une telle situation, il est urgent de faire revivre toutes les cellules de la Famille de Dieu, aussi petites soient-elles. Car elles sont, pour les chrétiens, les lieux de la foi, indispensables, où la Tradition de l’Eglise rencontre son Avenir en procurant à tous la sécurité et l’Amour. Elles sont les fontaines vivifiantes des villages, des campagnes et des villes où les gens peuvent retrouver leurs repères religieux, culturels et sociaux. Chaque nouvel arrivant , chaque personne qui revient à l’église peut, à sa manière, « détartrer » cette fontaine pour la rendre plus opérante.

Chers nouveaux ou anciens nouveaux,

En arrivant dans notre quartier, vous vous êtes sûrement rendu compte de sa beauté particulière. Ce n’est pas un hasard si la ville porte le nom de Fontenay-aux-Roses. Certes, un tel patronyme est dû à l’emplacement géographique de ce lieu, mais aussi à son histoire, à son paysage culturel, donc aussi à la présence de notre paroisse et à sa vie pastorale, jaillissant sur cette terre depuis 1835. Pour que ce lieu reste toujours vivifiant, nous avons besoin de vous.

En nous réjouissant de votre présence parmi nous, nous vous invitons aujourd’hui à rejoindre la vie pastorale de cette église. Nous avons la chance d’avoir une communauté vivante et chaleureuse, où tout le monde peut trouver sa place et son bonheur avec Dieu et ses frères. La nouvelle année pastorale s’annonce riche et dynamique. Si vous voulez profiter pleinement de tout ce que notre ville peut vous offrir, n’hésitez pas non plus à prendre votre place dans l’église de St-Pierre et St Paul. C’est peut-être dans ses portes que réside la clé de votre bonheur et la réussite d’un nouveau départ. Saisissez-la et bienvenue à tous !

Père Robert Lorenc, curé et son EAP

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(Feuille paroissiale - N° 3 du 15 septembre 2013)

A la découverte du Père Jean-Pierre Hangouka

Découvrons peu à peu le Père Jean-Pierre Hangouka, qui arrive en France pour la poursuite de ses études. La communauté paroissiale est heureuse de l’accueillir et lui souhaite la bienvenue. Chacun pourra mieux faire sa connaissance au fil des semaines, lors des messes, des rencontres ou encore en l’accueillant, par exemple, pour un repas.

Commençons aujourd’hui à faire sa connaissance à travers sa biographie:

Né le 28 janvier 1965 à Boua-Boua (district de Boko Songho) en République du Congo.

Il effectue ses études primaires et secondaires entre Kabadissou, Boko Songho, Loubomo et Pointe-Noire, avant d’arriver en 1989 au Grand Séminaire de Brazzaville pour des études philosophiques.

En 1994, il entame des études théologiques à Brazzaville.

6 septembre 1998 : Il est ordonné prêtre à la cathédrale Saint Louis de Nkayi.

De 1998 à 2002, il est d’abord vicaire puis curé de la paroisse Saint Matthieu de Mbinda.

Entre 2002 et 2005, il est curé de la paroisse Saint Joseph Ouvrier de Loutété, puis aumônier diocésain du Renouveau Charismatique.

De 2005 à 2008, il est en mission d’études en droit canonique à Yaoundé au Cameroun et en octobre 2008, devient professeur de cette même matière au Grand Séminaire de théologie de Brazzaville.

Depuis Octobre 2011, il est Vice-recteur du séminaire.

Aujourd’hui, le Père Jean-Pierre commence une nouvelle étape dans sa vie sur la terre de France et au service de notre paroisse et de notre diocèse. Avec tous les charismes que Dieu lui a donné ainsi que par son expérience pastorale, il contribuera à l’évolution de notre communauté. Puisse Dieu bénir sa mission et mettre sur sa route des chrétiens qui enchanteront davantage encore son amour pour notre Eglise et notre pays.

Bien à vous tous, Père Robert Lorenc, votre curé

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(Feuille paroissiale - N° 2 du 8 septembre 2013)

N’ayez pas peur d’être des paroissiens engagés !

Voilà la phrase avec laquelle je m’adresse à vous chers paroissiens en tant que pasteur au seuil de la nouvelle rentrée. En effet, il s’avère que la question de la foi est aussi la question du courage. Mais autant manifester la foi de nos jours et particulièrement notre appartenance à l’Eglise Catholique exige de nous un certain courage civique, autant se déclarer comme un paroissien engagé et assidu ne dépend que de notre bonne volonté, et cela, sans courir aucun risque, sauf celui de rester fidèles à ses engagements.

Cet été, une fois de plus, grâce aux JMJ, l’Eglise a pris un « sacré coup de jeune », cette fois-ci aux rythmes et aux couleurs sud-américains. Cet événement a du être vraiment important pour l’avenir de cette partie du globe. Espérons qu’il portera maintenant des fruits concrets dans toutes les communautés représentées par ces milliers de jeunes rassemblés autour du Pape François à Rio. Le contexte, dans lequel vit et respire aujourd’hui l’Eglise, nous invite à prendre davantage conscience d’appartenir à une communauté de croyants, à vouloir en prendre soin, mais aussi, à accepter un certain style de vie en résultant, logique même du fait d’être baptisé. Vivre pleinement la vie des baptisés au service de la communauté, porter avec enthousiasme ses couleurs est un de meilleurs moyens pour tisser des liens sociaux, culturels et spirituels et se montrer cohérent. A l’époque où l’on voit tant d’églises risquant d’être vendues ou démolies, sachons construire d’abord l’Eglise vivante de Dieu qui est à l’abri de toute destruction : l’Eglise de nos convictions, de nos traditions et des valeurs évangéliques. Ne laissons pas alourdir notre esprit aux milles pensées par tout ce qui est fait d’argile.

Le livre de la Sagesse. Faisons confiance à l’avenir. Les murs matériels de nos églises vont suivre l’envol de notre esprit !...

Bonne reprise de la pratique à tous !

Amicalement in Christo père Robert, votre pasteur

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(Feuille paroissiale - N° 1 du 1 septembre 2013)

UN autre petit « chez nous » !

Des multiples chemins vacanciers empruntés au cours des deux derniers mois nous ramènent finalement vers notre petit « chez nous ».  Contrairement aux divers chemins du départ, souvent inconnus, celui du retour reprend à peu près le même trajet, celui de nos maisons, nos postes de travail, vers nos voisins et bien sûr vers notre paroisse. Notre petit « chez nous » c’est aussi la place qui nous revient dans notre église et c’est aussi notre curé, notre EAP et tout ce qui fait la vie de notre communauté. Il n’y a plus de doute, les grandes vacances sont finies ! Il en restera autant dans nos souvenirs que dans des nouvelles énergies et des idées astucieuses pour faire face aux exigences de la rentrée. Mais, depuis, le monde a encore changé et sûrement nous avec lui. C’est pour cela que nos retours ne seront jamais les mêmes. Il y a quelque chose de rassurant dans les retrouvailles avec le quotidien, comme si la période de repos trop prolongée menaçait en quelque sorte l’équilibre intérieur de l’homme. Malgré la promesse de ne rien faire pendant les vacances, nous nous apercevons qu’une telle résolution  ne tient pas  la route. Nous ne sommes pas destinés à ne rien faire. Le bonheur n’y résiste pas. Nous sommes créés pour nous dépasser, pour relever des défis, pour nous recréer sans cesse, pour changer la mentalité de la société et être ses artisans. Les moments de « break » ne servent en fin de compte qu’à accroître ce potentiel. Le repos qui se prolonge commence à nous fatiguer exactement comme les bienfaits d’un jacuzzi dont on dépasse l’utilisation de plus de vingt minutes.

Notre prise d’assaut de la rentrée, même la plus justifiée, doit tout de même rester en accord avec la consigne de Ben Sirac le Sage : « Mon Fils, accomplis toute chose dans l’humilité ». Il n’empêche que la frontière entre l’humilité et son antonyme semble être aussi fine que celle entre l’amour et la haine. Il ne s’agira donc que de « le faire » mais aussi comment « le faire ». Ainsi, pour garder l’équilibre dans toute cette agitation post-vacancière, ne devrions-nous  pas fixer une perspective et nous y tenir inébranlablement ? Pour les personnes de foi que nous sommes, la seule perspective que nous puissions viser, c’est celle de l’accès au Royaume. Mais y accéder ce n’est rien d’autre que « faire route avec Jésus ». Il n’y a pas d’autre choix. Et « la route de Jésus » est un chemin qui passe obligatoirement par « l’Humilité de la croix » avant d’atteindre le sommet de la gloire. Quel sera donc notre choix pour cette année ? Ferons-nous juste partie de ceux qui de peur de ne paraître orgueilleux ou prétentieux ne feront rien et se cacheront dans les plis de la tunique de Jésus ? Ou bien, irions nous plus loin en mettant nos pas dans les siens pour faire corps avec lui et montrer notre face d’enfants de lumière au monde d’aujourd’hui ?

Courageuse reprise à tous !

Fidèlement votre, père Robert Lorenc, curé.

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(Feuille paroissiale - N°40 du 30 juin 2013)

« Quitter ses bœufs » pour suivre Quelqu’un …

Ou tout simplement pour vivre autre chose, aller voir ailleurs comment cela se passe… Exactement comme a fait Elisée en suivant Elie. Il est allé encore plus loin dans son détachement à son ancienne vie en immolant ses bœufs, objet et symbole de ses anciennes préoccupations et dépendances.  Il l’a osé et a su saisir sa chance. Ne devrions-nous pas faire la même chose avec les « bœufs » de notre stress, de notre fatigue, de nos susceptibilités et de notre sentiment d’être toujours irremplaçable et nécessaire partout et en tout ? Il est de la plus grande importance pour notre santé et notre bien-être de savoir prendre du recul, de la distance par rapport à ce que nous sommes et ce que nous faisonsne serait-ce que pendant un bref temps de vacances déployant devant nous ses horizons…

Voir et vivre autre chose que d’habitude, ne serait-ce que pendant quelques jours… Recharger nos batteries biologiques et spirituelles… Laisser tomber pendant ce temps les lourdes chaînes de nos objectifs professionnels, de la gestion du personnel et de nos rendez-vous… Ce sont les projets traditionnels que nous nous fixons pour la période des grandes vacances estivales. Serions-nous assez libres pour les réaliser ?

Notre communauté est arrivée enfin au terme de toutes sortes de conclusions pastorales. Durant notre magnifique fête paroissiale, célébrée solennellement dimanche dernier, où nous avons dit un au revoir solennel et un grand merci au Père Louis, nous avons pu exprimer de nombreuses prières d’action de grâce pour l’année qui s’achève. Cette fête et tous les concerts, prières, vécus ces derniers jours dans notre église, ont renforcé une fois de plus notre sentiment de joie d’appartenir à une famille paroissiale soudée, accueillante et toujours créative. Que tous les artisans ingénieux et si généreux de cette année pastorale soient ici vivement remerciés.

Quelle que soit la manière dont nous vivrons ce temps de vacances, partis ailleurs ou restés ici, il nous faut réellement, comme nous le demande Jésus, revêtir la liberté totale par  rapport aux « cadavres » de notre passé et de notre présent, qui freinent la marche des Enfants de Lumière. Allons donc nous reposer un peu !  La liberté acquise pendant ce temps de repos nous permettra de redécouvrir différemment, à notre retour, notre maison, notre paroisse, notre ville ou notre pays. Enrichis par les expériences des autres et par notre propre réflexion, nous reviendrons vers nos postes changés, libérés du stress du passé et prêts à vivre de nouveaux challenges professionnels ou personnels.

Et bien sûr, où que nous soyons et quoi que nous fassions, n’oublions pas ce que nous dit saint Paul dans la seconde lettre aux Galates :« Frères, Tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage, (…) Mettez-vous, par amour, au service les uns des autres (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. »

Bonnes et reposantes vacances à vous tous !

Estivalement votre, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N°38 du 16 juin 2013)

Tous pêcheurs pardonnés…

Traditionnellement, à cette époque de l’année, notre  paroisse fait toute sorte de bilans pastoraux. Ce bilan est lié parfois à un changement de mission ou au départ de tel ou tel d’entre nous. Dimanche prochain, nous célèbrerons notre fête de fin d’année, elle sera pour nous l’occasion de dire merci et au revoir, d’abord au père Louis, mais aussi à tous ceux d’entre nous qui quitteront leur mission au service du Royaume de Dieu. C’est l’heure du bilan, des conclusions et bien sur d’un nouveau départ. Nous nous y retrouverons en famille pour rendre grâce à Dieu pour le «  va et vient »  de la vie pastorale  de notre communauté cette année. Alternance de joies et de peines, d’espoirs et de déceptions peut-être, de projets et de moments creux. Cela ne peut pas être différent, car la vie d’une Eglise locale n’est autre chose que l’ensemble de nos vies à tous, et c’est peut être en ce lieu là que nous réalisons vraiment à quel point nous sommes dépendants les uns des autres. La joie d’un cœur rend joyeuse toute la communauté. L’épreuve et la souffrance d’un des ses membres attristent tous les autres. Les intrigues, une rancune ou une soif de nuisance d’une personne, affecte et empoisonne tout le groupe. C’est la logique même du fonctionnent de chaque collectivité. Ainsi, autant de joie ou autant de peines pour le Corps du Christ. En effet, nous tous que le baptême a unis au Christ, nous ne faisons qu’un dans le  Christ Jésus.

Il est bon, de temps en temps, quand on fait une course en montagne, de repérer un point de vue et de se retourner pour mesurer le chemin parcouru. C’est bon aussi de temps en temps, quand on avance sur le chemin du Royaume, de se retourner pour regarder la trace de son passage. C’est pour cela qu’à la fin  de cette année pastorale, je vous invite à vous souvenir de tout ce que nous avons vécu ensemble. Certes, il ne s’agit que d’une seule année de notre marche commune, mais c’est déjà suffisant pour nous connaître, nous apprécier, nous améliorer ou pour changer. Pour certains d’entre nous, le changement de leurs missions pastorales au sein de la communauté leur fera découvrir de nouveaux horizons de la foi. Qu’ils soient remerciés ici au nom de l’Eglise pour tout ce qu’ils ont apporté pour le bien de tous et pour tout ce qu’ils apporteront encore. D’autres continueront leur mission dans la joie de pouvoir rendre utiles leurs charismes et leurs dons de l’Esprit. Quel que soit notre statut, notre place dans la marche immense de l’Eglise, n’oublions pas que nous sommes tous des pécheurs pardonnés, comme ce fut le cas de tous ceux qui accompagnaient le Christ dans l’évangile.

Les saints patrons de la paroisse, saint Pierre et saint Paul, ainsi que les saints de nos vitraux, saint Louis et saint Charles, peuvent nous aider à porter des fruits qui plaisent à Dieu, pour le fleurissement du royaume de Dieu sur la terre de Fontenay-aux-Roses. Et même si les chemins de ce pays sont souvent sinueux, vallonnés et parfois glissants, on est sûr d’y avancer d’un pas joyeux si l’on arrive à se souvenir de toutes les fois où nous avons été pardonnés par l’Amour indéfectible de Dieu. Savoir s’en souvenir, c’est savoir avancer dans les projets. Savoir s’en souvenir c’est savoir rester reconnaissant et humble. C’est savoir aimer et demander encore et encore pardon.

Que l’aveu de David, fait devant Nathan, nous donne l’exemple du courage pour savoir purifier nos convictions, remettre en cause nos a priori, renforcer notre fidélité, resserrer nos liens communautaires et rendre nos cœurs encore plus brûlants pour celui qui est notre Messie et pour tous ceux qui sont ses frères.

Votre pasteur reconnaissant, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N°37 du 9 juin 2013)

Annuntio vobis gaudium magnum, habemus unam EAP – am novam !

Ce qui veut dire, "je vous annonce une grande joie, nous avons une nouvelle EAP "!

Peu importe l’exactitude de cette paraphrase de l’auguste expression vaticane annonçant l’élection de chaque nouveau pape et traduite par moi plus ou moins correctement en latin, la nouvelle est semblable même si sa taille et son importance sont infiniment plus petites que celles de l’avènement d’un nouveau  pape. Mais si je me permets de faire cette " pirouette" linguistique un peu humoristique, c’est pour vous rappeler, chers paroissiens, ma promesse du choix d’une nouvelle EAP pour notre paroisse, qui devait coïncider avec l’élection du nouveau Pontife. Cette fois-ci, les cardinaux ont été beaucoup plus rapides que nous, d’où ce décalage. Depuis, le message du nouveau Pape François, évangéliquement bien pertinent,  stimule la vie de l’Eglise. J'espère qu'il fera aussi son effet dans la  vie de notre communauté, et surtout dans la mission de la nouvelle EAP.

Pour ceux d’entre vous qui ne savent pas encore, ou qui ont déjà oublié , le sigle " EAP"  signifie
" Equipe d’Animation Pastorale". Elle a été mise en place  dans notre diocèse, dans toutes les paroisses, il y a une dizaine d’années, par la volonté de notre Evêque Mgr Daucourt. Cette cellule particulière qui est renouvelable  tous les trois ans  par le curé du lieu, a pour vocation d’animer avec lui, et sous son égide, la vie paroissiale en tant qu'organe pastoral de réflexion et d'action, qui correspond aux défis  du temps présent de notre Église diocésaine. Elle reste  toujours en évolution, tant au niveau de la forme que de la nature. Après le temps d’observation et de reconnaissance du terrain pastoral, nécessaire cette année au  nouveau curé que je suis, voilà maintenant le temps où « l'Esprit saint et nous »(pour reprendre une autre formule antique, cette fois-ci des temps des apôtres) avons choisi des hommes et des femmes pleins de confiance, solides dans leur foi, et de bonne consistance ecclésiale comme membres de la nouvelle EAP. Il y a juste un seul membre de l’ancienne EAP maintenu jusqu’à l’échéance de sa mission, pour ses compétences dans le domaine de la communication paroissiale.

Voici donc les nouveaux élus qui ont su, en toute liberté, amitié et conscience de leur responsabilité, me dire leur « Oui ». Je les remercie du fond du cœur pour leur confiance. Ils s’engagent par là à être des animateurs actifs de notre communauté, en tant que mes conseillers et mes collaborateurs les plus proches. Conscients qu’il ne s’agit ici en aucun cas d'aucune forme d’exercice de pouvoir, mais uniquement  de service. Ils commencent déjà leur mission par anticipation en juin, mais officiellement ils seront introduits par la lettre de mission de l'Evêque qui leur sera remise le dimanche de l’accueil des nouveaux paroissiens en septembre prochain.

Il convient en ce lieu de remercier cordialement tous les membres de l’ancienne EAP qui, a travers  des années de travail avec le père Dominique, le père Marc et encore cette année, à titre exceptionnel avec moi, ont fait de leur mieux pour aider leurs pasteurs successifs à accomplir leur tâche curiale. Vous êtes tous, chers paroissiens, mieux placés que moi pour apprécier à sa juste valeur leur ancien engagement et leur témoigner une reconnaissance digne de ce nom. Certains se reposeront pour se ressourcer,  d’autres ont déjà choisi une autre occupation pastorale avec mon accord, d’autres encore cherchent... Quoi que nous fassions, et qu'elle que soit notre mission respective au sein de notre belle communauté, nous sommes tous concernés par la question que le Pape François nous pose, à tous et à chacun d'entre nous " Est-ce que je porte la parole de réconciliation et d’amour de l’Évangile là où je vis et où je travaille?". Sans cela, même nos projets les plus ambitieux et nos talents les plus respectables, ne serviront à rien. Et voici les personnes qui feront notre joie et notre fierté : Mme Sophie Bellouard, M. Hervé Bellouard, M. Laurent Bonnet, M. Fabrice Héliot, M. Dominique Le Beuz, Mme Marie-Thérèse Masset,
M. Christian Poireaux, M. Gilles Pradère, et Mme Danielle Villepoux. Le membre représentant le Conseil économique au sein de la nouvelle E.A.P reste pour cette année M. Michel Mingasson. Portez les tous dans votre cœur et votre prière (au moins pendant les trois premières années !...) et n’oubliez pas de les féliciter au passage !

Pastoralement votre, Père Robert Lorenc, Curé

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(Feuille paroissiale - N°35 du 26 mai 2013)

«  Et maintenant que vais-je faire … de tout ce temps ? » 

Voici les célèbres paroles de la très belle chanson de Gilbert Bécaud qui reviennent vers nous sur les notes nostalgiques du temps qui passe et de nous-même, qui passons avec lui.

Les chrétiens peuvent se poser une question semblable après un temps pascal particulièrement intense en entrant dans le temps ordinaire de l’Eglise. En effet, après les grands évènements de notre vie spirituelle tels Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, qui galvanisaient la foi de tous les jours, vient le temps dit ordinaire, normal, qui n’a pourtant rien à voir avec le temps qui ne compte pas, passif ou médiocre. La question de base que nous devons plutôt nous poser, en écho à la chanson de Gilbert Bécaud, est la question qui a été déjà exprimée par 3000 hommes suspendus aux lèvres de Pierre lors de son discours de la Pentecôte : Frères, que devons nous faire alors ?... La réponse est claire et nette, c’est la réponse de Pierre qui nous demande, à tous, d’accorder notre vie à la volonté de Dieu, de la faire vibrer au diapason de la Sagesse divine.

Ceci n’est autre chose que la conversion, honnête et totale.

L’application de cette Sagesse est présentée dans la deuxième lecture de ce dimanche comme la condition sine quoi non de la paix intérieure, acquise par la foi, et qui nous ouvre l’accès au monde de la grâce. Nous en avons particulièrement besoin en ces temps de trouble et de perte de repères sociétaux, familiaux mais aussi religieux. Le manque de soleil dans notre milieu climatique quotidien peut nous rendre également susceptibles. Ce dont nous pouvons être sûrs tout de même, c’est que, comme dit encore saint Paul : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit saint qui nous a été donné. »

Alors en concluant, nous pouvons paraphraser encore les paroles de notre chanson en formulant notre question de la façon suivante : «  Et maintenant que vais je faire de tout cet amour qui est dans mon cœur ?...

Bon et extraordinaire temps « ordinaire » à tous !

Votre Pasteur, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale - N°32 du 28 avril 2013)

Tous ensemble, mais vers là Haut… 

Ce qui s’est passé dans la vie du Christ ressuscité en un seul moment (Résurrection, Ascension, envoi de l’Esprit Saint) prend pour nous la forme de trois fêtes distinctes, différenciées et espacées dans le temps. Cette logique, conditionnée par notre dépendance à l’espace et au temps, trace comme un chemin de gloire qui est destiné à tous ceux qui ont reconnu le Verbe incarné et l’ont accueilli. Pendant le temps de vacances de Pâques que nous débutons ce week-end, une de ces fêtes majeures nous rappelle justement notre destinée glorieuse, l’Ascension.

Il est devenu banal de se rapprocher du mystère de certaines fêtes liturgiques par le biais du  fonctionnement d’appareils techniques, dans la vie courante. Tel est le cas de la fête de L’Ascension. Qui d’entre nous n’a pas fait spontanément le rapprochement entre la montée du Christ au ciel et le mécanisme de l’ascenseur, l’élévateur, escalier roulant ? Même si leur fonctionnement aide en quelque sorte à comprendre un certain aspect de ce mystère, l’action de monter, il n’en reste pas moins que toute cette « technicisation » des articles de la foi peut considérablement appauvrir, voir fausser certaines réalités spirituelles exprimées. Mais la nature elle-même nous aide à comprendre ce mystère, et particulièrement à Fontenay-aux-Roses où toutes les rues exigent de nous un effort pour arriver à leur sommet. Et qui n’a pu ressentir au moins une fois dans sa vie une satisfaction sans mesure une fois arrivé au sommet d’une montagne ?

Le mystère de l’Ascension reste donc en stricte relation avec Pâques, qui, lui-même, nous renvoie vers la fête de la Nativité. A Noël, Dieu devient homme pour que celui-ci devienne Dieu, telle est la bonne nouvelle célébrée dans cette fête, nous rappelle saint Athanase. A l’Ascension, le Christ monte au ciel avec son corps de Ressuscité, en réalisant le pressentiment de saint Athanase. Le nouvel Adam nous rouvre les portes du paradis pour que nous y retrouvions le milieu naturel de notre nature dans son état originel, celui d’avant le péché du premier Adam. Pour y pénétrer, nous avons tout de même besoin de la Force d’en-Haut.

C’est pour bientôt. Encore un peu de temps et Elle va se saisir de nous…. Soyons tous au rendez-vous ! Oui, vite ! Que descende ton Esprit, Seigneur et qu’il renouvelle la face de la terre, de cette Terre… »

Votre pasteur, solidaire dans l’attente de la Pentecôte, 
Père Robert Lorenc
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(Feuille paroissiale n°29 du 7 avril 2013)

Un événement d’aujourd’hui ! 

Avec la fête de Pâques, nous nous retrouvons au cœur de notre foi chrétienne, au cœur de la Bonne Nouvelle. Son contenu résonne de façon particulièrement forte en cette Année de la foi lancée par Benoit XVI et poursuivie avec tant d’ardeur par son successeur François. Jésus est vivant. Ressuscité, il ne meurt plus. La résurrection du Christ n’est pas un spectacle auquel on se rend, qu’on admire, mais auquel on reste étranger, extérieur. Malheur à nous si nous regardons la résurrection ainsi, si nous regardons le Christ comme quelqu’un d’extérieur. Si la résurrection du Christ est un événement extérieur à nous, nous ne sommes pas encore chrétiens, nous n’avons pas suivi Jésus à la croix. L’événement extérieur, cet événement-là devient pour Pierre, Jean, Thomas et pour nous, un événement intérieur, réel qui change leur vie,qui change notre vie. Eux même passent de la mort à la résurrection, de l’abattement, du découragement, de la fuite, à la vie, à l’espérance, à la joie. Le Christ Ressuscité, tout en les rencontrant extérieurement, les rejoint à l’intérieur d’eux-mêmes, dans leur propre tombeau, là où leur vie était morte.

Ainsi, les témoins du Christ ressuscité ne sont pas simplement des relais qui, de génération en génération, se transmettent une histoire. Ce n’est pas uniquement une suite de personnes qui se transmettent les une aux autres le souvenir historique de Jésus.  Jamais plus, nous ne le rencontrerons ainsi. Cela est du passé, un passé certes, qui reste vivant dans notre cœur et notre souvenir, et que nous nous transmettons de génération en génération.

Mais il n’en est pas ainsi de la Résurrection. La Résurrection du Christ, c’est du présent permanent, c’est du contemporain, de l’aujourd’hui, de l’actuel. Nous l’expérimentons vraiment. Mais pour cela, et c’est là notre difficulté, il faut suivre le Christ dans sa mort d’aujourd’hui et non pas dans sa mort d’il y a 2000 ans. C’est à l’intérieur de nous-mêmes, dans cette profondeur de nous-mêmes que nous ferons l’expérience de la Résurrection. C’est à l’intérieur de notre tombeau, lorsque vous irons avec nos aromates voir le cadavre, que nous entendrons peut-être la voix du Ressuscité murmurer des mots d’une tendresse indicible, des mots qui nous rendront vie «  Tu es mon fils, tu es ma fille, en toi j’ai mis tout mon amour. Relève-toi d’entre les morts ! »Nous éprouvons ainsi, chacun réellement aujourd’hui, la puissance de la Résurrection du Seigneur. Devenons des témoins, non pas d’un événement du passé, mais d’un événement d’aujourd’hui. C’est dans cette foi que nous renouvelons les promesses de notre baptême. Cette foi qui est celle de saint Pierre et de saint Paul, mais aussi celle de saint Thomas et de tous les baptisés de la veillée pascale.

Jésus Christ est vraiment puissance de vie, aujourd’hui, en chaque homme de bonne volonté. Il est là, à l’intérieur de chaque homme, de tous ceux qui nous entourent. Aujourd’hui les anges éblouissants se tiennent dans nos tombeaux, prêts à murmurer à tous les hommes «  Ne cherchez pas parmi les morts, Celui qui est vivant ! » Saurons-nous prêter l’oreille à leur voix ? Saurons-nous saisir une telle chance que la Main de la Divine Miséricorde nous offre pour nous rendre vivants ?

Glorieuse Résurrection à nous tous ! 

Père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale n°25 du 3 mars 2013)

Un au revoir « Urbi et Orbi »…

Ca y est, nous y sommes ! L’Eglise entre dans le sillage de toute république moderne - disent certains inquiets de l’avenir du catholicisme… mais pour la plus grande joie des autres et surtout des médias - c’est la chute évidente du dernier bastion de stabilité dans ce monde qui échappait  jusqu’à présent à leur contrôle. « Mourir de son vivant » pour les premiers, «  entrer dans l’histoire de son vivant », pour les autres, voilà les deux titres relatifs au geste historique que sa Sainteté le Pape de Rome, Benoît XVI a osé (il faut le dire) poser.

Et nous sommes encore tous sous le charme des images touchantes et historiques que les médias nous ont transmis cette semaine sur les derniers jours de son pontificat. Dimanche dernier, nous avons mentionné son nom pour la dernière fois dans le canon eucharistique dominical.  Ce week-end, ce sera la vacance…  Nous avons parcouru à cette occasion tout l’historique de son pontificat, bref, mais ô combien intense,  toujours difficile et ô combien différent de celui de Jean-Paul II. Seuls les esprits fins et clairvoyants sauront mesurer à juste titre son importance particulière pour l’avenir de l’Eglise. Déjà, nous avons apprécié sa bonté, son sourire, celui d’un saint « grand-Père », sa délicatesse respectueuse pour tous. Ses gestes de main papale, saluant les foules, ressemblait tellement à une partie de prélude joué au piano... Sa voix, unique et douce, faisant contraste avec celle des ténors de la politique mondiale, s’est gravée à jamais dans nos oreilles et nos cœurs…

L’ambiance de recueillement et de gratitude pour ce grand pape, était si différente de celle qui s’abattait telle la foudre sur le dôme du catholicisme, à la décision papale de renoncer au ministère de Pierre.  On dirait que le monde s’est très vite habitué à ce qui était pourtant inhabituel. Certains crient déjà « le pape est mort, vive le pape ! », excepté que l’ancien pape n’est pas mort et que le nouveau pape n’est pas encore officiellement « en vie » … Une situation presque sans précédent, presque,  car il y a eu dans l’histoire un cas similaire, celui du Pape Célestin V, si lointain de nous (7 siècles), qu’on peut qualifier le choix de Benoît XVI de presque inédit.

Tous les retraités du monde le savent : la retraite, aux yeux des soi-disant «  actifs », peut ressembler de prime abord, à « une mort  sociale prématurée », et pourtant, elle est, en fait, enrichissement du temps, une fois libéré des contraintes d’un système, temps qui peut être vécu plus qu’à temps plein.

La seule chose, c’est que la retraite du pape, cela ne s’est jamais vu.

Que fera-t-il ? Quel titre portera-t-il ? Continuera-t-il à s’habiller en blanc et porter ses fameux souliers rouges ?... Lorsqu’il sera mort, sera-t-il enterré avec les honneurs dus aux papes à la basilique Saint Pierre ou ailleurs comme n’importe quel évêque ? Car Benoît XVI, contrairement à ce qu’on fait parfois comprendre au public, restera prêtre et évêque à jamais, et… pape aux yeux de l’histoire.  Mais d’autres questions plus sérieuses surgissent aussi sur la dalle de l’océan troublé de l’Eglise - les catholiques eux-mêmes, sont-ils assez murs ecclosiologiquement pour avoir un pape actif et un autre à la retraite ? Ne diront-ils pas un jour,  moi j’appartiens à Benoît XVI et moi à sa Sainteté x, y ou z ?  Et justement, qui sera-t-il, ce futur Pierre ? Le temps n’est-il pas venu d’un pape de tradition orientale, pour vivre mieux l’œcuménisme et soutenir les chrétiens orientaux persécutés dans leur foi ?

Ceci dit, quels que soient nos spéculations, inquiétudes et espoirs dans les tourbillons passagers de l’histoire de l’Eglise, n’oublions pas tout de même l’essentiel : dans la barque de Pierre, chahutée récemment, se trouvent, outre Benoît XVI et tous les autres, quelqu’un d’infiniment plus grand qu’eux tous, Celui à qui cette barque appartient et à qui obéissent tous les éléments de la Nature : Jésus Christ Ressuscité, le vainqueur du monde. Il mène sa barque sur les eaux les plus profondes de l’histoire et il veille sans cesse sur elle. Avançons donc au large dans le quotidien de notre foi et surtout n’ayons pas peur !  Il a vaincu le monde.

 Votre curé et admirateur de Benoit XVI, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°19 du 20 janvier 2013)

Le temps dit «normal»…  

Depuis une semaine nous plongeons de nouveau dans le temps ordinaire de l’Église. Comme nous le suggère l’étymologie des mots latins ordinarius,a,um – (rangé par ordre, conforme à l’usage) et ordino, are -(arranger, disposer en ordre régulier), ce temps a la vocation de nous faire vivre les mystères de notre salut de façon habituelle et ordonnée, au fil des jours et des semaines «chargées» par les temps forts de l’Eglise. Psychologiquement, nous avons besoin de ce temps d’accalmie. Son importance, on la devine seulement en déployant sous nos yeux la totalité du calendrier liturgique de l’Église. On s’aperçoit très vite que ce temps ordinaire constitue la période liturgique la plus longue de tout le temporal. Entre les temps forts et les événements exceptionnels célébrés ponctuellement tout au long de l’année liturgique, le temps ordinaire de l’Église apparaît comme un défi d’endurance et de persévérance. Mais la qualification de ce temps comme ordinaire peut prêter à confusion. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le qualitatif «ordinaire» ne couvre ici aucune notion péjorative. Ce n’est pas un temps «nul» ou banal, qui n’aurait aucun intérêt. Au contraire, on peut le définir comme celui d’un temps d’enracinement et de croissance de notre foi, comparable au temps de la vie du blé jeté en terre. Entre l’effervescence des semailles, la joie de la moisson et celle de la dégustation de ses fruits, il y a justement la cadence des périodes normales de labeur, d’attente, de croissance et de préparation, qui conditionnent la saveur même de toute l’entreprise. D’où le caractère «extra-ordinaire» de l’ordinaire forgé dans la durée. N’oublions pas que nous sommes toujours dans l’Année de la foi, propice à ce genre d’entraînement spirituel. Mais pour les catholiques, ce temps peut apparaître comme peu ordinaire, par une double découverte extraordinaire faite dimanche dernier par notre pays. C’est que les catholiques réduits jusqu’alors au silence, et parfois condamnés à l’humiliation, ont su enfin manifester massivement leur présence dans la rue et dire «Nous ne pouvons plus nous taire !». Ensuite, c’est, qu’une fois de plus, les services médiatiques et statistiques ont confondu le chiffre d’un million de manifestants avec celui de trois cents mille… Peut-on donc s’étonner de l’existence d’une crise économique dans notre pays si ce genre d’erreur mathématique colossale apparaît volontairement dans notre presse ? Mais comme dirait quelqu’un : «Nihil novi sub sole…» (rien de nouveau sous le soleil). Ainsi, nous passons au temps dit «normal» dans le kaléidoscope des évènements nationaux et internationaux exceptionnels. Enrichis par les grâces reçues pendant le temps de Noël, et particulièrement celle du courage, nous entrons dans ce temps avec confiance, afin que ces grâces se multiplient encore davantage en ce temps de persévérance et de fidélité à nos engagements baptismaux.

Votre pasteur reconnaissant, père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale N°17 du 6 janvier 2013)

Pour conjurer le « 13 »… 

Cette semaine nous avons dit adieu à l’ancienne année et accueilli la nouvelle 2013. Ce chiffre devrait-il encore nous inquiéter ? Malgré les pronostics trompeurs des astres, une fois encore nous avons survécu à « la fin du monde ». Ce fait devrait normalement causer la faillite des beaucoup d’entreprises investissant dans la peur des hommes. Car ceux qui croient aux astres devrait logiquement croire aussi au désastre. Et celui-ci fait parti du jeu des tous les commerciaux de la naïveté des êtres fragiles. Aujourd’hui, jour de l’Epiphanie, le jour où nous fêtons solennellement la manifestation du Christ au monde entier, nous sommes invités à guetter plutôt de vrais signes des temps nouveaux que nous révélera la nouvelle année. Que sera-t-elle pour notre paroisse ? Ce sera sûrement un temps de nouveaux défis pastoraux qui rendront sa vitalité plus dynamique et plus attrayante. Les cours « alfa » qui débutent en janvier chez nous, ne sont-ils pas une bonne occasion de nous lancer nous-mêmes dans une nouvelle année d’aventure avec Dieu et son Eglise et d’y entraîner les autres ? Laissons-nous enlever non pas par des « extra-terrestres » mais par la Force surnaturelle de l’Esprit de Dieu qui saura construire les liens d’amitié entre nous et affermir les bases de la communauté. Ce le meulier moyen pour faire travailler 2013 à notre avantage.

Le début de la nouvelle année est une occasion, une de plus, pour prolonger le temps des vœux de Noël. Aux vœux de tous les croyants qui se réfèrent à la fête de Noël, s’ajoutent avec la nouvelle année les vœux de tous ceux qui ne croient pas ou qui cherchent encore ou qui ne croient plus mais qui, poussés par la bonne volonté, veulent changer le monde en mieux. Ainsi à travers tous les petits mots que nous nous écrivons, mais aussi à travers nos salutations chaleureuses et les sourires sincères que nous nous adressons en ce temps où le cœur de l’homme se bonifie - sans oublier toutes sortes de cadeaux - nous nous redisons les sentiments d’amitié, d’amour et d’attachement que nous ressentons les uns pour les autres. Intimidés et émus par une telle avalanche d’émotions nous avons souvent du mal à formuler nos réponses. C’est pour cela qu’en ce moment où je dois présenter, moi aussi, en tant que votre pasteur, mes vœux à la Communauté, je me fais aider par une des prières qui conclut la prière universelle : « Inspire-nous Seigneur, les prières que Tu puisses toi-même exaucer ». Oui, que Dieu lui-même formule dans nos cœurs des vœux qu’Il puisse exaucer. Que Dieu lui-même par le souffle de son Esprit m’inspire les paroles et les gestes qu’Il sera capable de transformer en bien pour vous, chers paroissiens, pour notre équipe pastorale, pour notre communauté, notre pays et pour le monde entier. Je crois que cette liberté que nous voulons laisser à Dieu et qui exprime notre confiance en Lui sera le meilleur gage de la réussite de nos objectifs et de notre bonheur.

En vous remerciant, chers Paroissiens, de toutes les marques d’affection qui m’ont été exprimées à moi et au Père Louis à l’occasion des fêtes de fin d’année, je vous souhaite une très sainte et lumineuse année 2013.

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°16 du 24 décembre 2012)

A l’abri de la Nuit de Noël… 

- Depuis l’aube des temps, l’humanité pressentait l’arrivée de Celui qui devait venir. Sans savoir encore où et quand exactement devait se réaliser la promesse, elle exprimait ce sentiment salutaire dans toute sa créativité. Il a toujours été présent dans les intuitions des sages, des prophètes et des humbles. L’annonce de cet événement se concrétisait dans les préfigurations de l’Ancien Testament. La confrontation ultime entre la lumière et les ténèbres, entre le bien et le mal, s’approchait inévitablement de notre temps, en faisant grandir l’espoir des justes, élever les cœurs des humbles, revigorer les pas des blessés.

- Enfin, une nuit, une douce et sainte Nuit «le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi». Le Verbe vivant de Dieu s’est fait chair et habitait parmi nous. Ainsi, la Toute-puissance de Dieu s’incarne dans un petit enfant, un nouveau-né pour défier les grands de ce monde. Depuis cette Nuit, rien n’est plus comme auparavant. Nuit de miracles… nuit des plus grands bouleversements dans le cosmos et dans le cœur des hommes. Au point que «Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés». Fait étrange ! Souvent les plus grandes œuvres de Dieu se réalisent la nuit. Mais c’est aussi par respect pour l’intimité de l’homme. Dieu entre toujours dans la vie de l’homme en douceur et dans le plus grand respect. Souvent Dieu lui parle la nuit. Cela invite l’homme à veiller et à lui répondre, non par crainte mais par amour.

- Nous aussi, nous ne pouvons pas dormir une telle nuit. Guidés par notre foi, peut-être par respect de la tradition ou encore par tout autre noble motif, nous accourons vers la crèche de notre église où le ciel embrase la terre, pour nous pencher sur le mystère de la Nativité. Alors que certains, envahis récemment par la panique de la fin du monde, cherchaient toutes sortes d’abri pour survivre aux cataclysmes annoncés, nous, les hommes de foi, nous nous mettons à l’abri de la crèche de Noël, contre les désastres de la sécularisation et de l’infidélité à notre baptême. Émerveillés, émus, nous nous immobilisons pour quelques instants devant l’explosion de la Vie. En effet, «Dieu ne pouvant se faire connaître, il a inventé de se faire naître» nous dit Claudel. C’est bien ce mystère que nous célébrons à l’abri de la Nuit de Noël. C’est ainsi qu’en retrouvant l’Enfant-Dieu dans la paille de la mangeoire, nous retrouvons un peu de joie de notre propre enfance ternie par les aléas de la vie. Oui, le monde aime Noël ! Puisse-t-il aimer encore Celui qui donne le fondement et le sens à cette fête – Notre Seigneur Jésus Christ, le Divin Messie, le Prince de la Paix. Que sa naissance, certes mette fin à un vieux monde qui s’en va, mais annonce surtout la naissance d’un nouveau monde des enfants de Lumière !

Lumineux Noël à tous, votre pasteur, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°15 du 23 décembre 2012)

En ces jours là... 

- Le quatrième dimanche de l'Avent nous introduit dans l'ultime préparation de Noël. Encore un jour et nous retournerons tous dans la joie à cette église pour redécouvrir au pied de la crèche le visage du Prince de la Paix. Pour l'instant, nous sommes encore en attente. Nous le sommes depuis le début de l'Avent qui, cette année, a une dimension particulière. Il advient dans l'Année de la foi lancée pour I'ÉgIise universelle par le Pape Benoît XVI.Pour notre paroisse, il a été dans ce sens marqué par la dernière conférence sur le catéchisme, comme la symphonie de la foi qui résonnera au moment de Noël de façon particulièrement solennelle. (Et le Verbe s'est fait chair et il habitait parmi nous).

- Notre religion n'est pas une religion du livre au même titre que d'autres religions monothéistes comme le judaïsme où l'islam. Bien qu'elle s'appuie, comme elles, sur les supports écrits sacrés, elle est surtout la religion de la Parole vivante, du Verbe incarné, Jésus Christ Fils - de Dieu. C'est en annonçant et en expliquant l'ultime vérité, laquelle est pour nous Jésus, le Christ, mort et ressuscité, que tous les livres de I'Ancien et du Nouveau testament, comme le catéchisme, trouvent leur sens, utilité et sagesse. La parole de Dieu nous éclaire, nous guide vers le mystère de la mort et de la résurrection du Christ présent dans l'Eucharistie, sommet de la vie chrétienne. La Parole de l'ÉgIise nous aide à accueillir ce mystère et nous permet d'en vivre pour la vie éternelle.

- Réunis autour de deux tables, celle de la Parole et de l'Eucharistie, notre communauté remercie tous les artisans de l'embellissement intérieur de notre église. Notre reconnaissance va d'abord vers le Conseil économique qui a su répondre à mon appel en mettant en relief la place de présidence de nos Iiturgies, en y installant une belle estrade. Elle s'inscrit ainsi harmonieusement dans l'ensemble cultuel du chœur de l'église. Un grand merci aux artisans de la crèche de notre église qui, par sa sérénité et sobriété. apaise le cœur des hommes. Enfin un grand merci à notre chorale paroissiale qui a su si merveilleusement nous plonger dans l'ambiance de Noël lors de son dernier concert festif donné avec tant d'amour et de professionnalisme.

Dans quelques jours à peine, la gloire de Noël resplendira de nouveau dans cette église, comme c'était le cas les années précédentes. Puisse-t-elle aussi refléter la clarté de nos cœurs prêts à accueillir l’Enfant-Dieu, Lumière des nations.

Bonne fin d’Avent

Votre pasteur, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°14 du 16 décembre 2012) 

Une flamme de l’Avent…  

C’est sous le signe de la flamme de Bethléem que notre communauté vivra le mi- Avent 2012. Comme tous les grands événements de cette nouvelle année liturgique, celui-ci s’inscrit toujours et encore dans l’année de la Foi. Allumée à Bethléem, lieu de la naissance du Sauveur du monde, transmise ensuite à Paris, la flamme sera apportée par les scouts de France et installée solennellement dans notre église l’après-midi du troisième dimanche de l’avent. A l’exemple de la flamme olympique, ce feu de Dieu prendra dans le contexte d’une communauté de croyants toute sa symbolique et signification particulière. Il y a donc eu le temps qui précéda son arrivée, et qui faisait grandir le désir de l’avoir parmi nous, et ensuite le temps qui nous introduira directement au Mystère du Noël chrétien. Encore à distance et selon sa vocation naturelle, cette flamme éclaire déjà et rassemble les hommes.

Mais une flamme qui rassemble est aussi une flamme qui réchauffe, rassure et encourage. Ce sont tous ces autres aspects relevés par la nature du feu divin que chacun d’entre nous essayera de prendre en compte en suivant les chemins de l’Avent. Cette flamme nous invite tous à êtres des veilleurs sages et prévoyants qui préparent la rencontre avec l’Emmanuel. Alors que la publicité malsaine enflamme le monde de peur de la fin du monde, la flamme de Bethléem rassure tous les croyants : Seul Dieu détient les rênes de l’histoire, de l’espace et du temps de ce monde. En effet face à tout dispositif médiatique et commercial exploitant les peurs ancestrales des hommes, nous reprenons la consigne de Paul :« Soyez dans la joie ! … Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche ? Ne soyez inquiets de rien… »

Puisse cette Flamme de l’Espérance trouver la nuit de Noël sa destination finale en plein cœur des foyers qui s’isolent dans le stress professionnel et dans l’angoisse de l’inconnu, chez des jeunes qui perdent leurs repères, chez des personnes âgés qu’on oublie et qui se laissent oublier. Puisse sa lumière et sa chaleur tout au long de cet Avent cicatriser les blessures de notre monde, brûler ses souillures et consolider la résistance et la forme de l’Œuvre du Divin Potier.

Bonne attente de l’Emmanuel,

Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°13 du 9 décembre 2012)

« Une horloge du Salut »  

 L’Avent m’a toujours évoqué l’idée d’une horloge à la taille du cosmos dont les aiguilles indiquent l’avancement dans la réalisation des promesses du Salut. Au niveau de notre vie, elle a à nous accompagner pendant toute la période de l’Avent, en mesurant le temps qui nous sépare de l’avènement de Noël. Elle nous rappelle aussi notre condition de passage sur terre et indique, telle une boussole, une orientation céleste que doivent prendre tous les mouvements du cœur de l’homme. Nous allumons aussi la deuxième bougie de l’Avent qui commence timidement à disperser les obscurités qui embrouillent souvent les horizons de notre vie.

Ainsi nous nous sommes tous mis en marche sur la route qui mènera vers la crèche. Nous y redécouvrirons, une fois de plus, avec le monde divisé et blessé, le Prince de la Paix. La parole de Dieu qui accompagnera notre marche « en avant » fera grandir le désir de rencontrer le Seigneur, notre Père, Notre Rédempteur.

Cette fois-ci, l’Église a la chance de pouvoir démarrer et vivre ce temps de grâce dans la dynamique de l’Année de la Foi. N’est-ce pas par la foi de Marie, par son « fiat » que descendit du ciel Celui qui devait venir?

Ce temps où, en veillant, nous attendrons le Maître des temps nouveaux, sera rythmé par d’autres événements importants pour notre paroisse. Une grande procession nocturne aux flambeaux, inauguration de la fête de saint Nicolas par l’équipe de l’Éveil à la foi, arrivée de la flamme de Bethléem, conférence sur la symphonie de la foi, installation de la Crèche dans notre église, messe de l’Aumônerie SOFAR, cérémonie pénitentielle - tous ces événements ne permettront pas à notre communauté de s’assoupir mais la garderont en attente dynamique et constructive. Alors elle sera prête quand le Maître de la maison reviendra de son voyage. Et ses chemins de retours seront droits et aplanis.

Oui il est temps que tu déchires le ciel, Seigneur! Il est temps que tu descendes et que les montagnes d’orgueil et de haine qui séparent les humains fondent devant ta face comme la cire. En ce deuxième dimanche de l’Avent et à l’occasion de la messe de la solennité de l’Immaculée conception célébrée la veille, je vous souhaite un lumineux cheminement de renouveau vers Noël.

Père Robert Lorenc,

Administrateur de votre paroisse

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(Feuille paroissiale N°11 du 25 novembre 2012)

Le monde passe, le Roi demeure… 

C’est en 1925 que le Pape Pie XI a promulgué cette fête du Christ–Roipour l’Eglise universelle, en un temps où bien des pays d’Europe comptaient certains régimes qui avaient la prétention de donner le salut à leurs adhérents. D’une manière courageuse, le Pape a institué la fête du Christ, Rois de l’Univers. Ce n’était pas la première fois qu’on se préoccupait dans l’Eglise de faire régner le Christ, de le faire reconnaître comme roi pour tous les hommes. Hélas combien d’erreurs n’a-t-on pas commises au nom de cette royauté. Nous non plus, nous ne sommes pas à l’abri de la tentation de confondre la conception humaine de la royauté avec celle de Dieu. Comme il est difficile de faire régner le Christ, de fonder son royaume sur terre. Comme nous sentons autour de nous souvent la moquerie, l’impuissance, comme nous sentons se dresser toute une culture de mort programmée, comme nous sentons un monde de compromission, de violence, de misère tel qu’on ne sait plus très bien quoi faire, tellement ça semble difficile ! Malgré cela, nous sommes tous invités à construire le Royaume de Dieu, non pas dans le cosmos, mais ici, sur notre vieille terre tellement meurtrie. Nous vivons tous pour faire avancer ce Royaume, nous, le peuple de Dieu, les disciples de Jésus Christ. Nous ne sommes pas comme ceux qui se contentent de regarder passer le Christ, qui regardent passer le monde. Des hommes lisent les journaux, les périodiques. Ils regardent les télévisons, consultent internet. On regarde le monde comme un spectacle formidable, souvent tragique, en ayant l’impression d’y participer. Sans s’en rendre compte, ils deviennent vite les «voyeurs du monde».

Mais nous, qui sommes là pour suivre notre Roi, et non pas seulement le regarder passer, nous devons descendre dans le monde pour y prendre notre part active. Le Christ, lui, demeure comme Roi éternel car, contrairement aux puissances de ce monde qui passent, il ne s’impose pas, et n’impose rien, il n’enlève rien, mais il donne tout. Il est venu pour tracer la route de la Vérité qui conduit à la Vie. Il invite chacun à s’y engager librement. C’est pour cela que, même si sa royauté ne vient pas de ce monde, elle est pour ce monde, elle est à vivre dans ce monde déjà, ici et maintenant. Nous sommes un « peuple de prêtres, de prophètes et de rois », rassemblé chaque dimanche autour de l’Eucharistie. Demandons à notre Roi, au moment où nous concluons cette année liturgique, de savoir assumer avec courage nos responsabilités d’artisans du Royaume ainsi que notre double citoyenneté.

Bonne et heureuse Nouvelle Année liturgique à vous tous !

Votre curé, le Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°8 du 28 octobre 2012)

Une fête qui remonte le moral…

Chaque année la fête de la Toussaint revient vers nous comme le refrain de la chanson écrite par notre vie. Elle revient justement en novembre où la nature se prépare dans tous ses aspects à entrer dans un sommeil régénérateur… Ce changement nous fait comprendre une fois de plus que le temps passe, que nos proches s’en vont, que la vie change. Tout cet environnement nous rend nostalgiques mais la fête de la Toussaint  se présente comme un astre lumineux qui apparaît dans le ciel d’automne et qui nous réveille, en nous indiquant notre destinée glorieuse – la plénitude de vie en Dieu et avec Dieu. Ainsi la fête de tous les saints n’est pas du tout une fête de la tristesse mais une fête de notre future gloire, de la joie et surtout, c’est un hymne à la vie aux dimensions cosmiques.

La fête de la Toussaint rappelle le sens de l’odyssée humaine : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Quel but poursuivons-nous ? Voici les questions qui ressurgissent de façon particulièrement forte, surtout au moment où nous sommes confrontés à des événements de l’existence comme la naissance d’un enfant ou la mort de nos proches. Il est tellement facile de perdre le fil conducteur de notre vie quand nous nous voyons si petits et si perdus dans l’immensité de l’univers, si fragiles face aux violentes surprises de la vie. Nombreux sont ceux d’entre nous qui se sont déjà posés cette question : Combien de temps cela va-t-il durer ? Et qui peut subsister ? C’était peut-être au moment du difficile combat mené contre une maladie, contre le désespoir, contre la solitude, contre le rejet et l’accusation. C’est pour cela qu’au moment où tout semble lâcher, la fête de tous les saints est comme le rappel festif de notre taille ultime, de notre victoire décisive.

Nous avons existentiellement et spirituellement besoin de cette fête. Elle nous remonte le moral, nous remet sur le bon chemin, nous donne envie de continuer malgré tout et contre tout cette aventure humaine, puisqu’elle nous fait entrevoir à travers des symboles, qui resteront toujours imparfaits, la glorieuse issue de notre histoire. Les chrétiens comme les autres ont besoin de héros et de modèles. Il ne faut pas oublier qu’avant d’être mis sur un piédestal, les saints ont cheminé comme chacun de nous et que nous partageons avec eux la même vocation.

Le peuple des saints est un peuple non pas de purs et de parfaits, mais de pécheurs sauvés, de pécheurs que Dieu veut combler de SA sainteté ; Oui ! Il ne s’agit donc pas de briller de notre propre sainteté, elle serait toujours pâle et compromise, insuffisante, mais il s’agit de savoir refléter la sainteté de Dieu lui-même. Pour cela, il nous faut apprendre à laisser passer la lumière de Dieu à travers nous, à travers notre personne, notre regard, nos gestes, notre parole.

La sainteté vous paraît hors de portée ? Mauvaise vision ! Elle est là, en vous. Elle n’attend que d’éclore dans le moindre de vos mouvements. C’est plus facile que vous n’imaginez !

Saintement vôtre, père Robert Lorenc, curé

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(Feuille paroissiale N°6 du 14 octobre 2012)

Quelques questions…

Alors que le Pape Benoit XVI soumet le Synode sur la nouvelle évangélisation sous les auspices des nouveaux docteurs de l’Église : Hildegarde de Bingen et de Jean d’Avila, notre diocèse se rend ce dimanche en pèlerinage à Reims, ce haut lieu de la spiritualité et de l’histoire de France. Deux grandes figures de notre pays nous y interpelleront tant au niveau de notre foi que de la vie sociale : le Saint évêque Rémi et le providentiel roi des Francs Clovis. En 498, le 25 décembre, lors du baptême du Prince naquit la France, la Fille aînée de l’Eglise mais aussi l’Europe chrétienne occidentale, la respublica christiana, la christianitas européenne, le populus christianus.

Que sont devenues ces réalités  aujourd’hui ? Juste de jolis mots ? Nous parlent-elles encore ? Se tiendront-elles face à l’hostilité et l’injustice dont sont de plus en plus victimes les chrétiens de l’Europe ?

La dynamique de la réflexion synodale est jalonnée par la question de la transmission de la foi aujourd’hui. Voilà le défi à la portée de nous tous. Personne ne peut se sentir exclu d’une telle thématique et non concerné par ce souci, vital pour l’avenir de l’Église. Mais savoir transmettre ne suffit pas, encore faut-il savoir ce qu’on transmet. Le contenu de la foi catholique, le connaissons-nous suffisamment et correctement? Autrement dit, savons-nous en quoi et en qui nous croyons ? Croyons-nous aujourd’hui comme le proclamaient depuis l’origine de l’Église les Apôtres et leurs successeurs ou à la manière du monde comme le veulent les médias ? La foi en Jésus Christ Ressuscité, le seul et unique Sauveur du monde, trouve-t-elle encore un bon vivier dans nos âmes ? Ou devenons-nous, nous aussi, les victimes de toutes sortes d’adaptations de l’orthodoxie de la foi aux courants et modes sociaux de notre époque ?

Voici les vraies questions que nous devons nous poser lors de cette année de la foi qui s’ouvre devant nous. Autant les moyens de la transmission de la foi doivent changer en s’adaptant aux exigences des différentes époques, autant la foi elle-même doit rester intouchable et pure, telle le diamant d’un diadème souvent terni ou sali par les eaux boueuses des époques. Ce n’est pas par hasard que le Pape lie fortement les différentes crises de la vie sociale ou morale des sociétés à la crise de la foi elle-même vécue par l’homme du XXIeme siècle. Quelle foi lui a-t-on transmis et qu’en-a-t’il fait ? Et quel contenu de la foi nous apprêtons-nous à transmettre à nos enfants ?

Le retour à la source est toujours une bonne opération lorsqu’on ne sait plus trop où aller et surtout quand on se heurte à une crise d’identité. Que le thème de notre pèlerinage à Reims, lancé par l’Evêque de Nanterre Mgr Daucourt : «Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême»  apporte par la grâce de Dieu des réponses solides à toutes ces questions  qu’on ne peut plus continuer à ne pas se poser.

Quand le Fils de l’homme reviendra et ses anges avec Lui, trouveront-t -ils encore la foi sur terre ? Et si oui, quelle sera cette foi ? À voir…

Fidèlement vôtre, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°3 du 23 septembre 2012)

Les bruits de l’avenir de l’Église …

Ils commencent à résonner bel et bien avec les cris des bébés présentés à la communauté le jour de leur baptême.

Nous les accueillons avec joie certes, et tolérance, car avec chaque baptême, le corps mystique du Christ s'accroît, mais aussi parce que ces moments de liesse ne durent jamais longtemps puisque, pour la majorité des cas, l'accueil se célèbre vers la fin de nos messes.

Nous partons ensuite vers nos tables festives en laissant le curé se débrouiller avec ces «délicieux bruits de la vie» dépassant parfois la norme admise en décibels. Les cloches intervenant d'ordinaire au moment du dessert nous annoncent que cela doit être fini et que notre brave curé a survécu... Bon, après tout, c'est son métier.

La situation se présente un peu différemment quand ce genre de bruit se transforme en cris, pleurs et toutes sortes de "nuisances sonores" qu'émettent nos bouts de choux lors de la messe. Il se peut alors que certains membres de l'assemblée de nature contemplative puissent se sentir dérangés dans leur "aliénation céleste". En ce qui me concerne personnellement, je me réjouis de pouvoir entendre ce genre de bruit car comme le titre le dit bien, je les considère comme les bruits de l'avenir de l'Église.

Mais pour être juste, chaque bruit, de même que celui-ci, doit être soigneusement canalisé.

D'où l'importance des services paroissiaux de proximité tels l'éveil à la foi, le partage de l'évangile, le catéchisme et surtout l'ingéniosité des parents eux-mêmes. Tous ont pour seul but de faire venir les enfants vers le Seigneur et de ne pas les empêcher dans leur spontanéité de la recherche de Dieu.

Nos très chers "émetteurs de bruits" grandissent ensuite et, en conséquence, leurs bruits s'estompent avec le temps. Hélas, la raison n'est pas uniquement d'avoir appris à bien se tenir pendant nos célébrations solennelles mais surtout leur absence. Nos jeunes et nos enfants fuient nos liturgies car ils n'y trouvent pas souvent une place adaptée à leur capacité de réceptivité, ou ils n'osent pas la prendre, ou, tout simplement, les bruits du monde les attirent davantage. Peu importe, le résultat est le même.Cela commence très tôt.

À force de les faire taire pendant nos messes quand ils sont petits, ils les désertent quand ils sont grands. Oh certains reviennent, mais combien sont-ils, ceux qui ont résisté à la discipline imposée ? Sans opter pour l’attribution à notre pieuse progéniture du statut d'enfant-roi, il faut, pour le bien de l'Église, leur reconnaître au moins la dignité d’enfants de Dieu qui doivent trouver leur place au cœur de notre assemblée.

Les bruits de l'Église traversent les siècles de l'histoire des hommes et ils crient la musique des époques et des peuples. Pour ce qui est de l'Europe occidentale, leur source commune réside dans la majestueuse enceinte de la cathédrale de Reims. Une de ses dalles n'arrête pas de répéter la phrase rituelle: " Clovis, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ". Par contre, une autre voix pose la question : "France, Fille aînée de l'Église, qu'as-tu fait de ton baptême ? " Peut-on faire semblant de ne pas entendre ces bruits de la conscience d’une nation?

Depuis deux mille ans, l'Église fait du bruit : des bruits qui dérangent et qu'on tente d'étouffer à tout prix. Pour cela, tous les moyens sont bons.

On bafoue le nom du Christ, on fragilise le Pape, on intimide les évêques, on porte plainte contre la sonnerie des cloches et j'en passe.

La seule raison de cet acharnement est que la voix de l'Église dénonce le péché du monde.

Et cela fait mal. Alors si nous, les grands, nous n'avons plus le courage ou l’envie d’élever la voix en signe de protestation pour défendre les valeurs fondamentales de notre foi et de la société, évitons au moins de faire taire la voix de nos petits.

N'est-il pas dit quelque part que Dieu s'exprime par la bouche des enfants ? Et même si tout le monde se taisait, croyez-moi, les pierres crieraient !

Bruyamment vôtre, père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°2 du 16 septembre 2012)

Chers Paroissiens,

La lettre de nomination m’instituant pour six ans curé de votre paroisse trace devant nous un long chemin pastoral que nous serons amenés à parcourir ensemble. Les ressources exceptionnelles de notre paroisse tant au niveau humain que culturel et spirituel me rendent confiant.

Ce sera un temps d’éblouissante aventure avec Dieu.

Pour bien préparer l’avenir, il est indispensable de se pencher sur le passé.

J’ai parcouru les comptes rendus des réunions de l’E.A.P couvrant les 6 dernières années de l’histoire de notre paroisse. La lecture de ces précieux documents ainsi que les témoignages de certains d’entre vous m’ont permis de constater que trois questions pastorales revenaient régulièrement pendant les conseils, quelle que soit l’année et quel que soit le pasteur. Il s’agit de l’accueil, dans l’Église, des personnes éloignées ou nouvelles, de la pastorale des jeunes et du catéchisme. Ces trois questions correspondent aussi aux préoccupations principales de toutes les paroisses du diocèse. En effet l’avenir de l’Eglise en dépend. Grâce au dynamisme des membres de l’E.A.P, de nombreuses initiatives pastorales ayant pour but de renforcer la cohésion de la communauté ont été déjà prises par le passé. Espérons qu’elles porteront des fruits à long terme.

Vers la fin de cette année, certains membres de l’E.A.P arrêteront leur mission en arrivant au terme de leur double mandat et se dirigeront vers d’autres champs pastoraux existants au sein de la communauté.

Dans leur générosité, ils ont accepté d’accompagner leur nouveau curé dans cette période de transition. Qu’ils soient ici remerciés pour tout ce qu’ils ont apporté à la paroisse et à l’Église. De nouvelles personnes seront invitées à nous rejoindre. Un nouveau membre de l’E.A.P, Jean-Louis Verdeaux, est déjà parmi nous. Je me donne du temps pour détecter les autres personnes au cours de cette année et leur proposer de nous rejoindre.

Pour la bonne organisation du travail, il est nécessaire d’établir pour les années à venir un fil conducteur guidant la réflexion de notre pastorale.

Je retiens un thème commun qui est d’une actualité plus pressante que jamais : la pastorale des personnes au « seuil de l’Église ». Quelle que soit la raison pour laquelle un grand nombre de nos frères et de nos sœurs ont du mal à trouver leur place dans la grande Église et au sein de notre communauté, leur foi et leur destin spirituel doivent faire l’objet de notre plus grande attention. Qu’on les appelle « chrétiens du seuil », « recommençants » ou « croyants non pratiquants », ils sont tous concernés par la même situation - coupure avec le message de l’Église.

Et que faisons-nous des nouveaux arrivants dans notre quartier ? Les accueillions-nous officiellement ?

Ce thème extrêmement important m’a inspiré un certain nombre de réflexions que je partagerai avec vous en tant que pasteur au cours de cette nouvelle année.

Puisse notre mobilisation commune permettre d’avancer avec confiance vers nos nombreux frères et sœurs baptisés retenus encore loin de l’Église par les aléas de la vie.

Que la prière ardente de notre paroisse nous inspire des idées, des projets et des témoignages toujours mieux adaptés aux exigences d’une telle pastorale.

Que Saint Pierre, Saint Paul et Saint Louis, infatigables pêcheurs des « nouveaux » pour l’Eglise, nous indiquent les chemins de retour les plus sûrs et les plus rapides auprès de Jésus, le Sauveur du Monde.

Pastoralement vôtre, Père Robert Lorenc

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(Feuille paroissiale N°1 du 9 septembre 2012)

La fontaine du village et la roseraie du Seigneur

Dans la vie des prêtres il y a autant de départs que d’arrivées. Et, Dieu merci ! Pas de perte en général en cours de route.

Ainsi chaque mutation, qu’elle soit administrative ou pastorale, engendre chez nous automatiquement uneperspective de renouveau et une sorte d’effervescence liée à l’inconnu. Je ne quitte pas Bellevue avec plusde regrets que le Père Marc n’en a ressentis en quittant  Fontenay-aux-Roses. Je n’arrive pas non plusparmi vous, chers paroissiens, avec moins d’espoir d’être accueilli, accepté et aimé que le père Marc n’en aen arrivant à Asnières. Dans nos départs et nos déchirements causés par ce genre de changements, nousne sommes pour rien. Nous ne faisons qu’obéir à notre évêque et à la nature même de notre vocation deservice et de disponibilité pour les communautés de croyants vers lesquelles l’Église nous envoie.

Ainsi j’arrive vers vous en étranger. J’arrive en ami que vous ne connaissez pas encore ou peu. Devant moila réalité d’une nouvelle communauté humaine et les fascinants paysages géographiques et sociaux de laville qui est la vôtre.

J’ai toujours comparé une église paroissiale à la fontaine du village.  De même qu’une fontaineembellit, rafraîchit et  anime la vie d’un village,  de même l’église est  pour la commune une fontaine dejouvence spirituelle,  culturelle et  sociale pour tous ses habitants.  Tout  le monde peut  y accourir pourétancher sa soif. C’est d’autant plus vrai pour la paroisse de Fontenay-aux-Roses qui déjà dans son nom etson emblème contient l’image des fontaines et des roses. La place bucolique devant notre église et lesmerveilleux espaces verts alentour  le confirment.  À quoi  pourrait-on donc logiquement  comparer  leshabitants de cette communauté si romantiquement dénommée, sinon aux plus belles fleurs du monde - auxroses ?

Me voici  donc devant vous,  chers paroissiens,  en jardinier du Seigneur qui  aura pour souci  deprendre soin de cette nouvelle fontaine et de la roseraie pleines de fleurs envoûtantes. Ce jardinieraura besoin de l’aide des divers services de la ville et du diocèse pour maintenir cette fontaine en forme etlui  procurer toujours de l’eau pure et neuve. Mais les plus précieux de tous les outils de ce « jardinagepastoral » seront pour lui la main amicale et le sourire sincère des paroissiens eux-mêmes. Leurs idées etleur engagement seront le plus précieux « engrais céleste » qu’il  utilisera pour la croissance de toute foihumaine qui pousse dans la roseraie du Seigneur.

Notre Evêque, Mgr Daucourt m’installe le jour où l’Église célèbre la Nativité de la Vierge Marie.

Ce fut le début de l’Espérance pour l’humanité. Puisse cette installation être aussi  l’espoir pour nous tousd’une belle et fructueuse collaboration pour le bien de cette paroisse et de la ville qui l’abrite. Que les saintspatrons de l’église, Pierre et Paul, nous inspirent le dévouement toujours plus grand au service du Royaumede Dieu qui fleurit à Fontenay-aux-Roses. 

Pastoralement vôtre, le père Robert Lorenc, curé

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Petite biographie de notre nouveau curé

Né à Ciechanow en Pologne, je fais mon séminaire à Lublin et je poursuis mes études à L'Université Catholique de Lublin où j'obtiens ma licence canonique en théologie.

Ordonné prêtre en 1990, je suis envoyé par mon évêque à Paris en 1991 pour continuer mes études à l'Institut Catholique et rejoindre ma famille. Je suis en même temps vicaire à St Pierre du Gros Caillou dans le 7emependant 4 ans.

J'obtiens la maîtrise en liturgie et en patrologie et je commence la capacité doctorale tout en changeant de paroisse. Je deviens vicaire de la Paroisse Saint Philippe du Roule dans le 8eme.

Après trois ans d'études, ayant obtenu la capacité doctorale, je choisis, selon la demande du cardinal Lustiger, le diocèse de la future incardination : le diocèse de Nanterre, où je me consacre au long travail pastoral, d'abord à Saint Martin de Meudon, en y étant vicaire, prêtre référant de l'Ecole Notre-Dame et aumônier du lycée Rabelais à Meudon.

En 2002 je suis nommé administrateur de la Paroisse Notre-Dame de l'Assomption de Meudon-Bellevue et en 2003 son curé pendant 9 ans.

En 2011, avec l’accord de Mgr Daucourt, je reprends mes études dans le cadre de l'Europe chrétienne et je commence mon parcours à l'Université Catholique de Pologne en vue d'obtenir le doctorat en théologie spirituelle. Le thème de mes recherches retenu l’année dernière par la Commission universitaire est : " La vie spirituelle de Saint Louis IX dans le contexte social et politique de l'Europe de Moyen Age". Ce doctorat pourrait être conjoint avec l'Université Catholique de Paris. Pour finir ce travail ; je suis nommé en même temps curé de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul de Fontenay-aux-Roses.

Pour combien de temps? Dieu seul le sait...

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