La prière eucharistique

Ensemble des formules qui, entre l’offertoire et le « Notre Père », constituent la partie essentielle de la messe : la partie proprement « eucharistique » ou sacrificielle. La structure des prières eucharistiques chrétiennes s’apparente à celle des grandes prières d’action de grâces juives. Les formules des « Dix-huit bénédictions » comportent en effet une louange initiale, un Sanctus, des invocations voisines de ce qu’on appelle l’épiclèse (prière à l’Esprit Saint), un appel à la mémoire de Dieu (anamnèse), des intercessions, une ou plusieurs doxologies (chant à la gloire de Dieu).

Les premières prières eucharistiques que nous connaissons (cf. la Didachè vers la fin du Ier siècle), manifestent une véritable parenté avec les prières juives.

La structure antique des prières eucharistiques, telle qu’elle est issue des prières juives, est bien reconnaissable dans les Prières eucharistiques 2, 3 et 4 du Missel romain : la préface et son dialogue ; le Sanctus ; une louange plus ou moins développée de la sainteté divine se manifestant dans ses œuvres ; l’épiclèse ou appel à l’Esprit Saint en vue de la consécration des offrandes ; le récit de l’institution ou consécration proprement dite ; l’anamnèse ou appel à la mémoire de Dieu, suivant le « Faites ceci en mémoire de moi » ; l’épiclèse post-consécratoire ou appel à l’Esprit Saint en vue de la sanctification du Corps mystique ; les intercessions ; la doxologie finale du Per Ipsum (« par Lui, avec Lui et en Lui »), conclue par l’Amen des fidèles. Le Canon romain, ou prière eucharistique 1, a une structure particulière. Sa physionomie est nettement dessinée dès la fin du IVe siècle.

Il existe quatre prières eucharistiques principales : la première, le canon romain, qui était la seule avant le Concile Vatican II, puis les trois autres conçues selon un schéma à peu près identique. A cela s’ajoutent  six autres prières : deux pour la réconciliation, trois pour les enfants et une pour les grandes assemblées avec ses quatre variantes.

Cette très belle prière est une louange au Père par le Fils dans l’Esprit. Le prêtre, doté du pouvoir d’appeler l’Esprit Saint par son ordination, agit en la personne du Christ pour le bien du peuple des croyants : « Ceci est mon corps, prenez et mangez… Ceci est mon sang, prenez et buvez… ». La nature du pain et du vin ne change pas mais après la prière consécratoire, ils sont aussi le corps et le sang du Christ livré pour nous. Le célébrant montre tour à tour le pain et le vin consacrés aux fidèles qui suivent du regard les élévations successives puis se prosternent en même temps que le prêtre.

La doxologie (doxa, louange, logos, parole) finale (par Lui, avec Lui et en Lui) représente pour beaucoup de croyants le sommet de la liturgie. En élevant en même temps la patène qui porte l’hostie et le calice qui contient le vin, le célébrant exprime par ce geste sacrificiel que Jésus seul nous conduit au Père par l’Esprit. Par un « amen » solennel qui peut être déployé selon les circonstances, l’assemblée manifeste son adhésion à la personne même du Christ qui par le don de sa vie nous ouvre le chemin de l’éternité.