Dans le monde

YouCoun  - Vatican II expliqué aux jeunes

Après le lancement de sa préparation fin 2011, le projet "YouCoun" s'apprête à enclencher une nouvelle étape de son ambition : faire connaître à la jeunesse le concile Vatican II à l'occasion des 50 ans de son ouverture et susciter un nouveau dialogue entre tous ces jeunes de sensibilités différentes.

A la veille de la clôture du Concile Vatican II, le 7 décembre 1965, Paul VI et les Pères du Concile adressaient leur dernier message aux jeunes garçons et filles du monde entier.

« C'est vous qui allez recueillir le flambeau des mains de vos aînés et vivre dans le monde au moment des plus gigantesques transformations de son histoire, écrivaient-ils (...). C'est pour vous (...), qu'elle (L'Eglise) vient, par son Concile, d'allumer une lumière: lumière qui éclaire l'avenir, votre avenir

Presque 50 ans plus tard, Samuel Grzybowski a décidé de faire sienne cette adresse et de la partager.

« C'est une évidence. Après les Ecritures, il est un texte central, assure le jeune homme âgé de 20 ans. Tout ce qu'on vit aujourd'hui comme Eglise vient de ce texte. Je pense à la liturgie, par exemple : la messe en français, le prêtre face à l'assemblée, etc. » De retour d'un voyage avec des jeunes de différents mouvements, celui qui est aussi le président de l'association « Coexister » imagine « YouCoun », abréviation de "Youth Council", un projet autour de l'anniversaire de Vatican II pour le rendre accessible à la jeunesse. « J'ai le sentiment que c'est nécessaire : la majorité ignore son contenu », justifie-t-il.

Le projet nourrit donc un double objectif : « comprendre, célébrer et promouvoir » le Concile et instaurer un nouveau dialogue entre les jeunes catholiques de toutes sensibilités ». « Un esprit de chapelle passif existe, on connaît l'Eglise par la porte par laquelle on est entré », observe Samuel Grzybowski.

2012-2015 : Trois années jubilaires

Premier acte posé, la signature d'un texte commun par une trentaine de membres de différents mouvements (JOC, MEJ, Scouts et Guides de France, etc.), le 11 octobre 2011. Le document fixe les années universitaires 2012 à 2015 comme « trois années jubilaires ». Constitué en association, avec à sa tête un comité de pilotage (Samuel Grzybowski, Inès Azaïs, Frère Arnaud Alibert) ,

Youcoun entend uniquement mettre en œuvre trois rendez-vous: le lancement du cinquantenaire, le 11 octobre ; un pèlerinage national en 2014 et un rassemblement de clôture en France, le 8 décembre 2015.

Aux diocèses et mouvements de se saisir du projet. L'association se veut une plate-forme pour impulser largement la dynamique avec un site à venir (www. youcoun.fr), une application "Icoun" pour smartphone comprenant textes du Concile, commentaires de théologiens et experts, actualités.

Par ailleurs, un collège est en cours de constitution. Formé de jeunes de différents mouvements, il se retrouvera plusieurs fois par an pour échanger, débattre. Prochainement, il contribuera à la réalisation d'un document papier tiré à 20 000 exemplaires dont la sortie est prévue en novembre 2012. Cette publication et son usage constituent un élément clef de la dynamique YouCoun. Il se présente comme un manuel à l'usage des diocèses et mouvements. Pour travailler Vatican II, ceux-ci pourront y piocher des textes et des éclairages, des propositions pour célébrer l'anniversaire, des pistes pour s'approprier les éléments du Concile au quotidien, des thèmes de réflexion et des suggestions autour du dialogue intrareligieux.

En 2015, après le rassemblement du 8 décembre, l'association YouCoun cessera d'exister, le défi sera alors que la dynamique impulsée continue au-delà.

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Mgr Ulrich : « Le Concile Vatican II est une richesse pour toute l'Eglise »

Le 11 octobre 1962, le Concile Vatican II s'ouvrait à Rome. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille et Vice-président de la Conférence des évêques de France, pilote la préparation des célébrations qui marqueront le cinquantième anniversaire de cet événement.

Pourquoi fêter le 50ème anniversaire du Concile Vatican II ?
50 ans, c'est une échéance intéressante. S'il n'y a plus beaucoup de témoins directs - hormis Mgr Jean Vilnet, évêque émérite de Lille, et Mgr Géry Leuliet, évêque émérite d'Amiens, qui étaient évêques au moment du Concile - nombreux sont ceux qui ont vécu cet événement alors qu'ils étaient adultes. Beaucoup de monde garde le souvenir de ces années 1962-65. Moi-même, je n'avais que 15 ans en 1965 mais tous les prêtres qui avaient 25/30 ans ont 75/80 ans aujourd'hui. C'est à la fois une échéance proche et lointaine. On a envie de revenir à la source, sans nostalgie, pour retrouver l'énergie, se remettre devant les textes, les considérer 50 ans plus tard, voir ce qu'ils ont permis et ce que le
rassemblement lui-même a permis.
Comment les évêques de France souhaitent-ils marquer cette date ?
D'abord par un rassemblement à Lourdes, qui s’est déroulé les 24 et 25 mars dernier, puis par la célébration des 50 ans dans les diocèses (autour du 11 octobre 2012). Nous allons inviter tout particulièrement les évêques émérites au rassemblement national à Lourdes. C'est un point très important parce qu'ils n'ont plus de charge de gouvernement dans l'Eglise mais conservent une charge symbolique forte. En tant qu'évêques, ils portent avec nous toute la charge symbolique du ministère apostolique. Ils auront donc une place spéciale ce jour-là. Les célébrations nationales, structure liée aux Archives de France, ont inscrit à leur calendrier 2012 ce cinquantenaire : des colloques universitaires vont être organisés. J'ai été sollicité pour un article à paraître dans le Recueil des Célébrations nationales. C'est très intéressant qu'un organisme - neutre - d'Etat ait jugé nécessaire fêter, lui aussi, cet anniversaire.
En quoi consisteront ces deux temps forts ?
A Lourdes, invitation était faite aux diocèses de France de venir avec une délégation d'une trentaine de membres pour constituer une assemblée de 2600 personnes. Pendant cette journée et demie ont eu lieu des interventions d'évêques et des témoignages de chrétiens sur ce que le Concile leur a fait vivre, des temps d'échanges et de prière. Le tout s'articulant autour de 3 thématiques : «Le Christ au centre» (Constitution dogmatique Dei Verbum), «L'Eglise» (Constitution dogmatique Lumen Gentium) et «L'homme» (Constitution pastorale Gaudium et Spes). Trois thématiques donc pour recueillir ce que le Concile Vatican II a apporté à notre Eglise aujourd'hui, à notre conscience chrétienne, pour voir comment il a contribué à approfondir la doctrine sur le Christ, sur l'Eglise et sur l'Homme. Puis dans la semaine du 11 octobre 2012 - sans doute le dimanche 14 - nous invitons les diocèses à imaginer une célébration un peu solennelle, à la cathédrale, pour les 50 ans du concile Vatican II. Il est clair qu'un des objectifs est de dire aux générations qui n'ont pas vécu le Concile qu'il demeure disponible. Personnellement, je me rappelle avoir étudié ces textes au lycée. Je les ai relus plus tard en philosophie puis pendant mes études de théologie. L'idée est de  reproposer ces textes. De nombreux ouvrages vont être publiés dont celui de Mgr André Dupleix, ancien Secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, dans la série « Prier 15 jours avec ». Nous espérons aussi que des expositions seront organisées un peu partout en France et notamment à la maison de la Conférence des évêques, à Paris.
Qu'attendez-vous de ces célébrations ?
Bien percevoir que le Concile Vatican II est une richesse pour toute l'Eglise qui sans cesse se renouvelle. Mettre au centre le Christ n'est pas une nouveauté. Et pourtant, cela permet de se redire que l'Eglise fait vivre une certaine anthropologie, une certaine idée de l'Homme, une certaine façon de concevoir l'Humanité, redévelopper et redécouvrir des aspects de la doctrine sociale de l'Eglise. Au sein de l'Eglise, la démarche pourrait conduire à renouveler l'adhésion chrétienne. Toute une génération a été fortement marquée par le Concile. Il doit y avoir une génération nouvelle pour prendre la relève. Comment passer le relais aux 30/40 ans ? Je n'ai pas de profondes inquiétudes sur l'avenir de l'Eglise mais un souci réel de passer le relais à la génération suivante.
                                                                Propos recueillis par Claire Le Guen

Du 16 au 23 octobre 2016 - Semaine Missionnaire Mondiale

La Journée Missionnaire Mondiale (JMM) sera célébrée le dimanche 23 octobre 2016. La Semaine Missionnaire Mondiale 2016 (SMM) se déroulera donc du dimanche 16 au dimanche 23 octobre 2016, sur le thème « Annoncer la Miséricorde ». Depuis son lancement, la JMM répond à un triple engagement :

S’informer sur la vie des communautés chrétiennes à travers le monde, prier pour la Mission, et faire un geste de partage en faveur du Fonds Missionnaire Mondial.

Toute l’Église catholique fête en même temps la Journée Missionnaire Mondiale. C’est un temps de communion, où chaque paroisse se mobilise dans la prière et la charité. La tradition veut que le pape publie un message à cette occasion.

En 2016, le discours du pape aux directeurs nationaux des OPM (Œuvres Pontificales Missionnaires), qui se réunissent traditionnellement en mai ou juin chaque année à Rome, est important par le ton donné par le pape à ce discours, habituellement plutôt protocolaire. Le pape a eu des accents forts pour mettre en garde les OPM contre une tentation de se comporter en « ONG » et de donner la priorité aux aspects organisationnels sur les aspects d’engagement, de mystique, de passion évangélisatrice… Une mystique est nécessaire pour maintenir l’Eglise, toujours et partout, en état de mission. La collecte des fonds, l’organisation ne peuvent pas primer. C’est l’ardeur missionnaire qui compte, nous rappelle le Pape François.

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Entre le 17 juillet et le 1er août 2016

Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » Mt 5, 7

J’ai envie de rejoindre d’autres jeunes pour vivre une belle expérience,

alors je m’inscris !

Un seul site : JMJ92.org.

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 (Feuille paroissiale N°40 du 26 juin 2016)

Jeudi 1er septembre 2016

Journée mondiale de prière pour la Sauvegarde de la Création

 

« Je souhaite vous communiquer ma décision d’instituer également dans l’Église catholique une “Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création”. À partir de cette année, cette journée sera célébrée le 1er septembre, comme cela se produit déjà au sein de l’Église orthodoxe. »

C’est par ses mots que le Pape François a fait part de sa volonté de répondre positivement au métropolite Jean de Pergame, qui au nom du patriarcat de Constantinople avait émis le désir d’une journée commune. Dans cette lettre, le Pape rappelle, comme il l’a fait dans son encyclique Laudato Si', combien les chrétiens sont appelés à une « conversion écologique ».

« Cette journée de prière offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, précise le Souverain Pontife, et sera surtout l’occasion de témoigner de notre communion croissante avec nos frères orthodoxes. »

Mais le Pape souhaite également que d’autres Églises et Communautés ecclésiales rejoignent cette initiative, en particulier que cette journée soit célébrée en accord avec les initiatives que le Conseil Œcuménique des Églises organise sur ce thème. Pour cela, le pape charge les conseils pontificaux Justice et Paix, et pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, de sensibiliser à cette journée, pour qu’elle soit un temps fort de prière, de réflexion et de conversion.

 

Voici le texte intégral en français, de ce message, adressé aux cardinaux Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, et Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'Unité des chrétiens.

« Partageant avec mon frère bien-aimé le Patriarche Œcuménique Bartholomée la même inquiétude pour l’avenir de la création (cf Lett. Enc. Laudato si’, 7-9), et accueillant la suggestion de son représentant, le Métropolite Jean de Pergame, qui est intervenu à la présentation de l’Encyclique Laudato si’ sur la protection de notre maison commune, je souhaite vous communiquer ma décision d’instituer également dans l’Église catholique une “Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création”. A partir de cette année, cette journée sera célébrée le 1er septembre, comme cela se produit déjà au sein de l’Église orthodoxe.

En tant que chrétiens, nous souhaitons offrir notre contribution à la résolution de la crise écologique à laquelle l’humanité est actuellement confrontée. Pour cela nous devons avant tout puiser dans notre riche patrimoine spirituel les motivations qui nourrissent la passion pour la sauvegarde de la création, en n’oubliant jamais que pour les croyants en Jésus Christ, Verbe de Dieu qui s’est fait homme pour nous, « la spiritualité n’est déconnectée ni de notre propre corps, ni de la nature, ni des réalités de ce monde ; elle se vit plutôt avec celles-ci et en elles, en communion avec tout ce qui nous entoure » (ibid., 216) . La crise écologique nous appelle donc à une conversion spirituelle profonde : les chrétiens sont appelés à une « conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure » (ibid., 217). En effet, « Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne » (ibid).

La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création, et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons. La célébration de cette Journée à la même date que l’Église orthodoxe sera une occasion profitable pour témoigner de notre communion croissante avec nos frères orthodoxes. Nous vivons à une époque où tous les chrétiens sont confrontés à des défis identiques et importants, auxquels nous devons apporter des réponses communes pour être plus crédibles et efficaces. C’est pourquoi je souhaite que d’autres Églises et Communautés ecclésiales puissent être impliquées elles aussi d’une manière ou d’une autre et que cette journée soit célébrée en accord avec les initiatives que le Conseil Œcuménique des Églises organise sur ce thème.

Je demande au Cardinal Turkson, Président du Conseil pontifical Justice et Paix, d’informer les Commissions Justice et Paix des Conférences épiscopales ainsi que les Organisations nationales et internationales engagées dans le domaine écologique, de l’institution de la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, afin qu’en harmonie avec les exigences et les situations locales, la célébration soit organisée comme il se doit avec la participation de tout le Peuple de Dieu : prêtres, religieux, religieuses et fidèles laïcs. Dans ce but, le Dicastère veillera, en collaboration avec les Conférences épiscopales, à mettre en place des initiatives opportunes de promotion et d’animation, afin que cette célébration annuelle soit un temps fort de prière, de réflexion, de conversion et d’adoption d’un style de vie cohérent.

Je demande au Cardinal Koch, Président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, de prendre les contacts nécessaires avec le Patriarcat Œcuménique et avec les autres instances œcuméniques afin que cette Journée Mondiale puisse devenir un signe du chemin parcouru ensemble par tous les croyants en Jésus Christ. Le Dicastère aura la charge d’assurer la coordination avec les initiatives similaires entreprises par le Conseil Œcuménique des Églises.

Alors que je souhaite la plus vaste collaboration pour le meilleur lancement et développement de la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, j’invoque l’intercession de la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, et de Saint François d’Assise dont le Cantique des Créatures pousse tant d’hommes et de femmes de bonne volonté à vivre dans la louange du Créateur et le respect de la Création. Je confirme ces vœux par la Bénédiction Apostolique que je vous donne de tout cœur, Messieurs les Cardinaux ainsi qu’à ceux qui collaborent avec votre ministère.

Cité du Vatican, 6 août 2015

Fête de la Transfiguration du Seigneur

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Dimanche 5 Janvier – Aide aux Eglises d’Afrique

« Aidons les ouvriers de la moisson » Mt 9, 32-38. Quête Pontificale annuelle en faveur des Eglises d’Afrique, afin de les aider concrètement, et de les soutenir par notre prière ,dans leur travail d’évangélisation et de réconciliation au service de la justice et de la paix.

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 (Feuille paroissiale N°33 du 8 mai 2016)

 50ème Journée Mondiale des Communications Sociales

Message du Pape François sur le thème « Communication et miséricorde, une rencontre féconde » en cette année du Jubilé de la Miséricorde.

Chers frères et sœurs,

L’Année Sainte de la Miséricorde nous invite à réfléchir sur le rapport entre communication et miséricorde. En effet l’Église, unie au Christ, incarnation vivante de Dieu Miséricordieux, est appelée à vivre la miséricorde comme un trait distinctif de tout son être et de tout son agir. Ce que nous disons et la manière dont nous le disons, chaque parole et chaque geste, devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. L’amour, par nature, est communication, il conduit à s’ouvrir et non pas à s’isoler. Et si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l’amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. En particulier, c’est le propre du langage et des actions de l’Église que de transmettre la miséricorde, en sorte de toucher les cœurs des personnes et de les soutenir sur le chemin vers la plénitude de la vie que Jésus Christ, envoyé par le Père, est venu apporter à tous. Il s’agit d’accueillir en nous et de répandre autour de nous la chaleur de l’Église Mère, pour que Jésus soit connu et aimé ; cette chaleur qui donne consistance aux paroles de la foi et qui allume dans la prédication et dans le témoignage l’ « étincelle » qui les rend vivantes.

La communication a le pouvoir de créer des ponts, de favoriser la rencontre et l’inclusion, enrichissant ainsi la société. Comme il est beau de voir des personnes engagées à choisir avec soin des paroles et des gestes pour dépasser les incompréhensions, guérir la mémoire blessée et construire la paix et l’harmonie. Les paroles peuvent jeter des ponts entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les peuples ; que ce soit dans le domaine physique ou dans le domaine numérique. Que les paroles et les actions soient donc telles qu’elles nous aident à sortir des cercles vicieux des condamnations et des vengeances, qui continuent à piéger les individus et les nations, et qui conduisent à s’exprimer avec des messages de haine. La parole du chrétien, au contraire, se propose de faire grandir la communion et, même quand il faut condamner le mal avec fermeté, elle cherche à ne jamais briser la relation et la communication.

Je voudrais donc inviter toutes les personnes de bonne volonté à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées, et de ramener la paix et l’harmonie entre les familles et dans les communautés. Nous savons tous de quelle manière les vieilles blessures et les ressentiments peuvent piéger les personnes et les empêcher de communiquer et de se réconcilier. Et ceci vaut aussi pour les relations entre les peuples. Dans tous ces cas, la miséricorde est capable de créer une nouvelle manière de parler et de dialoguer, comme l’a ainsi très bien exprimé Shakespeare : « La miséricorde n’est pas une obligation. Elle descend du ciel comme la fraîcheur de la pluie sur la terre. Elle est une double bénédiction : elle bénit celui qui la donne et celui qui la reçoit » (Le Marchand de Venise, Acte 4, Scène 1).

Il est souhaitable que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde, qui ne donne jamais rien pour perdu. Je fais appel surtout à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles, politiques et dans la formation de l’opinion publique, pour qu’ils soient toujours vigilants sur la manière de s’exprimer envers celui qui pense ou agit autrement, et aussi envers celui qui peut s’être trompé. Il est facile de céder à la tentation d’exploiter de semblables situations et d’alimenter ainsi les flammes de la défiance, de la peur, de la haine. Il faut au contraire du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation ; et c’est justement cette audace positive et créative qui offre de vraies solutions à de vieux conflits, et l’occasion de réaliser une paix durable. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde […] Bienheureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 7.9).

Comme je voudrais que notre manière de communiquer, et aussi notre service de pasteurs dans l’Église, n’exprime jamais l’orgueil fier du triomphe sur un ennemi, ni n’humilie ceux que la mentalité du monde considère comme perdants et à rejeter ! La miséricorde peut aider à tempérer les adversités de la vie et à offrir de la chaleur à tous ceux qui ont seulement connu la froideur du jugement. Que le style de notre communication soit en mesure de dépasser la logique qui sépare nettement les pécheurs des justes. Nous pouvons et devons juger des situations de péché – violence, corruption, exploitation, etc. – mais nous ne pouvons pas juger les personnes, parce que seul Dieu peut lire en profondeur dans leur cœur. C’est notre devoir d’avertir celui qui se trompe, en dénonçant la méchanceté et l’injustice de certains comportements, afin de libérer les victimes et de soulager celui qui est tombé. L’Évangile de Jean nous rappelle que « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Cette vérité est, en définitive, le Christ lui-même, dont la douce miséricorde est la mesure de notre manière d’annoncer la vérité et de condamner l’injustice. C’est notre principal devoir d’affirmer la vérité avec amour (Cf. Ep 4, 15). Seules les paroles prononcées avec amour et accompagnées de douceur et de miséricorde touchent les cœurs des pécheurs que nous sommes. Des paroles et des gestes durs ou moralisants risquent d’aliéner plus tard ceux que nous voudrions conduire à la conversion et à la liberté, en renforçant leur sens du refus et de la défense.

Certains pensent qu’une vision de la société enracinée dans la miséricorde serait de façon injustifiée idéaliste ou excessivement indulgente. Mais essayons de repenser à nos premières expériences de relations au sein de la famille. Nos parents nous ont aimés et appréciés pour ce que nous sommes, plus que pour nos capacités et nos succès. Les parents veulent naturellement le meilleur pour leurs enfants, mais leur amour n’est jamais conditionné par le fait d’atteindre des objectifs. La maison paternelle est le lieu où tu es toujours accueilli (Cf. Lc 15, 11-32). Je voudrais vous encourager tous à penser la société humaine non comme un espace où des étrangers rivalisent et cherchent à dominer, mais plutôt comme une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l’on cherche à s’accueillir réciproquement.

C’est pourquoi il est fondamental d’écouter. Communiquer signifie partager, et le partage exige l’écoute, l’accueil. Ecouter est beaucoup plus qu’entendre. Entendre concerne le domaine de l’information ; écouter, en revanche, renvoie à celui de la communication, et exige la proximité. L’écoute nous permet d’avoir l’attitude juste, en sortant de la condition tranquille de spectateurs, d’auditeurs, de consommateurs. Ecouter signifie aussi être capable de partager des questions et des doutes, de faire un chemin côte à côte, de s’affranchir de toute présomption de toute-puissance et de mettre humblement ses capacités et ses dons au service du bien commun.

Ecouter n’est jamais facile. Parfois il est plus confortable de faire le sourd. Ecouter signifie prêter attention, avoir le désir de comprendre, de valoriser, respecter, garder la parole de l’autre. Dans l’écoute une sorte de martyre se consume, un sacrifice de soi-même dans lequel le geste sacré accompli par Moïse devant le buisson ardent se renouvelle : retirer ses sandales sur la « terre sainte » de la rencontre avec l’autre qui me parle (Cf. Ex 3, 5). Savoir écouter est une grâce immense, c’est un don qu’il faut invoquer pour ensuite s’exercer à le pratiquer.

Les e-mails, sms, réseaux sociaux, chat peuvent, eux aussi, être des formes de communication pleinement humaines. Ce n’est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l’homme et sa capacité de bien user des moyens mis à sa disposition. Les réseaux sociaux sont capables de favoriser les relations et de promouvoir le bien de la société, mais ils peuvent aussi conduire plus tard à des polarisations et des divisions entre les personnes et les groupes. Le domaine numérique est une place, un lieu de rencontre, où l’on peut caresser ou blesser, avoir une discussion profitable ou faire un  lynchage moral. Je prie pour que l’Année jubilaire vécue dans la miséricorde « nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (Misericordiae vultus, n. 23). Une véritable citoyenneté se construit aussi en réseau. L’accès aux réseaux numériques comporte une responsabilité pour l’autre, que nous ne voyons pas mais qui est réel, il a sa dignité qui doit être respectée. Le réseau peut être bien utilisé pour faire grandir une société saine et ouverte au partage.

La communication, ses lieux et ses instruments, ont comporté un élargissement des horizons pour beaucoup de personnes. C’est un don de Dieu, et c’est aussi une grande responsabilité. J’aime définir ce pouvoir de la communication comme « proximité ». La rencontre entre la communication et la miséricorde est féconde dans la mesure où elle génère une proximité qui prend soin, réconforte, guérit, accompagne et fait la fête. Dans un monde divisé, fragmenté, polarisé, communiquer avec miséricorde signifie contribuer à la bonne, libre et solide proximité entre les enfants de Dieu et les frères en humanité.

Du Vatican, le 24 janvier 2016

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(14-16 septembre 2012)

Voyage du Pape Benoit XVI au Liban

« Un signe de paix prophétique » et « une expérience de fraternité »

Benoît XVI confie que son voyage apostolique au Liban a été « un signe de paix prophétique » et « une expérience importante de fraternité ». Le moment est venu pour le peuple libanais, a-t-il ajouté, « de donner ensemble un témoignage sincère et décisif contre les divisions ».

Le pape est en effet revenu sur son voyage au Liban (14-16 septembre 2012), au cours de l’audience générale qui s’est déroulée dans la salle Paul VI du Vatican, devant les milliers de personnes présentes, ce mercredi 19 septembre. Il a expliqué qu’il s’était rendu dans ce pays comme « un père » désireux d’être « aux côtés de ses enfants ».

Vie du monde

- Invocation pour la paix dimanche 8 juin 2014 dans les jardins du Vatican

Journée historique au Vatican entre le Pape et les présidents palestinien et israélien : Dans un geste historique et inédit, le pape François a réuni dimanche dernier dans les jardins du Vatican les présidents israélien Shimon Peres et palestinien Mahmoud Abbas pour « une invocation pour la paix » dans le Proche Orient profondément divisé.

Dans un tweet samedi, le pape avait exprimé son voeu : «la prière peut tout. Utilisons-là pour porter la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier». A des dizaines de milliers de fidèles dimanche sur la place Saint-Pierre, il a demandé de s’associer à cette «supplique» par leur prière.

 

Prière de Saint François d'Assise

"Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l'amour.

Là où est l'offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l'union.

Là où est l'erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

 

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à

être consolé qu'à consoler,

à être compris qu'à comprendre,

à être aimé qu'à aimer.

 

Car c'est en se donnant qu'on reçoit,

c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,

c'est en pardonnant qu'on est pardonné,

c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie."

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