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La rénovation des salles paroissiales sera terminée fin Mai 2015.

La mise à disposition de grandes salles calmes, plein sud et de plein-pied sur un jardin sera possible à partir de Juin.

Pour en savoir plus et voir les photos des travaux...

Mise à disposition salle Fontenay aux Roses

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 Un temps de guérison 

Chaque prise de position violente, qu'elle soit gestuelle, verbale ou crayonnée, peut engendrer une autre violence, le plus souvent disproportionnée voire barbare, car amplifiée par l'émotion, donc, d’emblée, incontrôlée. Les tragédies récentes qui ont secoué la France en sont malheureusement l'exemple le plus spectaculaire et reflètent également cette logique. Mais ces tragédies, y compris le terrorisme sévissant sur la terre des hommes libres, trouvent leur fondement aussi dans la façon dont notre société promulgue, encourage et diffuse en son propre sein, au nom de la liberté, la violence, par la banalisation de ses méfaits auprès des plus jeunes, par l'esprit d'impunité qui paraît régner. Tels sont hélas les paradoxes de la nature humaine, surtout lorsqu’est touchée dans sa dimension religieuse.

  Après un temps de deuil national, et la marche historique de solidarité, aux vertus thérapeutiques pour un pays blessé dans sa chair, l'heure est aux comptes. Elle fait partie de la dynamique de ce «grand sacrement des malades» que vit notre peuple en vue de sa guérison : sociale, politique, morale. Une question gordienne s’abat sur la conscience de la République : A qui la faute? Qu’est ce qui aurait dû être fait ? Ou ne pas être fait, pour éviter un tel crime? Libérés un peu de la pression médiatique, nous faisant vivre ces derniers jours des scènes dignes d’un des pires feuilletons d'horreur américain, et donnant parfois des réponses immédiates et toutes faites, il est temps de s'asseoir et de réfléchir aux causes profondes d’un tel drame, pour désinfecter les plaies et pouvoir se mettre vraiment debout en tant que peuple et nation. Ces questions concernent surtout la nature même de notre liberté, ses limites, ses horizons, son rôle et sa définition. Notre vraie liberté personnelle, telle qu’elle doit se vivre dans un monde civilisé, semble poser deux questions : Celle de la forme intelligente à donner à ses expressions, dans leur diversité, ainsi que celle du respect des valeurs fondamentales.  Ne serait-elle pas, paradoxalement, définissable justement par rapport à ses limites, dont la transgression serait une menace pour la liberté ? Pouvons-nous nous permettre d’être continuellement condamnés à être confrontés à toutes sortes de violences au nom de la liberté mal comprise? Ce beau pays, ce grand pays qu’est la France ne mériterait-il pas un effort de la part de ses dirigeants et de ses citoyens pour associer au droit fondamental de la liberté le devoir de la responsabilité ?

  Pour comprendre cela, une prise de conscience élémentaire est nécessaire: La toute liberté de notre pays est beaucoup plus qu’une simple addition de toutes nos libertés individuelles, souvent par leur nature tant individualiste que revendicatrice. Ce qui rend la toute liberté d’un peuple noble et constructive, c’est son souci constant du bonheur de l’autre, qui doit être garanti et protégé.

 Les chrétiens, de par la  nature de leur message religieux, situent leur liberté personnelle dans l’esprit du service et du respect de la personne humaine à l'exemple du Christ. Voilà pourquoi chaque chrétien, avant qu'il ne soit "qui que ce soit" prend conscience qu'il est d'abord Christ. C'est donc dans le Christ bafoué, meurtri, insulté, crucifié, mort et ressuscité, que chacun des chrétiens a pu s'identifier pleinement à toutes les victimes innocentes sans se faire pour autant récupérer par une quelconque idéologie du moment.

 En ces moments d'épreuve historique, tous nous étions les personnes assassinées, à cause de leur différence, leur statut, religion ou fonction. En ce moment, tous, nous sommes le peuple de France blessé mais se tenant fièrement debout. En revanche, tous ne sont pas obligés de se reconnaître comme «Charlie», au sens de cautionner son message habituel. Le prétendre sous le coup de l’émotion, ou se sentir obligé de le faire sous peine d’être frappé d’anathème serait aussi une atteinte manipulatrice à notre sacro-sainte liberté. En ce temps de grande guérison nationale, que vit notre société, nous devons tous faire attention à ce que ne se réalise pas par hasard ce qui a été déjà dénoncé par Bossuet en ces termes : «Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l’appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu’elle en entende seulement le nom». Il y a une multitude de personnes qui a une culture de la liberté d’expression différente, et elle en a le droit, tout en restant fervente humaniste. Reste la question : Jusqu'où peuvent alors aller nos libertés individuelles, dans ses expressions les plus diverses ? La réponse réside en notre conscience : aussi loin qu'elles ne dressent pas au passage des murs entre les uns  et les autres, en raison de leurs différences culturelles, religieuses ou ethniques. Autrement dit, la vraie liberté s'arrête là où commence la haine. Et la haine a différents visages… A nous de les démasquer et les guérir.

Fraternellement votre curé, père Robert Lorenc

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